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Samedi 25 avril, à Budapest, près du château de Buda, siège historique de la royauté hongroise, une soixantaine de membres de la MagyarGárda se sont rassemblés, la veille de la commémoration de la journée de l'holocauste.

437.000 Juifs avaient été déportés en 54 jours du 15 mai au 9 juillet 1944. Nulle part ailleurs en Europe, pas plus en Pologne qu’en URSS, un si grand nombre de juifs n’a « disparu » en si peu de temps. 65 ans après, des skinheads, habillés en uniformes militaires et accompagnés de leurs supporters, ont marché en direction de l'ambassade d'Allemagne, contrôlés par la police, pour remettre en question l’existence de l’holocauste.

Qu'est-ce que la MagyarGárda?

Il s'agit d'un groupe paramilitaire créé par le parti identitaire hongrois, le Jobbik (Mouvement pour une Meilleure Hongrie), suite aux évènements d'octobre 2006.

La croix fléchéeL'idée du Jobbik était de remédier au manque d’« autodéfense physique, mentale ou spirituelle » selon la formule utilisée par Gábor Vona, président de Jobbik, dans une interview publiée par le Népszabadság. Selon M. Vona, la création de cette garde a été organisée « afin de porter le vrai changement de régime et de secourir les Hongrois ».

La nature précise des risques, et d’un possible ennemi extérieur n'a pas été précisés, mais la Garde s’annonce prête pour une « situation de guerre ». Les membres officiels de la Garde ont prêté serment de défendre la Hongrie sur le plan physique, moral et intellectuel.

Il faut préciser que la MagyarGárda est une association culturelle (Magyar Gárda Kulturális Egyesület).

Si la Garde est dénoncée par la justice, le gouvernement et les partis de gauche, certaines personnalités hongroises, comme Mária Wittner, héroïne de la révolution de 1956 et députée du FIDESZ, ou Lajos Für, ancien ministre de la défense du premier gouvernement post-communiste de la Hongrie au début des années 90, lui apportent leur soutien.

Un terrain aujourd’hui toujours dégagé pour les antisémites

Cette résurgence néonazie ne semble pas inquiéter outre-mesure les Hongrois, ce qui effraie d'autant plus Peter Feldmajer, Président de la fédération des communautés juives de Hongrie. « Il n’y a plus beaucoup de juifs en Hongrie, mais la situation est alarmante », s’exclame-t-il, « même si elle est différente que dans d’autres pays. Les Juifs de Hongrie ne sont pas agressés, mais, comme il n’y a pas de lois antiracistes, l’extrême droite s’en donne à cœur joie et l’antisémitisme prospère, notamment dans les universités ou dans les écoles du pays. »

Les amalgames douteux ont la voie libre. L’exemple de l’Árpádsáv, ce symbole à bandes horizontales rouges et blanches qui se déploie de plus en plus souvent dans les manifestations de l’opposition, est éclairant. Certes, l’Árpádsáv est un très vieux symbole hongrois qui remonte au moyen-âge, comme son nom l’indique, à la dynastie des Arpad. Pendant la seconde guerre mondiale le drapeau a été récupéré par le mouvement pro-nazi hongrois de Ferenc Szalasi, les croix-fléchées, qui ajouta au centre du drapeau à bandes rouges et blanches le symbole de son parti. Violemment antisémite;le parti des croix-fléchées participa activement à l’extermination de la communauté juive de Hongrie.

C’est la raison pour laquelle une grande partie des Hongrois associe ce drapeau à l’holocauste, même en l’absence du symbole des croix-fléchées.

Péter Feldmajer considère lui que « ceux qui utilisent ce drapeau ont un message à faire passer […]. Pour les Hongrois qui ont survécu à la Shoah voir ce drapeau est insupportable. »

Selon le philosophe hongrois Gaspar Miklos Tamas, candidat tête de liste des Verts (Zöld Baloldal) aux élections européennes, l’existence de ces dérives est représentatif de l'échec des démocrates qui n'ont pas sû ancrer les valeurs démocratiques dans le peuple et dans les institutions parlementaires.

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