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Chères amies, chers amis,

Après la victoire de Trump, le Brexit, la démission de Renzi, la victoire écrasante de Fillon aux primaires de la droite, l’élection autrichienne avec 47 % d’électeurs d’extrême droite, le soutien populaire accordé par les votants aux gouvernements national-populistes en Hongrie et en Pologne, la liberté laissée aux manœuvres planétaires de Poutine et la victoire d’un gouvernement pro-Poutine aux  élections bulgares et moldaves, l’installation d’une dictature en Turquie, j’ai ressenti le besoin de dire un mot, voire, d’entreprendre quelque chose pour défendre l’idée que je me fais de l’Europe. Non pas de l’Union européenne actuelle mais de notre continent, de notre civilisation.

J’ai donc envoyé le petit texte suivant à quelques ami(e)s, afin de recueillir leurs opinions.

« L’Europe, telle qu’elle a été conçue et comme elle fonctionne est incapable d’apporter des réponses efficaces aux problèmes actuels : chômage, Islam radical, terrorisme, immigration, banlieues, nouvelle donne aux États-Unis, tendance hégémonique russe, progression inquiétante des droites populistes, tensions et guerres au Proche, Moyen et Extrême Orient, déplacement de l’innovation technologique hors Europe et inexistence européenne dans le domaine du numérique et de la communication, surpopulation, réchauffement climatique, épuisement des ressources…

Il est évident que si nous Européens continuons notre petite politique nationaliste et chauvine (je dis nous, car nous sommes responsables de nos votes et de nos gouvernements), face à des puissances déjà présentes comme le Chine, l’Inde, les États-Unis, la Russie, ou en devenir comme le Brésil, la Corée ou même l’Afrique, l’Europe comme puissance politique, idéologique, scientifique, économique, industrielle, commerciale et culturelle va disparaître d’ici cinquante ans. Elle va devenir une filiale d’Airbnb, le Disneyland des touristes qui ne viendront en France p. ex., que pour boire, manger, visiter le Louvre ou les châteaux de la Loire et faire des selfies devant la tour Eiffel.

Si l’Europe ne s’unit pas, je n’imagine pas la France ou la Grande Bretagne, pour ne rien dire du Luxembourg ou de la Slovaquie, faire face aux puissances émergentes et aux défis d’un proche avenir.

Je ne vois pour ma part que deux issues :

-accepter. Après tout, « les civilisations sont mortelles ».

-La création rapide d’une Confédération européenne. Les bases, les contours et les modalités juridiques, administratives et constitutionnelles restent à définir. À cette fin, il faudrait étudier, entre autres, le système cantonal suisse, le système fédéral des États-Unis et de l’Allemagne et d’autres fédérations.

Dans les grandes lignes : chaque pays garderait son gouvernement local, son parlement, ses partis, sa langue, ses coutumes, ses traditions, ses particularités, son système éducatif, son système juridique et sa police, mais les pays membres mettraient en commun la politique étrangère, monétaire, sociale (y compris salaires et santé), législatif et militaire.

Le président n’aurait qu’un rôle honorifique et unificateur (cf. l’Allemagne ou la Suisse ou les royaumes d’Europe du Nord), le conseil des ministres deviendrait un Conseil fédéral réduit et un système de deux chambres gouvernerait la Confédération, l’une représentant les pays, l’autre les partis. Les parlements nationaux seraient souverains pour tout ce qui concerne la politique strictement nationale.

La Suisse, un petit pays, est très loin d’être un pays parfait, au-dessus de tout soupçon — mais sa démocratie, avec de multiples origines ethniques, quatre langues, deux religions dominantes et plusieurs autres minoritaires, fonctionne depuis 1307, soit depuis plus de 700 ans ! Les États-Unis, un immense pays, malgré ses immenses défauts, et devenu en 300 ans le pays le plus puissant et l’un des plus  riches de la planète. Et l’un des pays qui tire le mieux son épingle du jeu actuellement de beaucoup de points de vue est un pays qui était en ruine il y a 70 ans, l’Allemagne, est un État fédéral.

