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Il l´appelle son „appartement de scène” (színházlakás): le logement de famille où Iván Fischer passa son enfance, situé face à l´Opéra. Bien qu´il n´y réside plus, le chef hongrois a décidé de le garder tel quel pour en faire un lieu de rencontres. D´autant plus accueillant qu´il offre un cadre intime.

C´est là que le chef hongrois nous a reçus autour d´une collation pour nous présenter le programme de l´orchestre du Festival de Budapest (BFZ) pour la saison 2019-20. En compagnie de son nouveau directeur, l’Allemand Martin Hoffmann et de son adjointe Orsolya Erdődy. Présentation de presse marquée par le mot de ralliement: „Partageons pleinement la communauté !” („Éljük át a közösséget!”), leitmotiv choisi pour accompagner cette nouvelle saison.

(Photo BFZ)

Pour commencer, Iván Fischer nous annonce le pays qui sera à l´honneur lors de la prochaine saison dans le cadre de la campagne „passerelles en Europe”: l´Italie. Et, pour débuter cette „saison italienne”, rien moins que l’Orfeo de Monteverdi, encore jamais donné à Budapest. Un opéra que non seulement il dirigera et mettra en scène, mais pour lequel Iván Fischer apportera également sa contribution en tant que compositeur, ayant reconstitué lui-même la fin de l´oeuvre (laissée inachevée). Avec une affiche alléchante en tête de laquelle figurent les noms de la soprano hongroise Emőke Baráth, bien connue du public parisien (1), et du ténor italien Valerio Contaldo dans les deux rôles principaux. A mentionner encore: une chorégraphie due à la scénariste flamande Sigrid T´Hooft, spécialiste reconnue de la danse baroque. Une production qui sera également présentée en octobre au festival de Vincenza (Teatro Olimpico) et au public du Grand Théâtre de Genève. Orfeo, une oeuvre que le chef semble avoir particulièrement à coeur, placée, selon ses mots, sous le signe de la catharsis, autement dit de la renaissance. Renaissance d´une oeuvre tirée de l´Antiquité. Mais renaissance également par la reprise de cet usage des Anciens qui faisaient renaître leurs héros et ponctuaient généralement la représentation de leurs tragédies par un divertissement, comme pour conjurer le drame (2).

Une apparition indédite dans cette saison italienne: la propre fille du chef, la chanteuse Nora Fischer, qui interprètera des chants de Luciano Berio. A l´affiche, également, Respighi.

 

Nora Fischer
(Photo: Sarah Wijzenbeek)

 

Une saison 2019-20 qui sera par ailleurs marquée par la participation accrue de chefs et solistes étrangers de renom: de la pianiste Elisabeth Leonskaja au violoniste Renaud Capuçon en passant par la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaia, le violoncelliste norvégien Truls Mørk et sa compatriote, la violoniste Vilde Frang. Parmi les chefs invités: Jordi Savall, Marek Janowski, Dmitri Kitaenko, l’Israélien Lahav Shani et Joanathan Cohen.

Une forte particitation étrangère, donc, mais aussi une forte présence à l´étranger. Avec des tournées qui, „de Holywood (Los Angeles) à la Baltique (Vilnius, Tallinn, Riga)”, comprendront 40 concerts dans une vingtaine de villes réparties sur quinze pays, du Lincoln Center de New York au Barbican de Londres en passant par la Philharmonie de Paris (le 19 mai).

Quant au fameux „marathon”, journée de concerts non stop organisée en chaque début d´année, il sera consacré le 2 février à Beethoven dont on célèbrera le 250ème anniversaire de la naissance. Pour le reste, poursuite des activités „hors les murs” pour aller au devant des jeunes et plus jeunes, des familles, des malades et autistes, dans les villes et bourgades de province, dans les églises et synagogues. Sans oublier le „concert surprise” de Noël ni, surtout, le temps fort de l´année: ce fameux „concert public dansant” (TérTáncKoncert) où des dizaines d´enfants issus de milieux défavorisés viendront en juin danser au son de la VIIème de Beethoven sur le parvis de la Basilique.

