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Nationalisation des établissements scolaires, réforme du rythme de travail des professeurs, introduction de cours d’éthique ou de religion..., le nouveau système éducatif ne fait pas que des heureux en Hongrie. Selon une lycéenne militante du nom de Aradi Hanga, de « Középiskolai Hálózat » (le réseau lycéen),  "les enseignants ont peur et se taisent".

Traduction d'un article publié sur Atlatszo Oktatas le 7 octobre, sous le titre Egy pécsi középiskolás szombati beszéde.

Photo : Borbás Mátyás - Pécsi STOP

Chers professeurs,

en décembre, nous sommes descendus dans la rue en tant qu’étudiants parce que nous avons réalisé que nous n’avions rien à perdre. Nous n’avons effectivement rien à craindre, on nous a volé notre avenir, nos possibilités d’avancer ; nos écoles, nos rêves ont été brisés. Nous l’avons dit, nous n’avons rien à redouter, il ne reste plus que nous et nos intérêts à protéger.

Votre situation est elle bien différente. Vous avez votre famille, votre emploi à protéger, pourtant votre responsabilité ne se limite pas UNIQUEMENT à votre famille mais à l’avenir des futures générations. En ce moment, vous êtes présents pour défendre tout cela. En tant que citoyen responsable, vous ne pouvez agir autrement, même s’il semble que ce système ne requière pas de citoyens responsables. Vous aussi pourriez choisir de faire partie de cette nouvelle jeunesse où l’on vous dit quoi faire, où, comment, quand et dans laquelle votre seule responsabilité serait d’observer en retour les consignes pour être entretenus, à la merci des caprices de vos parents. Point. Je trouve que vous qui êtes là, vous êtes beaucoup plus courageux que nous l’étions.

Etre si peu aujourd’hui ne doit pas être considéré comme un échec. Cela montre juste, en silence, pourquoi nous sommes là. C’est la peur. Nous avons peur de sortir dans la rue, d’élever la voix, soit ici, soit à l’école. Nous avons peur de dire que l’ensemble du système actuel ne nous plaît pas.

Il me déplaît qu’en tant qu’élève, je ne puisse apprendre que ce qui convienne au goût de Monsieur le chef d’Etat, que je doive le faire dans un cadre qui ne permet ni à moi, ni à mon professeur d’être créatif, de prêter attention l’un à l’autre, de devenir de vrais partenaires. Il me déplaît que je doive étudier dans un système privé de professionnalisme moderne, un système créé en quelques mois par des politiciens incompétents, qu’on nous force de porter tel un vêtement de bébé étriqué. Il me déplaît qu’on nous traine vers le bas, alors que nous avons tout le droit de nous développer, de nous ouvrir à de nouvelles méthodes pour évoluer avec notre temps.

Merci, mais je ne veux pas de leçons d’éthique où l’on nous enseigne ce qu’est le bien, le mal, la famille, pourquoi l’homosexualité est une maladie et, en général, pourquoi c’est un crime d’être Différent. Merci, mais je ne veux pas de cette éducation ségrégationniste qui donne naissance à la divergence sociale au lieu de nous donner la possibilité d’apprendre à vivre Ensemble ; vivre dans l’entraide, le soutien, l’amour. Et non merci, je ne veux pas de cette humiliation continue, que vous m’ignoriez, que vous me dénigriez.

Cela veut tout dire quand, il y a un an, en tant qu’étudiants sincères, nous étions descendus dans la rue pour le bien de notre avenir et que la propagande gouvernementale nous a traité de canailles, de perturbateurs, de menteurs, de révolutionnaires démagogues arrosés d’en haut.  Il a aussi été dit : « Tout va bien, la réforme de l’éducation nationale est un réel succès, le KLIK est accessible et il existe, ce n’est pas un mirage et Kello a même délivré les livres pas encore commandés juste pour montrer sa bonne foi ». De surcroit, il y a encore des personnes qui continuent, sans aucun remord, de déclarer que la situation de l’instruction publique est exemplaire, s’appuyant sur le fait que les élèves et les professeurs sont plus heureux les uns que les autres. Ces paroles également veulent tout dire.

Je voudrais adresser mon message à ces personnes, leur dire que ces étudiants sont parfaitement conscients de la situation de leurs professeurs et sont pleinement au courant des raisons de leur malheur.

Ce que vous faites avec nos professeurs, cela compte pour une humiliation, une atteinte aux valeurs humaines et morales. Nous ne comprenons pas pourquoi ces personnes rendent le travail de nos professeurs plus difficile au lieu de les soutenir. Nous ne comprenons pas pourquoi ces gens leur enlèvent le plaisir d’enseigner, leur imposant un cadre ridicule et inutile, leur retirant la joie d’un enseignement créatif, personnel et fait sur mesure. Nous ne comprenons pas pourquoi ils ne leur accordent pas leur confiance, les suivent à la trace, les qualifient de masse de dilettantes, de paresseux, ne voulant pas travailler. Laissez nos professeurs devenir adultes ! Et nous aussi par la même occasion !

Non, nous ne sommes pas beaucoup aujourd’hui. Nous pourrions être plus nombreux. Mais je pense qu’en l’occurrence, dans notre situation actuelle, c’est un nombre énorme. Surtout dans un pays où les professeurs n’osent pas élever la voix de peur de perdre leur emploi à cause de mots dits sous la colère, où le gouvernement ricane dans sa barbe quand il entend que les professeurs veulent manifester parce qu’il sait pertinemment que dans cette situation qu’il a lui-même créée, il sortira toujours vainqueur du combat. Le gouvernement est assuré d’avoir atteint son but. Les enseignants ont peur. Ils ont peur et se taisent. Certains avalent sans rechigner les pires humiliations, certains supportent en silence que le gouvernement supprime leur emploi, qu’on leur double leurs heures de travail, ignorant leurs niveaux de connaissances ou leurs résultats.

Je sais parfaitement pourquoi chacun de mes enseignants devrait manifester ici avec moi.  Je sais parfaitement pourquoi ils ont peur, pourquoi ils sont en colère, pourquoi ils sont si malheureux. Je sais aussi parfaitement pourquoi ils ne sont pas là aujourd’hui avec moi.

Nous, étudiants, enseignants, devons mettre de côté le petit enfant qui sommeille en nous. Nous devons mettre de côté la mauvaise note en maths d’hier et notre colère impuissante, mettre de côté cette haine implacable des institutions et devons nous soutenir les uns les autres. Si nous sommes ici, devant vous, avec des professeurs qui acceptent enfin d’avouer ce qui les rongent de l’intérieur depuis des mois, d’autres auront le courage de se révolter, ceux aussi qui, encore maintenant, en sont encore à se tapir chez eux…

Aradi Hanga

Traduit par Borda Réka, Christophe Deléglise, Gyökér Lilla, étudiants au Département d’Etudes françaises de l’Université Eötvös Lorànd.

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