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Ce 4 novembre, journée nationale de deuil, les Hongrois honoraient la mémoire de leurs compatriotes tombés lors de la révolution de 1956. C’est en effet le 4 novembre 1956 que les chars russes pénétraient à l’aube dans la capitale hongroise pour écraser le soulèvement.

A cette occasion était donné le Requiem de Verdi au théâtre Erkel. Certes, une salle qui, avec ses quelque 2 700 places, n’offre pas l’intimité ou du moins le recueillement qui sied à l’oeuvre. Mais, s’agissant de Verdi, le côté dramatique, pour ne pas dire spectaculaire, de son Requiem ne jurait en définitive pas tant avec l’environnement, voire s’y prêtait, d’autant que la scène, tapissée de noir, offrait un décor sobre et retenu.  

Comme on sait, c’est pour honorer une commande passée auprès de plusieurs compositeurs pour l’écriture d’une messe à la mémoire de Rossini que Verdi entama la composition de son Requiem, écrivant pour l’occasion le Libera me qui ponctue aujourd’hui l’oeuvre. Mais ce ne sera que cinq années plus tard que le compositeur s’atellera vraiment à la tâche, cette fois à la mémoire de son ami, le poète Alessandro Manzoni, dont la disparition l’avait profondément bouleversé.

Un contexte donc bien différent.... Mais une oeuvre qui, à y réfléchir, colle parfaitement au souvenir des héros de 56, d’autant que Verdi, lui-même activement engagé pour la libération de la nation italienne, n’aurait certainement pas renié l’occasion. Une oeuvre parmi les plus jouées du répertoire classique que cette Messe de requiem, aussi pourrions-nous, à la longue, en être presque blasés, gâtés par des interprétations ou enregistrements de haut niveau. (*)

Pour le coup, je me dois d’avouer que j’aurai rarement entendu une interprétation si émouvante de l’oeuvre. Peut-être le contexte aidant. Une interprétation exemplaire sur tous les plans: orchestre, choeurs et solistes. Sous la baguette du jeune chef italien Daniele Rustioni, l’orchestre national de l’Opéra, pourtant mille fois entendu et dont la qualité n’est plus à prouver, nous aura offert ce soir là une prestation peut-être encore plus engagée qu’à l’habitude. Sonorités claires, malgré un effectif nombreux qui pourrait donner une impression d’épaisseur, ce qui ne fut pas le cas. Ici, bien au contraire, chaque pupitre sonnait de façon claire et distincte, le tout réagissant au quart de tour à la direction du jeune Italien. Une direction vive et précise, mais sobre tout en même temps. Il faut dire que Rustioni, malgré son jeune âge, est un chef déjà parfaitement à l’aise dans ce répertoire. Ce n’est pas un hasard s’il vient d’être choisi pour diriger l’Opéra de Lyon (**). Même précision du côté des choeurs de l’Opéra. Mais c’est surtout aux solistes que revient la palme. Un quatuor idéal, avec la soprano colorature dramatique Klára Kolonits, la mezzo-soprano Atala Schöck, le ténor américain Stuart Neill et la basse hongroise András Palerdi.      

    

Klára Kolonits, Atala Schöck                                                          Daniele Rustioni

Tous les quatre offrant une maîtrise parfaite de la voix, jouant notamment tout en finesse sur les transitions du forte au piano, le tout avec une diction parfaite. Bien rôdés à l’oeuvre et, tous les quatre chanteurs d’opéra, à l’aise dans le répertoire dramatique. Tel est le cas de la soprano Klára Kolonits, bien connue et appréciée des habitués des scènes de Budapest, qui nous a offert entre autres une partie de solo admirable dans le Libera me qui conclut l’oeuvre.   

Une émotion visiblement partagée par un public enthousiaste à en juger par l’ovation qui suivit, mais surtout pas ce silence de mort (qu’on me pardonne le jeu de mots involontaire..) qui régna tout au long des 80 minutes que dura la représentation  Une oeuvre souvent critiquée pour son côté jugé par certains trop extérieur et théâtral (Hans von Bülow). Dans l’interprétation qui nous en fut donnée, point de cela. Bien  au contraire....un profond recueillement. 

 

PW – 5 novembre 2016

(*): telle la représentation qui en fut donnée en octobre 2014 à l’Opéra de Budapest (critique publiée dans ces colonnes) ou l’enregistrement légendaire de Ferenc Fricsay avec l’Orchestre RIAS de Berlin

(**): l’Opéra de Lyon dont le chef hongrois Iván Fischer fut également par le passé directeur musical.    

 

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