Comme l´on voit: une saison 2019-2020 riche en événements et nouveautés, ce qui n´est pas pour surprendre les habitués d´Iván Fischer et de ses musiciens.

Pour teminer, Martin Hoffmann, nouveau directeur de l´orchestre, qui fut auparavant intendant de la Philharmonie de Berlin, puis directeur de la chaîne SAT1, nous confie, parmi les mille motivations qui l´ont amené à rejoindre la formation, son admiration pour la qualité et le renom de l´ensemble, bien sûr, mais aussi pour les relation étroites nouées de longue date avec Iván Fischer lors de ses nombreux passages à Berlin (3).

Une saison 2019-2020 qui nous promet de bien beaux moments….

 

PW – 20 mars 2019

 

(1): Emőke Baráth qui se produit cette saison au Théâtre des Champs-Elysées. Dans un autre Orphée, celui de Gluck.

(2): selon les versions, l´opéra comprend deux dénouements opposés: Orphée se faisant massacrer par les Ménades ou, au contraire, étant emmené par Apollon dans l´Olympe d´où il pourra contempler à loisir l´image de son Eurydice dans les étoiles..

(3): Iván Fischer étant également chef invité permanent au Konzerthaus de Berlin.

 

 

Cela est quasiment devenu un réflexe. A chaque reproche qui lui est adressé, d´où qu´il vienne et quelle qu´en soit la teneur, le Premier ministre hongrois réplique en accusant ses détracteurs de faire le jeu de l´immigration, bien évidemment sous la férule du milliardaire américain Soros. Se posant en défenseur d´une Europe, bastion sûr et protégé, fidèle à ses traditions et valeurs chrétiennes. Voilà qui a de quoi séduire.

Certes… Sauf que… Au delà de sa politique antimigratoire et des mesures prises dans ce sens, c´est bien davantage sur le reste que portent généralement les critiques adressées à Viktor Orbán: le démantèlement progressif de l´État de droit, le monopole du pouvoir et la corruption; la mainmise sur les médias, la mise de facto sous tutelle de la profession judiciaire, la confiscation des fonds de pension privés (9 milliards d´euros), la lutte contre les ONG, l´éviction de l´Université américaine d´Europe centrale (CEU); la faillite du secteur de la santé et l´état dramatique des hôpitaux (manque cruel de moyens et de personnel) parallèllement à la construction effrénée de grands stades luxueux à moitié vides…; la grogne des enseignants, le départ massif pour l´étranger de la jeune main d´oeuvre qualifiée (600 000 sur une population active de 4,5 millions), ou encore cette loi permettant à l´employeur d´imposer de facto aux employés des heures supplémentaires (400 par an sur trois ans) payées à retardement et ainsi de suite. La liste serait trop longue à dresser ici.

 

Vous aussi, avez le droit de savoir ce que nous prépare Bruxelles”

L´affiche de trop qui a provoqué un tollé...

 

Il est vrai que tout n´est pas si sombre dans le tableau. Notamment au plan économique où les résultats seraient plutôt encourageants avec une bonne croissance (plus de 3%), un taux de chômage que beaucoup peuvent envier (à peine 4%) et une augmentation du revenu moyen. A noter également des mesures de soutien aux familles pour encourager la natalité dans un pays où la démographie est parmi les plus faibles au monde. A priori, donc, de bons résultats ou des mesures bienvenues. Encore que tout cela reste à nuancer. Un PIB (18 000 €/habitant) en hausse, certes, mais en partie boosté par des investissements financés par Bruxelles, sans parler des multinationales qui jouent un rôle non négligeable dans l´économie du pays. Quant aux revenus, s´il est vrai qu´ils sont en hausse, encore faudrait-il savoir à qui profite cette hausse. En effet, le revenu moyen mensuel officiellement affiché de 1 000 euros per capita ne correspond pas à celui constaté dans la catégorie des couches moyennes ou modestes qui se situerait plutôt autour de 700 euros bruts. Reste à savoir si nous parlons de revenu moyen ou de revenu médian. Si, certes, une légère amélioration se fait sentir, elle reste encore placée sous le signe de l´inégalité. Paradoxalement, c´est au nom de la sacro sainte égalité des traitements que s´explique ce fossé croissant entre milieux aisés et couches modestes. Taux unique d´imposition pour tous (15%), avantages accordés aux familles nombreuses sans distinction de niveau social, sachant que ce sont davantage les milieux aisés qui sont concernés. Mais bon, ne chipotons pas… Quant au chômage, sans conteste un bon résultat, rien de très surprenant si l´on sait que 13 % de la population active a quitté le pays qui se trouve en situation de sous emploi.

