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Comme l´on sait, le Trois septembre marque l´anniversaire de la déclaration de guerre à l´Allemagne par le Royaume Uni et la France en réaction à l´invasion de la Pologne. Mais que se passa-t il alors? Rien. Ou quasiment rien... Mise à part une brève incursion des troupes françaises en Sarre, où elles rencontrèrent au demeurant peu de résistance. Mais interrompue sur ordre de retrait par le général Gamelin (1). Sinon, rien. Neuf mois de retranchement sur la défensive et d´attente... Un beau cadeau pour l´état-major allemand qui trouva ainsi tout le temps de se préparer et de continuer à réarmer ses effectifs .

 

 

La suite, nous ne la connaissons que trop. Mai 1940: soutenus par l´aviation (tactique prônée par une certain colonel de Gaulle, non écouté), les chars allemands passent aisément les Ardennes (que Gamelin prétendait infranchissables, encore lui!) pour occuper la Belgique, le Nord de la France et pénétrer dans Paris, provoquant la fuite du gouvernement. Repli dramatique de nos troupes sur Dunkerque, discours du maréchal Pétain annonçant la capitulation. Bref, pas de quoi se vanter… Sinon, pour sauver l´honneur et entretenir l´ espoir, l´appel du général de Gaulle invitant ses compatriotes à le rejoindre à Londres pour continuer le combat.

Puis s´accumula une succession de drames: entrevue de Montoire marquant le début de la collaboration (octobre 40), occupation de la zone libre (novembre 1942), raffle du Vel d´Hiv (juillet 1942). Mais aussi organisation des réseaux de résistance.

■ ■

 

Pendant ce temps, que se passait-il en Hongrie? A vrai dire pas grand chose, du moins dans l´immédiat.

Un bon point, tout d´abord: déclaration de neutralité et refus de s’associer aux menées d’Hitler en Pologne (avec même l’accueil de réfugiés polonais, dont nombre de Juifs).

Mais la suite?

Après avoir récupéré le Sud de la Slovaquie et la Ruthénie subcarpathique (premier arbitrage de Vienne, novembre 38), puis occupé le reste de la Ruthénie à la faveur du dépècement de la Tchécoslovaquie (mars 39), les troupes hongroises ne tardèrent pas à récupérer le Nord de la Transylvanie (août 40, second arbitrage de Vienne).

Application d´une politique irrédentiste en réaction au traité de Trianon (juin 1920) qui avait amputé le pays des deux tiers de son territoire et du tiers de sa population. (Mais une population, ne l´oublions pas, composée pour moitié de non Hongrois…) Un traité, voire un diktat, trop hâtivement bâclé, véritable bombe à retardement.

 

Entrée triomphale de l´amiral Horthy en territoire slovaque (Komarom)

 

Pour parachever le tout, la Hongrie finit par s’engager aux côtés des Allemands dans l’invasion de la Yougoslavie (avril 41), en violation d’un pacte d’amitié signé six mois plus tôt... Symbole de ce déchirement entre volonté de reconstituer une Grande Hongrie à la faveur des combats, tout en s’épargnant un engagement trop marqué aux côtés des Allemands: le suicide du Premier ministre Pál Teleki... (Signalons tout de même que la Hongrie avait adhéré au Pacte tripartite dès novembre 40...)

Un an plus tard, après quelques semaines d’hésitations du gouvernement, mais sur pression d’une majorité des politiques, des troupes hongroises pénétraient en Ukraine. On dénombrait 200 000 Hongrois sur le front l’année suivante. Là encore, avec l’arrière-pensée à peine voilée de récupérer de nouveaux territoires....

La politique antisémite fut notamment illustrée par une série de trois lois: mai 38 (numerus clausus dans certaines professions libérales - médecins, avocats ingénieurs), mai 39 (extension du numerus clausus à toute la fonction publique laissant 250 000 Juifs sans emploi) et août 41 (interdiction des mariages et rapports entre Juifs et chrétiens). Entre temps, il faut savoir que tous les jeunes Juifs (interdits dans l’armée) furent envoyés en 39 et 40 à des travaux forcés où 27 000 périrent, que 20 000 furent déportés au cours de l’été 41 en Ukraine où les SS les exécutèrent, que 50 000 „auxiliaires” furent envoyés sur le front en 42, dont 20 000 périrent et enfin que 3 000 Serbes et Juifs furent exterminés par les troupes hongroises en janvier 42 (2). Tout cela, il est important de le préciser, bien avant l’entrée des troupes allemandes en Hongrie (mars 1944), dans un Etat encore pleinement souverain.…