En tout état de cause, à ceux qui disent que ces systèmes ne fonctionnent que cahin-caha, je réponds que

- nous avons la chance de venir après eux ce qui nous permet d’élaborer des propositions en tenant compte de leurs expériences,

et

- il faut faire le pari du cahin-caha contre le néant. (Vous connaissez un certain Blaise Pascal ?) »

Les opinions recueillies auprès de mes amis étaient très nettement favorables à mes idées, avec les remarques suivantes :

- « Le projet européen devrait embrasser l'économie, les finances, la politique monétaire, la santé, l’éducation, la culture européenne, le patrimoine, la défense commune, la politique étrangère commune, l’agriculture, la politique écologique, le terrorisme, les réfugiés. » Ma réponse : évidemment. Et peut-être même d’autres problèmes.

- « Pourquoi te focalises-tu sur l’Europe ? Il y a des problèmes plus urgents, l’éducation ou le chômage, par exemple. » Ma réponse : parce que pour résoudre, essayer de résoudre les très nombreux autres problèmes, il faut un cadre. Géographique, historique, humain. Commençons par construire l’Europe — ensuite, dans vingt ans, cinquante ans, un siècle, nous pourrons faire un pas de plus et devenir citoyens du monde.

- « Changer les institutions mises en place serait un immense travail. Rien que la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union prendra déjà plusieurs années. » Ma réponse : ceci est vrai. L’abolition de la royauté en France, le passage à des systèmes démocratiques en Suède, en Belgique, au Danemark ou en Grèce, l’abandon du système de parti unique et la transformation de l’URSS en pays indépendants, la réunification des deux Allemagnes, le démantèlement de l’Empire austro-hongrois ont été également des travaux immenses qui, souvent  — mais pas toujours ! —, se sont faits dans le désordre, la douleur et le sang. Nous pouvons imaginer un changement paisible de la gouvernance européenne. Nous pouvons nous battre pour ce changement pacifique. S’il n’y a pas de changement, il n’y aura rien. Plus rien.

- « Tu n’insistes pas suffisamment sur l’écologie. » Ma réponse : la défense de la Terre et de l’environnement devrait être l’une des préoccupations majeures d’une nouvelle Europe. C’est une évidence ; il y va, évidemment, de notre avenir. C’est aussi simple que cela.

 - « Ton idée me paraît bonne, si l'on se fie à l'histoire suisse. Maintenant, je ne suis pas assez informé sur les systèmes suisses ou américains. » Moi non plus. Il est indispensable de consulter des historiens, des constitutionnalistes, des juristes.

- « Est-ce que la stabilité de la Suisse vient en premier lieu de son système politique, plutôt que de sa position retranchée dans ses montagnes ? » Ma réponse : il est évident que la démocratie helvétique est due au temps, à une expérience séculaire (700 ans) permettant d’arriver à une formule efficace. Cette démocratie est également née dans le sang, dans de nombreuses confrontations voire d’occupations — p. ex. Berne a longtemps occupé d’autres cantons qui se sont révoltés.

- « Il est vrai que la Suisse réussit bien  économiquement et industriellement. » Ma réponse : pas seulement ! Aussi culturellement, socialement, etc.

- « Mais que serait ce conseil européen, équivalent du conseil confédéral ? » Ma réponse : ceci reste à étudier, à définir, comme de très nombreux autres points.

- « Pourrais-tu préciser un peu la structure du système politique qui te plaît ? Car on ne peut pas se contenter de dire "on va copier la Suisse" ». Ma réponse :c’est évident. Mes connaissances lacunaires en la matière ne me permettent pas d’entrer dans une discussion sur les détails d’un système politique. Mon texte n’a qu’un but : lancer un débat et susciter la discussion entre les gens et d’arriver, grâce à des experts et de simples citoyens à une idée qui tient la route et qui pourrait être la base d’un large mouvement.