 

Pour en revenir à la campagne omniprésente menée contre Bruxelles: une campagne qui, par l´agressivité de ses slogans, a indigné jusqu´aux alliés d´Orbán au sein de PPE au Parlement européen. Mais, au-delà de son contenu, ce qui choque davantage encore est de la voir financée sur fonds public, aux frais du contribuable. Alors qu´il s´agit ni plus ni moins que d´une campagne électorale en vue des prochaines européennes. Qui devrait donc être financée par le parti et non sur les deniers de l´État. Confiée, bien sûr, à des agences proches de l´entourage du Premier ministre, enchantées de se faire ainsi un beau pactole. Mais bon, on n´en est plus à cela près. Une campagne par ailleurs basée sur des affirmations inexactes, selon lesquelles les dirigeants de Bruxelles projetteraient en secret de favoriser un afflux massif de migrants et d´imposer aux États membres une politique de quotas, à laquelle ils ont pourtant renoncé.

 

Quant à prétendre que le Premier ministre hongrois a été massivement plébiscité? Jugeons-en. Aux dernières élections, la coalition au pouvoir (Fidesz-KDNP) a, certes, obenu la moitlé des voix(1), mais sur une participation de 60%. Chiffres confirmés par un dernier sondage qui donne 47% de soutien sur les voix qui seraient aujourd´hui exprimées, mais… 31% de soutien sur l´ensemble de la population. Un soutien de deux tiers? On en est loin. Même s´il est vrai que le rejet de la migration emporte une forte majorité (60%) dans l´opinion publique.

 

Le 20 mars, les membres du PPE vont voter pour décider du maintien, de la suspsension ou de l´exclusion de la coalition Fidesz-KDNP. Quelle qu´en soit l´issue, un vote qui constitue déjà en soi un camouflet pour Viktor Orbán. Qui se verrait alors contraint de rejoindre ses amis polonais de Droit et Justice (PiS) au sein du groupe des Conservateurs et Réformistes. Ce qui, après tout, lui siérait davantage.

 

A suivre…

 

PW – 17 mars 2019

 

 

(1): dont quelque 300 000 voix venues de Transylvanie...

 

 

 

De Ponchielli, j´avoue avoir jusqu´ici pratiquement tout ignoré, sinon qu´il compta Puccini parmi ses élèves et qu´il est resté connu pour avoir composé La Gioconda, son seul opéra qui passa à la postérité. Une oeuvre rarement jouée, actuellement donnée sur la scène de Budapest (1). Une bonne occasion pour la découvrir et nous en forger une opinion personnelle.

S´il en est un qui mérite une large reconnaissance de la part de ses ex compatriotes, c´est bien lui: Georges (György) Cziffra. Réfugié en France en 1956, s´il connut d´emblée chez nous un vif succès, Cziffra fut longtemps boudé ou, pire, ignoré du Pouvoir hongrois. Au point que son nom était pratiquement inconnu du public sinon, chez certains mauvais esprits mal inspirés, pour railler insidieusement et stupidement son origine tzigane. Il fallut attendre le début des années quatre-vingts pour qu´enfin hommage lui fût rendu de la part des officiels hongrois. Hommage entre autres concrétisé par la remise au maître d´un moulage de la main de Liszt. Émouvante cérémonie qui s´était déroulée dans la chapelle royale de Senlis, à laquelle nous avons eu la chance d´assister (en présence d´Éva Barre). Période à partir de laquelle ses enregistrements - repris par la firme nationale Hungaroton - commencèrent à être diffusés en Hongrie. Côté français, il est également regrettable qu´il dût attendre douze longues années (1968) pour que le lui soit enfin reconnue la nationalité française. Car, s´il en est un à qui la France est redevable, c´est bien lui. Mais tout cela est du passé et il demeure incontestable qu´aujourd´hui, Hongrois et Français revendiquent de façon égale son nom comme l´un de leurs plus brillants artistes. Ceci à juste titre tant pour les uns que pour les autres.