Par la suite survint le 19 mars 44 l´entrée des troupes allemandes à laquelle avait tenté de s´opposer fermement, mais en vain, l´amiral Horthy, régent du royaume (entrevue tragique du 17 mars avec Hitler a Klessheim). La suite ne se fit guère attendre: regroupement des Juifs de Budapest dans un ghetto (mars-mai 44), déportation en quelques semaines (mi mai-fin juin) des 435 000 Juifs de la province envoyés par trains entiers à Auschwitz. (Arrêtés non par des SS, mais par des gendarmes hongrois…) Déportations stopéées début juillet sur ordre d´Horthy, sauvant ainsi provisoirement la vie des 200 000 Juifs de la capitale. Provisoirement, car ceux-ci furent en grande partie exécutés ou envoyés dans les camps, une fois Horthy écarté du pouvoir (octobre 44), pour faire place au régime pro-nazi des Croix Fléchées.

 

 

Une période douloureuse de l´Histoire des Hongrois sur laquelle on se gadera de porter un jugement définitif et tranché. Du moins en ce qui concerne la personne de l´amiral Horthy, dont les traits de caractère restent aujourd´hui encore difficiles à cerner. N´hésitant pas à se déclarer antisémite, mais sans pour autant avoir pleinement de son propre gré adhéré à une politique d´extermination collective imposée par les politiques de l´époque. Mais aussi le signe d´une faiblesse coupable, pour ne pas dire criminelle. Certes, il put in extremis empêcher la déporation des Juifs de la capitale. Mais il faut savoir que la guerre approchait d´une fin désormais ineluctable par la victoire des alliés et surtout, que nombre de légations de pays neutres étaient encore établies à Budapest, qui eussent pu alors témoigner. Un personnage donc ambigu et souvent indécis, faisant surtout preuve, malgré les apparences, d´une certaine faiblesse. Ce n´est pas un hasard si, par la suite, les alliés rejetèrent la demande des Yougoslaves de le juger pour crimes de guerre et le laissèrent aller paisiblement finir ses jours au Portugal. Reconnaissons lui également le courage (pour une fois!) de s´être fermement opposé à Hitler lui annonçant l´envoi de ses troupes en guise „d´assistance” (Entrevue de Klessheim)

Quant à la population, il est aisé de comprendre son ressentiment face à l´injustice de Trianon. Mais de là à profiter de la situation? Une population partageant les vues irrédentistes de ses gouvernants, mais que (à l´exception de quelques excités, en Hongrie comme en France) l´on ne saurait accuser de sympathie avec l´Allemagne nazie. Ceci dit, même si la Hongrie eut ses „justes”, force est de constater, nombreux témoignages à l´appui, que la majorité des Hongrois firent preuve d´une passivité et indifférence quasiment complices face à la déportation de leur compatriotes juifs.

De là à réhabiliter Horthy jusqu´à lui édifier des statues et organiser des cérémonies à sa mémoire, comme cela se voit aujourd´hui, la démarche est pour le moins excessive, voire franchement contestable.. De même que, comme l´a ordonné le Premier ministre Viktor Orbán, faire édifier sur une place centrale de Budapest un monument à la mémoire de la „Hongrie, victime de l´Allemagne”, relève tout bonnement d´une falsification éhontée de l´Histoire.

Mais bon, n´envenimons pas davantage le débat et laissons aux historiens la tâche délicate de se pencher sur cette période bien douloureuse (mais peu glorieuse) de notre Histoire, que ce soit en France ou en Hongrie. Ils ont encore bien du pain sur la planche (3)….

 

PW- 3 septembre 2018

 

(1): alors que, de l´aveu même de certains officiers allemands, les troupes françaises eussent probablement pu sans trop de problèmes atteindre la Rhur en quelques semaines (témoignage du général S. Westphal).

(2): il est vrai que les partisans serbes se vengèrent cruellement en 1944, exterminant des Hongrois par milliers.

(3): à signaler et recommander l´excellent ouvrage de Catherine Horel: „L´Amiral Horthy, régent de Hongrie”, publié en 2014 aux Editions Perrin.

 

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