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C’était une promesse unanime, formulée sur tous les tons : les auditions des commissaires européens désignés supposaient « tout simplement »que les prétendants soient bons et convaincants, à la fois sur le fond et la forme. « Au final, c'est sur ce seul critère qu'on les jugera »,affirmait-on au Parlement.A observer le déroulement de ces auditions, depuis lundi 29 septembre, on peut plutôt en conclure que ce grand oral a surtout viré à la confrontation politique ouverte entre les principaux groupes, voire à une sorte de prise d'otage politique : conservateurs du Parti populaire européen (PPE), socialistes du S&D et libéraux de l’ALDE ont joué aux « méchants » avec les candidats des autres pour mieux protéger les leurs…

RECALER UN PRÉTENDANT ?

La suite du marathon, lundi et mardi, devrait confirmer la tendance avec notamment en ligne de mire la libérale slovène Alenka Bratusek. Le fait qu’elle se soit autoproclamée candidate pour son pays et son apparent manque de connaissance de son dossier (le marché commun de l’énergie) l’expose à la vindicte d’un Parlement où certains estiment que l’assemblée ne peut raisonnablement conclure l’affaire sans recaler au moins un(e) prétendant(e).

Le grand cirque politique des auditions, où l’on juge moins le candidat commissaire sur ses compétences que sur son appartenance politique – voire sa nationalité – a vraiment commencé avec l'audition mercredi 1er octobre, de l'Espagnol Miguel Arias Canete, du camp conservateur, pressenti pour le maroquin de l'énergie et du climat. Les députés S&D ont passé outre aux mises en garde du PPE (« pas touche à Canete ! »), en demandant le réexamen de sa déclaration d'intérêt par la commission des affaires juridiques et ils l'ont attaqué bille en tête sur son supposé conflit d'intérêt (sa belle-famille possède encore des intérêts dans de petites compagnies pétrolières). Le lendemain, le PPE s'est vengé en menaçant de faire subir à Pierre Moscovici, prétendant au portefeuille de l’économie, une humiliante ré-audition. Les libéraux ont également été féroces avec le socialiste français, dans l'espoir de mieux marchander un soutien lors de l'audition de Mme Bratusek...

ESCALADE OU DÉSESCALADE?

Les eurodéputés se sont aussi « payé » le Britannique Lord Jonathan Hill, du groupe des Conservateurs et réformistes (ECR). Un peu léger, il est vrai, sur les sujets de l’union bancaire et du marché unique financier, principaux chantiers de son portefeuille (services financiers). Au final, vendredi 3 octobre, sur 21 candidats commissaires entendus, 3 devaient se soumettre à nouveau à un questionnaire écrit : la Tchèque Vera Jourova (justice), le Hongrois Tibor Navracsics (culture, éducation, citoyenneté) et Pierre Moscovici. Lord Hill devra, lui, être auditionné à nouveau en séance publique, mardi 7 octobre à partir de 13 heures. De quoi faire se tordre de rire les partis et médias europhobes de son pays.

L'escalade se poursuivra-t-elle avec les auditions des six futurs vice-présidents de la Commission Juncker ? Peut-être pas. Les chefs de groupe politique PPE et S&D doivent se voir mardi, à l'issue de l'audition de Frans Timmermans, premier vice-président de la future commission. M. Juncker multiplie, lui, les contacts bilatéraux avec chacun d'eux. « S'il n'y a pas de dérapage lors des auditions de lundi et de mardi, le collège des commissaires devrait passer » assurait, vendredi, une bonne source au Parlement. Les allées de l’assemblée se sont vidées pour le week-end mais celui-ci s’annonçait quand même intense pour les chefs de groupe, les uns et les autres continuant à réclamer des changements de portefeuille, voire la tête de certains commissaires.

DÉRAPAGE MALVENU

Il n’est donc pas totalement exclu que ces tractations débouchent sur des remises en cause inattendues et, finalement, sur un dérapage très malvenu pour M. Juncker. Avec une question à la clé : que cherchent les eurodéputés au final ? A obtenir un trophée pour prouver qu'ils existent ? Ou à alimenter les critiques du camp des eurosceptiques ?

Les perdants risquent bien, en tout cas, d’être les chefs des différentes fractions, qui apparaissent comme dépassés par les événements. Ils n’auraient pas suffisamment préparé ces auditions, selon des sources parlementaires, laissant la bride sur le cou à des commissions en quête de reconnaissance. A voir certaines « comparutions », où des questions redondantes, banales, sans intérêt ou inintelligibles se sont accumulées, cela ne doit pas être totalement faux.

L’assemblée estime avoir gagné du pouvoir en imposant « son » candidat, le vainqueur des élections, en l’occurrence Jean-Claude Juncker, à la présidence de la Commission. Il lui reste à en user correctement et, jusqu’ici, le spectacle qu’il offre ne convainc guère.

Cécile Ducourtieux et Jean-Pierre Stroobants

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Authors: Le Monde

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