Source: CZF

Reconnaissance de la France? Pratiquement dès son arrivée, Cziffra n´eut de cesse d´exprimer sa reconnaissance envers son pays d´accueil. Joignant le geste à la parole, il monta un cursus, puis un concours destiné à encourager et lancer nos jeunse pianistes et fonda un festival à la Chaise-Dieu. Enfin, en 1975, il racheta et restaura à ses frais la Chapelle royale Saint-Frambourg de Senlis, alors en piteux état (qui servait de garage!) pour y un installer la Fondation de son nom qu´il venait de créer. Fondation au sein de laquelle est repris chaque année le concours Cziffra et dans le cadre de laquelle sont réguliètrement organisés des concerts et récitals, ainsi que des cours et diverses maniesfations (expositions, colloques).

 


Source: Fondation Cziffra

 

Côté hongrois, au-delà de la reconnaissance officielle et de sa vogue auprès du public, il manquait encore un petit plus: le montage d´une manifestaion qui lui serait consacrée. C´est désormais chose faite avec le lancement voici quatre ans à Budapest d´un festival annuel intitlué CZF-Cziffra Fesztivál. Ceci à l´heureuse initiative du pianiste János Balázs (1). Il était temps!

Un festival dont la richesse et la variété ne nous permettent pas d´en livrer ici tous les détails. Précédé d´une session de cours (8-10 février), il se sera déroulé sur 10 soirées du 17 au 25 février. Inutile de préciser que toutes les places en ont été rapidement enlevées.

En résumer l´esprit? Une tâche bien difficile… En deux mots, une manifestation placée tout d´abord sous le signe de la variété et de l´improvisation. Car n´oublions pas qu´autodidacte, Cziffra était passé maître dans l´art de l´improvisation qu´il maniait de façon magistrale. Et aussi un homme ouvert, au-delà des grands classiques, à la musique populaire, notamment tzigane, mais pas seulement. Autre caractéristique du festival, son côté pédagogique avec une journée consacrée aux enfants (présentation des instruments) et d´un concours avec remise de prix (50 à 70 concurrents venus de nombreux pays). Parmi les participants et intervenants, non seulement des instrumentistes, mais également un poète, une actrice (Eszter Nagy-Kalózy), une chanteuse de variété (Magdalona Rúzsa ), un quatuor à cordes, un ensemble tzigane, un ensemble de jazz, voire un neurologue (Dr Tamás Freund)! A signaler notamment la présence du ténor argentin José Cura et de la soprano Erika Miklósa, bien connue des amateurs d´opéras.

Pour nous autres, nous mentionnerons spécialement la présence de notre compatriote, la pianiste Isabelle Oehmichen. Déjà connue à Budapest où elle anime chaque été un cycle de cours à l´Académie de Musique, Isabelle Oehmichen fut jadis une élève de Cziffra et lauréate du concours portant son nom. Elle est aujourd´hui directrice artistique de la Fondation.

Un festival précédé, la veille du concert d´ouverture, de la projection du film que le Hongrois Attila Kékesi a consacré à Cziffra. Au-delà du programme purement classique (Liszt, Chopin, Schubert, Schumann, Donizetti, Kodály), une soirée consacrée à l´improvisation, une autre au jazz et un débat autour du thème de la catharsis et de son lien avec la musique (d´où la présence du neurologue!) avec participation de cymbalistes (2).

