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Le 27 avril 1969, le général de Gaulle lançait un référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Le résultat: sur une participation de 80%,  52,5 % de „non” contre  47,5 de „oui”. Dès le lendemain, de Gaulle annonçait sa démission.

Ce 2 octobre, Viktor Orbán vient de lancer un référendum proposant aux Hongrois le refus du quota d’accueil des réfugiés imposé par Bruxelles (*). Un premier résultat, après 99% de dépouillement, donne 43,3% de participation, dont 92% de „non” à la politique des quotas (6% de bulletins nuls, 2% de „oui”). Or, pour être valide, le scrutin devait recueillir 50% + 1 voix de participation. Un scrutin donc invalide. Les principaux partis d’opposition (hors extrême droite) avaient appelé les électeurs au boycott.

Malgré cela, le Premier ministre déclarait le soir même avoir remporté une immense victoire avec une „majorité écrasante” („elsöprő többség”). Sic! Or, sur le total des inscrits, le résultat donne à peine 40% des électeurs en sa faveur. Curieuse logique...

Le soir du scrutin: un Premier ministre radieux proclamant victoire

Par ailleurs, le commentateur d’une radio proche du pouvoir (Info rádió) annonçait le  lendemain matin: „Le référendum est invalide”, ajoutant aussitôt dans la foulée „Sur la base du référendum (!?), le Premier ministre va engager une réforme de la Loi fondamentale”. Là encore, curieuse logique. Mais Viktor Orbán, pour ceux qui le connaissent, n’en est plus à ces détails près...

Car la Loi fondamentale précise clairement la primauté des accords internationaux, ce qui rendait la question posée lors du référendum contraire à la Constitution. Une réforme que réclamait depuis longtemps le parti d’extrême droite, le Jobbik, également opposé à l’accueil des réfugiés, mais dont le Premier ministre pensait pouvoir se passer, misant sur un passage en force avec ce référendum dont il attendait un large soutien. Or, tel ne fut pas le cas... (**)

La question n’est pas ici de prendre position sur la question complexe et délicate de l’accueil ou du refus des migrants, mais d’observer la réaction du pouvoir en place face à une consultation nationale. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle est contestable (mais non suprenante).  Bref, un mépris arrogant de l’opinion publique. Depuis son retour au pouvoir au printemps 2010, Viktor Orbán n’avait pas connu d’échec, du moins au plan électoral. Le résutat de cette dernière consultation constitue donc pour lui un camouflet d’autant plus sévère que, péchant par excès de confiance, il ne s’y attendait probablement pas.

Un coup de poker raté qui risque fortement d’entamer son aura. Et ce non seulememnt au plan national, mais aussi et surtout sur la scène internationale. A commencer par ce rôle de meneur qu’il avait brillament rempli au sein des pays du groupe de Visegrád (Pologne, Tchéquie, Slovaquie). Mais aussi et surtout face à Bruxelles. Affaiblissement dont ne vont pas manquer de profiter ses adversaires, en tête desquels Jean-Claude Juncker et Martin Schulz. Mais il ne faudrait pas que ceux-ci crient trop vite victoire. Car ce rejet manifesté lors du référendum constitue avant tout un rejet de la politique d’Orbán, notamment contre la corruption et la situation catastrophique de secteur de la santé (deux sujets cités dans un récent sondage comme principale préoccupation des Hongrois, la question  des migrants ne venant qu’en 3ème position). Et non un soutien à la politique de Bruxelles.

Autre danger: que le leaders de l’opposition démocratique (gauche, libéraux) crient trop vite victoire. Piège dans lequel s’est aussitôt engouffré l’ancien Premier ministre Gyurcsány, adversaire acharné de Viktor Orbán. Car là non plus, le rejet de la politique d’Orbán n’en signifie pas pour autant un soutien aux partis d’opposition, loin de là.

La question est de savoir ce que va nous rérsever le proche avenir. Entre des conservateurs déçus par le Premier ministre et des partis d’opposition désunis et incapables d’offrir une alternative crédible, une grande majorité semble s’être détournée de la politique. Des voix à récupérer, non à gauche, mais peut-être au centre ?

Bien malin est qui pourra prévoir la suite.

PW -  3 octobre 2016

(*): un quota, contrairemnent aux centaines de milliers annoncés lors de la campagne, limité en l’état à 1 294 réfugiés.    

(**): autre erreur qui aura probablement fini par agacer les électeurs: cette camapgne omniprésente, intenpestive et coûteuse entreprise sur des fonds publics (15 milliards HUF, plus onéruese que la campagne du brexit au Roxyaume uni).

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