- « On ne peut rien faire à 27. » Ma réponse : je suis aussi de cet avis. Je pense qu’il faudrait détricoter patiemment l’Union européenne et créer une nouvelle union avec les sept anciens membres fondateurs, en asseoir les structures et permettre ensuite aux autres pays européens d’y entrer à condition qu’il souscrivent à la Constitution de base. Une fois entré, aucun pays ne pourrait plus élire un gouvernement préfasciste (suivez mon regard), ou nationaliste.

- « Il y a déjà eu des débats sur une confédération européenne. Quels étaient les arguments ? » Ma réponse : et surtout, pourquoi l’idée de la fédération n’a-t-elle jamais triomphé ?

- « Tu as raison, il faut essayer quelque chose pour résister ! » Ma réponse : il y va d’abord de la survie de nos enfants et petits-enfants dans un monde démocratique, puis de la survie des valeurs humanistes européennes.

- « Le projet est a priori séduisant. Il faudrait une Europe autre et les dégâts sont déjà énormes. Ton idée fera peut-être réfléchir les politiques qui veulent sauver l'Europe. » Ma réponse : ne nous contentons pas d’un a priori mais allons-y !

- « C'est une révolution culturelle politique que tu proposes. Les Européens sont plutôt à l'opposé de cela. » Ma réponse : si avec des arguments et un mouvement organisé nous ne réussissons pas à convaincre les Européens, alors il faut abandonner — et bientôt il n’y aura plus « d’Européens ».

- « Un point me paraît obscur : si le législatif est commun, comment les états peuvent-ils décider de choses aussi importantes que l’éducation ou le social? » Ma réponse : en Suisse l’éducation est cantonale. Comment l’ont-ils fait ? À voir. Cela dit, je ne perçoit pas de contradiction entre le législatif et l’éducation.

- « Ça me sidère que l'Europe de Socrate et cie (et la cie comprend des milliers de noms) n'arrive pas à faire face aux problèmes que tu énumères. Une confédération pourrait être axée sur le modèle suisse au début et essayer de toucher le maximum d'européens convaincus et intelligents partout en Europe. » Ma réponse : j’ai cité le modèle suisse parce que cela me semble un bon point de départ. J’ai déjà dit : il faut étudier, approfondir, en débattre. Cela sera un long chemin, mais dès qu’un mouvement se met en branle, la confiance naît, renaît.

- « Cela fait très longtemps que je suis favorable à une Europe fédérale, et sur le modèle suisse, en effet, plutôt que sur le modèle nord-américain. Mais ce sont choses faciles à dire, difficiles à faire. » Ma réponse : modèle suisse, modèle nord-américain, modèle allemand… ou pas de modèle, mais une formule originale. Je répète : il faut un point de départ.

- « Je crois que les voix séparées sont de peu d’effet. » Ma réponse : je souhaiterais, je rêverais que ma voix ne reste pas « séparée ».

- « Les gens ne sont pas en manque du sentiment européen. Je crois que c’est cette absence de manque, de désir qu’il faut interroger pour débuter votre réflexion sur une confédération : est-ce que cette solution institutionnelle règlera ce problème ? »

- « La question que je me pose toujours c'est de savoir si les systèmes des petits pays sont transposables aux grands.La Suisse 8,3 millions d'habitants, l'Europe 510 millions soit plus de 60 fois la Suisse. »

Pour lancer cette idée, j’envoie la présente lettre à tous mes amies et amis. J’intégrerai leurs réactions dans un document que je soumettrai à un groupe restreint d’amis qui veulent bien réfléchir avec moi puis nous élaborerons une charte définitive. Ensuite, ce projet devrait servir de base à un large mouvement de fond mené par des jeunes de tous les pays d’Europe et un puissant groupe de pression, s’appuyant sur des élus européens, des ministres, hauts fonctionnaires, universitaires, syndicalistes, chefs d’entreprise…  et surtout sur les gens qui partageront nos idées.

Il n’y a pas de temps à perdre.

Adam Biro, Paris, le 12 décembre 2016

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