Une initiative donc bienvenue avec un coup de chapeau au pianiste János Balázs qui, plus de vingt ans après la disparition du pianiste, jugea urgent de lui rendre enfin hommage.

Pour terminer, que l´on me pardonne un témoignage personnel, pour rappeler à quel point, bien que réputé et vénéré dans le monde entier, Cziffra était un homme simple, discret et spontané. Me trouvant placé dans le public juste derrière lui lors d´un concert donné à l´Institut hongrois, il se montrait particulièrement jovial et amène vis-à-vis de ses voisins. Lorsqu´il fut prié de s´asseoir au piano, il déclina poliment l´invitation, s´en excusant par un sourire gêné, ne voulant pas ainsi porter ombrage au jeune pianiste qui particpait au concert (3). Belle leçon de tact et de modestie (4).


PW – 24 février 2019

(1): à l´attention des magyarophones, nous recommandons une présentation du festival par son fondateur. Le lien est donné au bas de la page:

(2): le père de Cziffra, György Cziffra sénior, jouait lui-même du cymbalum.

(3): c´était en 1981 en clôture d´une journée du Tourisme culturel avec entre autres la participation du violoncelliste Miklós Perényi et de la chanteuse Zsuzsa Koncz.

(4): à lire, ses mémoires "Des canons et des fleurs" ( Éd. Robert Laffont, 1977)

Lien de l'interview: 

S´il fallait dresser un bilan de la présence de noms issus de l´étranger dans le patrimoine culturel de la France et, à l´inverse, la part de création imputable à nos ressortissants expatriés de par le monde, la balance pencherait indiscutablement en faveur des premiers. Ce qui est flagrant dans des domaines tels que la littérature (Ionesco, Troyat), des Beaux-Arts (Picasso, Chagall, Modigliani, Foujita), mais aussi dans le monde du cinéma ou de la variété (Montand, Aznavour, Mouskouri), ou encore dans le domaine de la mode, voire de la politique. Sur ce plan, la France - derrière les États Unis - est probablement l´un des pays au monde où cette contribution d´origine étrangère est la plus prononcée. Certes, des exemples peuvent être cités à l´inverse, mais plus rares et qui toucheraient peut-être davantage le monde des affaires (tels les anciens présidents des groupes Braun et Volkswagen en Allemagne).

Si nous évoquons le sujet – que d´aucuns trouveront fastidieux – c´est parce que nous avons à coeur de citer ici la part non négligeable que joue la Hongrie en la matière. Non négligeable, voire notable si on la rapporte à la taille du pays. Il est vrai que cette „exportation” de créateurs hongrois ne touche pas seulement la France. Rien que dans le domaine de la musique, nous pourrions citer une foule de noms, tels les chefs George Sólti, György Széll, Fritz Reiner ou Eugène Ormándy, les pianistes Géza Anda et András Schiff, et encore mille autres.

Ce qui fait peut-être une originalité de la présence hongroise en France est qu´elle touche pratiquement tous les domaines de la vie publique, des beaux-arts aux variétés et au classique en passant par la littérature et la photographie. Et que tous, sans exception, ont fait ou font preuve d´une parfaite intégration, au point que l´on en oublie parfois leur origine. A côté de noms bien connus, souvent francisés, comme ceux de Cziffra, Vasarely ou des photographes Robert Capa, Brassai et André Kertész, d´autres, peut-être moins connus du grand public pour leur origine, n´en contribuent pas moins à la propagation de notre culture. Un exemple entre autres: la femme écrivain Christine Arnothy. Ou encore l´historien, écrivain et ancien résistant François Fejtő, encore plus „parisien” que nous autres. Parfaite intégration: une preuve éloquente, le rachat et la rénovation par Cziffra d´une chapelle à Senlis pour en faire le siège d´une fondation destinée à promouvoir nos jeunes artistes (1). Ou encore le photographe Robert Capa qui n´hésita pas à accompagner les soldats français en Indochine, ce qui lui coûta d´ailleurs la vie. Autre exemple méconnu des Français mais qui l´est des touristes hongrois (2): Michel Gyarmathy, directeur artistique des Folies Bergères dont il a assuré le plein succès.

