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International

Louis Michel ne décolère pas. "Le silence assourdissant et la passivité des milieux européens face aux dérives du gouvernement hongrois m’alarment", dit-il. Son groupe - l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE) - voulait un débat lors de la plénière qui s’est tenue cette semaine à Strasbourg. Il ne l’a pas obtenu, en raison de l’opposition des conservateurs du Parti populaire européen (PPE, auquel appartient le parti Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Orban) et de celle, plus étonnante, du groupe des sociaux-démocrates (S&D). Pour l’eurodéputé belge, ce front uni n’est qu’un révélateur de plus de "l’union sacrée" qui lie conservateurs et socialistes depuis les élections de mai dernier. Une alliance qui s’est déjà manifestée dans la répartition des postes de commissaires européens.

Une chaude audition en perspective

L’"examen de passage" de ces derniers devant le Parlement européen se déroulera entre le 29 septembre et le 7 octobre prochains. Un petit jeu de "Tu me tiens, je te tiens par la barbichette" dont personne n’est dupe. Si l’une des familles politiques éjecte l’un des candidats de l’autre, la riposte sera immédiate. Dans ce contexte, le candidat commissaire hongrois Tibor Navracsics, pressenti au portefeuille de l’Education, de la Culture et de la Citoyenneté, est perçu comme "le" maillon faible de la Commission proposée par Jean-Claude Juncker.

Lors d’une conférence organisée par les libéraux mardi soir sur la situation en Hongrie, les représentants des ONG de défense des droits de l’homme présentes dans ce pays ont dépeint Navracsics comme "l’homme de confiance d’Orban" et ont conseillé aux eurodéputés présents de "l’attaquer" sur le fait qu’il a été ministre de la Justice entre 2010 et 2014. Une période durant laquelle ont été adoptées une série de lois taillées sur mesure pour le pouvoir et mettant à mal l’Etat de droit, notamment dans le domaine des médias et judiciaire.

La dérive autocratique de Viktor Orban inquiète jusqu’au "New York Times" qui, dans son éditorial publié début août, estimait que l’Union européenne devait se décider à sanctionner une Hongrie violant ouvertement ses valeurs.

Orban venait, il est vrai, de se fendre d’une déclaration fracassante en citant comme exemples à suivre "la Russie, la Turquie, la Chine et Singapour"; des "démocraties pas forcément libérales" mais dont "l’économie est plus compétitive que celle des pays occidentaux". L’homme fort de Budapest y annonçait dans la foulée sa volonté de bâtir "un Etat basé sur le travail, un Etat qui ne sera pas libéral". Un Etat qui apparaît de moins en moins compatible avec des valeurs fondamentales européennes sur lesquelles Jean-Claude Juncker a annoncé qu’il ne transigerait pas…

Œil pour œil…

Quel sera dès lors le sort réservé à Navracsics lors de son audition programmée dans l’après-midi du 1er octobre ? "Côté socialiste nous l’attendons de pied ferme", affirme-t-on du côté de la délégation belge, en précisant au passage que le groupe ne refuse pas un débat sur la Hongrie dans l’hémicycle, mais préconise de reporter celui voulu par Louis Michel à la session d’octobre, après examen du dossier par la commission des libertés publiques du Parlement européen. "On sera plus forts pour discuter…"

Dans les rangs PPE, l’affaire gêne aux entournures. Et s’il se dit çà et là que Navracsics pourrait être le fusible de service prévu par l’astucieux Jean-Claude Juncker pour laisser aux eurodéputés la satisfaction de faire sauter une pièce du puzzle. Ce qui ne convainc pas le Français Alain Lamassoure. Pour lui, les choses sont claires : "Si une tête tombe côté PPE, y compris celle du Hongrois, une tête tombera côté socialiste."

Et quand on l’interroge sur le problème de fond que pose le Fidesz de Orban au PPE, il répond : "So what ? Comment imaginer qu’aucun proche d’Orban ne soit admis dans l’hémicycle alors que son parti détient deux tiers des voix au Parlement hongrois ?" Le Fidesz est en effet largement élu et ce à tous les niveaux, y compris européen.

"La tyrannie majoritaire est la pire, rétorque Louis Michel. La démocratie n’est pas question d’arithmétique."

Authors: Véronique Leblanc, Correspondante à Strasbourg

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