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Lors d’un récent voyage à Paris, alors que j’attendais mon vol à l’aéroport de Budapest, je remarquai derrière moi dans la queue un jeune couple sympathique. Des Hongrois. Les sentant un peu anxieux, je me présentai à eux, leur offrant mon aide pour tout tuyau, au moins pour les rassurer un peu. A peine avais-je fini ma phrase que fusa la sempiternelle question: „N’est-ce pas, ils ne parlent pas allemand, là-bas...Ou du moins, ils refusent de parler allamand?” Question déjà entendue mille fois. Et qu’ils me posaient franchement sans la moindre hostilité, bien au contraire; tout bonnement parce qu’ils en étaient convaincus.

Le fait que les Parisens ne pratiquent pas vraiment l’allemand, c’est là un fait indéniable. Mais de là à affirmer qu’ils „se refusent à parler allemand”, voilà qui est archi faux. Vu que je ne voulais pas vexer mes jeunes tourtereaux, je me contentai de leur faire remarquer qu’en France, c’est l’espagnol qui vient en seconde langue éventuelle après l’anglais; langue latine, partant moins difficile pour nous autres, sans compter qu’elle est parlée par plusieurs centaines de millions d’individus de par le monde (*).

Certes, on ne peut pas dire que les Français soient franchement doués pour les langues...(encore que des progrès sont faits chez les jeunes..) Mais ... y voir une mauvaise volonté de leur part, voilà un préjugé à la longue lassant, pour ne pas dire agaçant, auquel je voudrais bien volontiers tordre le cou ! Interrogez donc les passants dans les rues de Budapest pour savoir si „¿Habla Usted español ?”. Je donne à parier qu’ils vous allongeront une mine suprise. Et pourtant, on compte sur terre trois fois plus d’hispanophones (4ème position) que de germanophones (12ème position). Que l’on ne se méprenne surtout pas! J’adore la langue allemande, pour moi plus belle et plus riche que la langue anglaise.

Si j’ai cité ici cette anedocte, c’est pour deux raisons:

  1. Sachons considérer (et juger) le monde extérieur autrement qu’à travers notre petit microcosme fermé;

  1. Et laissons donc une fois pour toutes au vestiaire cette manie de tout juger par „nationalités” et „conflits nationaux”. Réflexe – encore répandu en Hongrie... - aujourd’hui dépassé dans bien des pays de la „vieillle Europe”, du moins pour la majorité. (Réflexe qui avait encore cours dans les années soixante-soixante dix, mais me semble aujourd’hui surrané.)

Chaque week-end, l’Eurostar est plein d’Anglais et de Français qui font la navette pour faire leurs emplettes ou tout simplement se distraire dans la capitale voisine. L’une des chaînes de télévision les plus appréciées en France est précisément mixte, franco-allemande: „Arte”. Lors de mon dernier séjour à Madrid, ma logeuse m’expliqua fièrement que sa fille faisait des études à la Sorbonne et qu’elle-même aimait se rendre fréquemment à Paris sous prétexte de lui rendre visite. Ces mêmes Espagnol qui, il y a seulement 20-30 ans, ne nous portaient pas spécialement dans leur coeur... A l’heure où le TGV met Paris à quelques heures de Milan, Berne, Barcelone ou Stuttgart et souvent pour des tarifs promotionnels (39€ en ce moment) ! Et je pourrais ainsi prolonger la liste...

Bref, que mes amis hongrois, s’ils ont malgré tout encore envie de se rendre à Paris, ne s’offusquent pas ou ne se chagrinent pas de constater que la connaissance de l’allemand ne leur sera pas des plus utiles... Encore une fois, je vous le demande: un touriste sud-américain se vexera-t’il de constater que l’on parle très peu espagnol sur les bords du Danube? Non, je ne le pense pas.

Pour ce qui concerne plus particulièrement la prétendue rivalité franco-allenande ou, pire, la soi-disante haine héréditaire des Français vis-à-vis des Allemands, voilà un cliché largement dépassé. Lorsque que j’ai travaillé en Allemagne (dans les années quatre-vingt-dix), l’une de mes tâches consistait à étudier les différences culturelles pour rédiger un „Guide de la communication”. Très vite, j’ai pu constater que, malgré des contrastes prononcés, chacun éprouvait en fait en secret, en son for intérieur, une certaine admiration pour l’autre. Dans le couple franco-allemand, Herr Deutschland déclarant à sa partenaire Marianne „Comme tu es élégante et belle. Et que tu fais bien la cuisine, talent que je n’ai pas !”. Et Marianne de répliquer à Monsieur Germanus: „Toi, au moins, tu sais travailler et donnes dans la qualité! Jamais je n”aurai ton niveau!.” Etc, etc. Bien évidemment chacun exagère les qualités de l’autre et se sous-estime injustement dans ces domaines respectifs: les Allemands savent aujourd’hui fort bien cuisiner et les Français savent désormais fabriquer de bonnes voitures et des TGV.

Encore un dernier exemple: à peine élu président de la République, Nicolas Sarkozy avait à l’époque monté des groupes de travail pour mieux apprécier ce qui était à améliorer dans la vie publique française. Il n’hésita pas à y associer des spécialistes d’Outre-Rhin.. Mais là n’est pas le sujet. Des ouvrages entiers ont été écrits là-dessus (**). J’ai juste souhaité citer ces exemples pour tordre le cou – encore une fois – à ce cliché totalement surrané et encore trop répandu en Hongrie selon lequel „les Français n’aimeraient pas les Allemand (ou les Anglais)”(***).

Bref... sachons donc mettre nos susceptibilités de côté et parcourons le monde libres de tout complexe, „relax”! Car à Paris, Londres ou Berlin, peu importe que tu sois français, hongrois, danois, slovaque, allemand, cubain ou grec ! Tu es un Ềtre humain, Du bist vor allem ein Mensch !

PW, 19.X.2013

_________

(*) Les 10 langues les plus parlées au monde (langue maternelle + langue de communication quotidienne, en milliers de locuteurs) en 2000:

1. Chinois (de „Pékin”, mandarin) 1 000

2. Anglais 600

3 .Hindi-Ourdou 450

4. Espagnol 350

5. Russe 285

......

10. Français 135.

......

12. Allemand 100

(**) Deux exemples classiques du contraste franco-allemand:

  • la publicité: avant tout informative, précise, détaillée pour mieux renseigner l’acheteur potentiel en Allemagne; visant au contraire à séduire en France, se complaisant moins dans les détails techniques.

  • La notion du temps: généralememt”monochronique” (une seule chose à la fois) chez l’Allemand et „polychronique” (plusieurs choses à la fois) chez le Français.

(***) Une exception: l’Alsace où l’on ne répondra pas toujours volontiers en Allemand aux touristes de passage. Mais où l’on aura par contre moins de scrupule à commnuniquer dans le dialecte local avec le voisin de Fôret noire ou de Suisse.

Un exemple bien typique du préjugé hongrois: me trouvant en Hongrie à la terrasse d’un restaurant avec une amie de France, le serveur vient vers moi et me demande en allemand: „Was möchten Sie bestellen? (Que souhaitez-vous commander?)” Là-dessus, je lui demande en hongrois de m’apporter la carte („Kérem az étlapot”). Et lui aussitôt de me répliquer „Bien sûr, vous êtes français et refusez de parler allemand !”. J’ai eu beau lui expliquer que, „me trouvant en Hongrie et parlant hongrois, il me semblait logique de lui parler hongrois, non?” Et bien, il persista et je ne pus le convaincre de ma bonne foi !...

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