 

 

Notre propos n´est pas ici de citer tous les noms, la liste en serait trop longue. Avec peut-être une présence encore plus marquée dans le domaine de la photographie, au point que vient de sortir en Hongrie un épais ouvrage intitulé „Les photographes hongrois en France” („Magyar fotósok Franciaországban” (3)).

Déjà par le passé, nombre d´écrivains et artistes hongrois furent attirés par Paris et la France, tels les poètes Endre Ady, Miklós Radnóti ou Attila József, ainsi que plusieurs membres de l´école de Barbizon. Mais avec cette différence que ceux-ci demeurent partie intégrante de la culture magyare.

Pour être complets, n´oublions pas les nombreux Hongrois qui, durant la guerre, rejoignirent les mouvements de résistance au sein desquels ils firent preuve d´un grand courage. Combattants de l´ombre dont, bien injustement, on parle moins souvent. A tous, à eux, bien sûr, mais aussi à tous les autres, qu´un hommage leur soit ici rendu. Des noms qui, plus efficacement que toute démarche diplomatique, auront contribué et contribuent à nouer des liens solides, voire affectifs entre nos deux pays.

Pour terminer, nous citerons une phrase de Romain Gary qui leur sied à merveille:.”Je n'ai pas une goutte de sang français, mais c´est la France qui coule dans mes veines…». Bien de nos dirigeants et politiciens feraient bien de s´en inspirer.

 

PW – 17 février 2019

 

(1): „En reconnaissance à la France pour l´avoir accueilli”. A lire, ses mémoires parues sous le titre „Des canons et des fleurs

(2): Michel Gyarmathy qui, n oubliant pas son origine, offrait des places gratuites aux Hongrois de passage sur simple présentation de leur passeport.

(3): par Julia Cserba et Gabriella Cseh, paru en hongrois aux éditions Corvina.

György Dragomán.... Ce nom vous dit-il quelque chose? Probablement, pour peu que vous soyez un lecteur assidu au fait des nouveautés sorties en librairie. Pour ma part, à ma grande honte, javoue avoir pratiquement ignoré ce nom, sinon que den avoir glané ici ou là quelques commentaires élogieux, mais sans y prêter jusquici trop dattention. Malgré tout, tombé par hasard sur lun de ses romans dans une librairie parisienne, je me suis risqué à en faire lachat. Et... je ne regrette pas. Le roman en question "Le Bûcher" (Máglya), traduit du hongrois.

Qui est donc György Dragomán? Considéré par daucuns comme la figure la plus en vue de la littérature contemporaine hongroise, ce romancier est originaire de Transylanie (Marosvásárhely/Târgu Mureş). Ayant quitté la Roumanie à lâge de 15 ans pour sinstaller avec ses parents en Hongrie, il réside à Budapest où il a suivi des études supérieures de philosophie et de littérature contemporaine anglaise. Le départ de la famille (1988) a précédé dun an la chute du régime Ceaucescu.


Source photo: Müpa, Budapest (2009)


Cest en 2002 qu‘il se fit remarquer avec un premier roman ("A pusztítás könyve", mot à mot "Le livre de l anéantissement"), couronné par la critique. Il avait alors 29 ans. Trois années plus tard parut son deuxième roman, "Le Roi blanc" (A fehér király) qui, également primé, lui valut une consécration définitive tant en Hongrie que sur la scène internationale. Outre son activité décrivain, Dragomán consacre le principal de son temps à la traduction décrivains de langue anglaise.


