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Venant d’apprendre en cette soirée du 19 juin le décès de Gyula Horn(1),  je vois déjà venir de la part de certains des remarques cyniques, comme celle, par exemple, par laquelle la députée Mária Wittner avait en son temps appelé de toutes ses forces la disparition de « ce bourreau qui  coule scandaleusement ses jours dans un hôpital aux frais du contribuable, alors qu’il ferait mieux d’avoir le bon goût de mourir ». Sic. Mais puissé-je me tromper. Car la première réaction officielle du gouvernement hongrois - qui a immédiatement exprimé ses condoléances aux proches de l’ancien premier ministre - aura au moins apporté un touche de dignité pour une fois bienvenue.

Je n’étais pas en Hongrie au moment où fut ouverte la frontière, ce 11 septembre 1989. Je résidais alors en Allemagne, à Francfort. Ce dont je me souviens et qui m’a profondément marqué : la reconnaissance des Allemands envers les autorités hongroises de l’époque.

Premier souvenir: ces milliers de « touristes » de la RDA que les autorités de Budapest se refusaient à renvoyer dans leur pays, comme le réclamait un Honecker rouge de colère et que l’on vit affluer dans les villes des anciens Länder. Second souvenir : le visage de Gyula Horn que je découvris alors, le voyant partout sur les écrans des chaînes allemandes. Je me souviens également de cette cérémonie de remise du prestigieux Karlspreis (Prix Charlemagne) au même Gyula Horn dès l’année suivante en présence du chancelier Helmut Kohl. Prix peu connu en France, mais tenu pour la plus prestigieuse des récompenses en Allemagne (après lui, c’est Vaclav Havel qui se le verra remettre en 1991).  Une ville du Bade-Würtemberg, Wertheim, donna même le nom de Gyula Horn à l’une de ses rues !…

Le ministre autrichien des Affaires étrangères Alois Mock et son homologue hongrois Gyula Horn ouvrent ensemble la première brèche dans le rideau de fer. © Süddeutsche Zeitung

Car, ne l’oublions pas : même si elle fut précédée d’un sympathique « pique-nique paneuropéen » organisé au bord de la frontière, c’est bel et bien à l’initiative du gouvernement hongrois que fut ouverte la frontière en ce 11 septembre 89, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Gyula Horn, étant venu lui-même découper les barbelés, en geste ostensiblement symbolique en présence de son homologue autrichien. Une action qui avait été longuement et soigneusement préparée par des négociations et consultations (rencontre secrète avec Helmut Kohl et Genscher) dont l’ancien ambassadeur de Hongrie à Bonn a par la suite révélé les dessous (2)

Cinq années plus tard, Gyula Horn fut amené à diriger le second gouvernement d’une Hongrie officiellement démocratique. Pour preuve que les électeurs ne lui tinrent pas rigueur de son passé. On l’a entre autres accusé d’avoir mené en 1956 des exactions dans le cadre d’une milice ouvrière. La preuve n’en a jamais été donnée et lui-même s’en est toujours défendu avec la plus vive énergie. Et puis, soit dit en passant, il n’eût pas été le seul parmi des hommes en vue… ayant depuis viré leur cuti à droite.

Alors, ne jugeons pas. Constatons simplement les faits: l’homme qui vient de nous quitter fut l’un des principaux acteurs d’une ouverture qui, en 1989, aboutit quelques semaines plus tard à la chute du mur de Berlin, puis aux conséquences en chaîne que l’on sait.

Tout comme les Allemands, ayons au moins l’honnêteté, le courage de lui reconnaître ce mérite,. 
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(1): ministre des Affaires étrangères du dernier gouvernement communiste réformateur, puis Premier ministre de la Hongrie libre de 1994 à 1998.
(2): István Horváth, alors ambassadeur à Bonn (interview donnée à Klub Rádió le 3 septembre 2009). 
- Les ressortissants de la RDA qui se trouvaient en Hongrie étaient au nombre de 80 000 au cours de cet été. Ils ne voulaient plus retourner en RDA ni rester en Hongrie. Le hic: ils ne disposaient plus de moyens financiers et étaient donc a la charge de l’Etat hongrois.
- L’Etat hongrois venait de signer la convention de Genève sur le droit d’asile (ceci pour défendre les Hongrois de Roumanie réfugiés en Hongrie).
- Sur le plan purement technique, les installations du rideau de fer avaient vieilli et étaient à refaire pour un  très gros montant  (ceci, moins déterminant, aura plutôt servi de prétexte pour se couvrir).

Le gouvernement hongrois s’est alors trouvé devant un dilemme  difficile. Que faire de ces 80 000 Allemands de l’Est qu’il n’était bien sûr pas question de renvoyer? Comment concilier les engagements de la Convention de Genève sur le Droit d’asile et les obligations du Pacte de Varsovie ?
Une rencontre secrète sollicitée par le gouvernement hongrois avec Kohl et son ministre Genscher a eu lieu le 25 août au château de Gilnitz. Y étaient seuls présents: chefs de gouvernement, MAE et ambassadeurs. Les Hongrois font alors part à Kohl de leur souci, du dilemme auquel ils sont confrontés avec le sort des ces 80 000 Allemands de l’Est. Considérant le problème comme germano-allemand, ils interrogent Kohl sur sa réaction éventuelle s’ils les laissent sortir. La dessus, Kohl, ému, les remercie, assure qu il les acceuillera et demande à ses interlocuteurs hongrois ce qu’ils attendent de lui en échange (annulation de la dette). Les Hongrois, prudents, renoncent à tout marchandage, de peur de compromettre le projet. Au préalable, une consultation avait eu lieu en mars pour tâter Gorbatchev sur leurs intentions d’ouvrir le parlement à un système pluri-parti et d’ouvrir l’économie. Gorbatchev avait acquiescé (mais il n’avait pas encore été question d’ouvrir la frontière).

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