Bienvenu sur www.francianyelv.hu   A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Bienvenu sur www.francianyelv.hu GSpeech

Depuis mon adolescence, deux peuples d’Europe centrale m’ont toujours fasciné: les Hongrois et les Polonais. Deux peuples qui ont souvent été associés dans leur Histoire, ancienne et récente, ne serait-ce qu’en 1848-49 où un général polonais (Bem) combattit aux côtés des insurgés hongrois, puis, plus près de nous, en 1956, puisque c’est de Pologne, Poznań, que partit la révolte. D’où un fort sentiment de solidarité entre les deux peuples.

Suivant de près la vie de ces deux pays, je n’en étais que plus déçu en voyant, au début des années 90, la Pologne se faire distancer par ses voisins dans leur challenge économique. Déçu côté polonais, mais combien fier côté hongrois, puisque ce pays (où j’avais la chance de travailler) caracolait largement en tête du groupe, attirant notamment - malgré sa taille réduite - la moitié du stock des investissements étrangers dans la zone. Voilà où j’en étais en 1996, année de me retour en France.

Tegnap mutatta a francia TV5 Monde egy remek kétórás riportot Lengyelországról. Nagyon profi és részletes volt. Hát... teljesen megdöbbentem. Ezek a Lengyelek, akiket csúfoltuk a 90-es években, amikor Magyarország nagy sikerekkel állt a egész regió élén, most
már a legjobbak lettek. Alig tudják ők, mit jelent az, hogy válság. Micsoda különbség a mai Magyarországgal!
Úgy éreztem, hogy nyitott nép lett belőlünk, pedig... nem mindig így volt (mióta eltünt ez a Kaczynski testvér). Pl. tárt karokkal fogadják a külföldi befektetőket, pl. a mezőgazdság területén, ahol több francia álapított céget, amely ragyogóan megy és sok lengyelnek ad munkát.
De más szempontből is: pl. a holokauszttal szemben, ahol (mint M-on) lengyelek is bántottak zsidókat. A köztársaság elnöke (apropó: a az ország még mindig ott "köztarsaság"..) tartott egy beszédet, ahol (mint nálunk Chirac és Hollande) elismerte a hibát és bocsánatot kért a zsidóktól "a lengyel nép nevében és személeyesen is". Ilyet Magyarországon (ahol Nyírő Józsefet ünneplik) sose fogom hallani... És most úgy éreztem, hogy a jövőre néznek és nem sírnak állandón a múltra (pedig lenne miért). Szóval egy extravertált és pozitiív viselkedés.

Qu’en est-il 16 ans plus tard?  La situation a bien changé...

Récemment a été rediffusé sur TV5 Monde une excellent reportage sur la Pologne, extrêmement fouillé, deux bonnes heures durant: passionnant! 

Je n’y ai pratiquement vu que des gens heureux ou du moins extravertis, en tous les cas en apparence.  (Seule exception: un Lech Wałęsa un peu bougon, mais il l’a toujours été). Des gens que je sens aujourd’hui nettement plus ouverts (désormais libérés du complexe Kaczyński). Un exemple: le reportage a montré plusieurs success stories de jeunes Francais venus fonder des exploitations agricoles qui fleurissent et embauchent de nombreux personnels locaux. Des Français accueillis à bras ouverts. Mais aussi, pour rester dans le domaine agricole, des succès 100% polonais, tel ce tout jeune producteur de lait qui fait son beurre, si je puis dire, en installant des laiteries self service ambulantes dans les cités voisines (il est vrai sur fort financement européen).

Des success stories dans le domaine agricole en Hongrie, je n’en ai guère entendues depuis la chute du rideau de fer, et encore moins, bien sûr, par des exploitants venus de l’Ouest, puisque la terre leur est rigoureusement interdite.  

Une ouverture à d’autres points de vue également. Par exemple vis-à-vis de l’holocauste où les Polonais ont aussi leur part de responsabilité. Comme en France avec Chirac et Hollande, le président de la République (car la Pologne est toujours „république”) a prononcé une allocution solennelle pour „demander pardon au nom de son peuple et en son nom personnel”! A quand un tel discours en Hongrie? Pas pour aujourd’hui, ni pour demain dans un pays où l’on vient de réhabiliter en grande pompe un écrivain nazi (József Nyírő) et où l’on érige des statues à la gloire de l’amiral Horthy...

Justement, puisque nous évoquons le passé, j’ai aussi le sentiment de ne plus entendre mes Polonais pleurer constamment sur leur passé (pourtant, Dieu sait qu’il y a de quoi) pour se tourner vers l’avenir. Bref, un comportement extraverti, positif. Par comparaison: hier encore, j’ai croisé à Budapest un groupe de teenagers en T-shirts noirs dont l’un arborait une carte de la Grande Hongrie avec ce slogan: „La terre hongroise est à nous et n’est pas à vendre”. Une jeune fille de 17 ans ! (Un vieux, j’aurais encore compris, mais une ado !) Et de tels spectacles, j’en vois ici chaque semaine, sinon chaque jour.

Je sais les Hongrois fiers et y vois a priori une qualité. Mais une vertu qui a ses limites, et qui peut vite se transformer en ridicule.. Telles, à mon sens, les déclarations que nous serinent régulièrement les dirigeants hongrois pour affirmer, avec l’air le plus sérieux du monde, que leur pays est celui d’Europe qui se sort le mieux de la crise, voire que l’on jalouse! Alors, que pourraient dire les Polonais ! Avec une croissance de 3-4% face à notre récession... Qu’il n ’y ait pas de malentendu: je ne jetterai pas la pierre au gouvernement hongrois pour la récession (encore que..), mais ne peux comprendre cette manie, à la longue agaçante, de vouloir toujours se placer au-dessus des autres, alors que l’on sait pertinemment qu’il n’en est rien. Ou alors, si les choses vont mal, c’est la faute à la crise. Sauf que la crise est la même pour les Polonais, Tchèques, Slovaques ou Lettons (qui font encore mieux).

Ce n’est pas en se targuant de la sorte que l’on avancera. Encore moins en tournant constamment son regard sur le passé tout en se détournant du monde occidental – auquel, que les Hongrois le veuillent ou non, ils appartiennent - pour aller se jeter dans les bras de quelque peuplade prétendue soeur de l’Asie centrale. Bref, un comportement que je ne qualifierai pas de franchement tourné vers le progrès...

A côté de cela, les Polonais, eux, suivent mine de rien leur petit bonhomme de chemin pour être en passe de devenir à la longue - qui sait? - l’un des grands de l’Europe. Certes, ils ont encore leurs nostalgiques compagnons du survivant Kaczynski, mais de moins en moins nombreux et qui feraient plutôt sourire plus qu’inquiéter. Et l’Eglise, bien sûr ! Mais une  Eglise en passe de perdre de son influence politique pour être toujours respectée, certes, comme religion de la majorité, mais au sein d’un Etat en train de devenir (enfin!) franchement laïc.

Chapeau !  Comment cela se dit-il en polonais?  
__________________________

(*): „Vive la Hongrie” en polonais (le mot Hongrie étant - curieusement - un pluriel).

A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Francianyelv.hu felolvasó