 

Voilà, en deux mots, pour lauteur. Le roman? Publié en Hongrie en 2014, "Le Bûcher" est sorti récemment en France dans une traduction de Joëlle Dufeuilly. La trame, reprenant ici le résumé que nous en soumet léditeur: "La Roumanie vient tout juste de se libérer de son dictateur. Les portraits du camarade général ont été brûlés dans la cour de l’internat où Emma, treize ans, arrivée après la mort tragique de ses parents, cherche encore à s’orienter. Quand une inconnue se présente comme étant sa grand-mère, elle n’a d’autre choix que de la suivre dans sa ville natale. Cette femme étrange partage sa maison avec l’esprit de son mari défunt et pratique la sorcellerie. Mais Emma comprend vite qu’il y a d’autres raisons à l’accueil malveillant que lui réservent les habitants de la ville. Peu à peu, elle découvre les secrets de sa famille. Profondément traumatisée et compromise par l’histoire qu’a traversée son pays, sa grand-mère a utilisé les pouvoirs de la magie pour surmonter des décennies dominées par la peur, la manipulation et la terreur. Et c’est cette force-là qu’Emma tente à son tour de libérer en elle pour trouver sa place dans un monde de nouveau bouleversé. Avec Le bûcher, György Dragomán, grand talent de la littérature hongroise, emporte ses lecteurs dans l’univers poignant d’une jeune fille au courage extraordinaire, tout en nous confrontant à un héritage contemporain dont les plaies sont à peine refermées."

Pour compléter, quil nous soit permis de citer deux commentaires lus dans la presse: „Le désastre roumain éclate à travers le récit fantastique et réaliste d’une jeune fille au sortir du communisme. Un grand roman juste, puissant, envoûtant.” (Antoine Peraud, La Croix). Ou encore: „György Dragomán explore ici de façon obsédante l'ambiance singulière qui enveloppe les habitants, sorte de chape de plomb faite de mensonges, de secrets, de suspicion et de peurs après des années de régimes autoritaires” (Nicole Grundliger).

Au-delà de lhistoire proprement dite, c'est par le style et la richesse du vocabulaire que le livre nous a fascinés. Notamment par le choix de cette forme du monologue. La jeune Emma nous confiant – ou plutôt se confiant – toute la gamme de ses sentiments et impulsions, joies, déceptions, craintes, colères, le tout dans le langage d une jeune fille de 13 ans, spontané, clair, mais en même temps agrémenté dun vocabulaire riche et souvent savoureux. Le secret en réside peut-être également dans cette association d'un réalisme implacable (allant jusque dans le moindre détail) à une charmante touche de fantaisie, de rêve, voire de fantasme et de magie.

Pour teminer, quil nous soit permis de citer lécrivain lui-même. C'est „ma” Roumanie, pas „la” Roumanie. Si vous cherchiez sur une carte, vous ne trouveriez pas. Je n'ai pas voulu écrire un livre historique. J'écris sur mon enfance, mais mon enfance réinventée. J'ai voulu écrire sur ce que je connaissais le mieux: mon village natal, parce que j'avais le mal du pays et que je ne pouvais pas y retourner. Mais je l'ai détruit et reconstruit à travers mes romans „(recueilli par Sophie Pujas, Le Point).

Avant de conclure, un mot sur la traductrice, Joëlle Dufeuilly, à qui nous devons un grand coup de chapeau. Pour avoir si bien su nous en restituer lambiance, mais aussi toute la richesse du texte, jusque dans la moindre expression. Il est vrai quelle nen est pas à ses premiers pas. Traductrice entre autres de László Krasznahorkai et Péter Esterházy, Joëlle Dufeuilly a reçu aux Assises d'Arles le Grand prix SGDL de traduction pour l'ensemble de ses travaux.

Un ouvrage vivement recommandé, donc. (En attendant une prochaine lecture: „Le Roi blanc”, mais cette fois dans sa version hongroise...)

 

PW – 31 janvier 2019

 

(1): paru chez Gallimard, collection „Du monde entier” (527 pages)

Furcsák ezek a franciák! Nagyon erős náluk a királyi hagyomány, amióta kivégezték a királyukat! Így van például Vízkeresztkor, amikor az egész országban minden családnál és minden munkahelyen királyt választanak (ill. kisorsolnak...) Igaz, hogy csak egy napra.…

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