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Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Pays qui dispose d’une frontière commune avec la Hongrie, l’Ukraine fait actuellement la une de la presse hongroise, comme partout en Europe. Mais ici a fortiori. Car une population hongroise y réside depuis le traité de Trianon qui avait, en juin 1920, amputé la Hongrie d’une grande partie de ses territoires et de sa population. On estime aujourd’hui à plus de 150 000 le nombre de ces résidents hungarophones, concentrés près de la frontière dans la région dite subcarpathique du pays. Une  population qui s’était montrée jusque là plutôt pacifique, voire relativement  conciliante, d’autant que les autorités de Kiev lui avaient reconnu l’usage officiel du hongrois au niveau régional.


„Le repas, un art français”: tel est le titre d’un dossier récemment publié dans le quotidien Le Monde. Fort bien conçu et richement documenté, ce dossier constituait un éloge de l’exception  française dans l’art de se nourrir.

Crédit photographique: Magyar állami operaház (Opéra national hongrois)
Question à un euro: „Connaissez-vous Arrigo Boito?”. Si oui, bravo! Si, par contre, vous donnez votre langue au chat, voici la réponse: écrivain et poète italien qui fut notamment le librettiste de Verdi (1). Mais aussi compositeur à ses heures perdues... Nous lui devons deux opéras: „Néron” et „Méphistophélès”. J’avoue que j’ignorerais son existence si des amis hongrois ne m’avaient offert autrefois un enregistement de „Nerone”, au demeurant fort bien interprété (2).

C’est donc avec une grande curiosité que je me suis procuré une place pour assiter à son autre opéra, „Mefistofele”, que l’on donne actuellement à Budapest. Curieux, mais aussi légèrement perplexe, ayant lu ici ou là des critiques plutôt sévères de l’oeuvre. Mais je me méfie des critiques, sans compter que je gardais un plutôt bon souvenir de „Nerone”. Par ailleurs, j’ai appris que „Mefistofele” était le chouchou de Toscanini qui, tout de même, serait plutôt une référence. Mais aussi raillé par Rossini, autre référence de marque.. Alors allez savoir! Bref, le meilleur moyen était d’aller me faire une opinion par moi-même...

Et là, bonne surprise! Sur les quelque trois heures et demie qu’a duré la représentation, j’avoue ne pas avoir vu le temps passer.... Malgré une mise en scène particulièrement moderne, presque futuriste. „Malgré” ? Je dirais plutôt „grâce” à la mise en scène... Et c’est pourtant un amateur au goût classique plutôt conervateur en esthétique qui parle ici... Reprenant l’intégrale des deux Faust avec sa seconde partie, en mettant l’accent sur le message philosophique de l’oeuvre (contrairement aux choix de Berlioz et Gounod), Boito prenait un grand risque: celui d’être long et ennuyeux.... Un mise en scène qui ne peut laisser indifférent, avec un choix de décors, d’éclairages et de couleurs symboliques (blanc contra rouge) parfaitement adaptés et faisant très clairement passer les messages. Et qui permet de plus au spectateur de voyager dans l’espace et le temps sans bouleversement de décor (notamment grâce à cet escalier monumental à double révolution qui forme le fond de la scène). Le tout sur un rythme soutenu sans aucun temps mort.

Mais au-delà de la mise en scène proprement dite, c’est avant tout aux chanteurs que nous devions notre plaisir. En premier lieu avec ce ténor mexicain à la voix à la fois puissante et claire dans le rôle de Faust. Son nom: Hector Sandoval. Et une Margueritte présentant les mêmes qualités, le charme de l’innocence et la fragilité du personnage en plus... (Gabriella Fodor, à qui était également confié le rôle d’Hélène dans la dernière partie). Pour ne pas être en reste, un Méphisto tout aussi à la hauteur tenu par András Palerdi.

Autre „personnage” constamment présent d’un bout à l’autre de l’oeuvre: le choeur. Excellent. Et pourtant, avec ces changements constants de costumes et jeux de scène en perpétuel mouvement, ils n’avaient pas la tache facile. Soutenus, il est vrai, par une troupe de danseurs et danseuses particulèrement inspirés dans une chorégraphie expressive et dynamique. Bref, on ne s’ennuyait pas...

Et la partition, dans tout cela? D’aucuns lui reprochent des faiblesse avec un côté par trop conventionnel, malgré (reconnaissent même les esprits les plus critiques) des moments particulièrement inspirés. Je dois être un peu ringard, mais j’ai beaucoup aimé: orchestration puissante, colorée, on ne peut plus expressive. Peut-être parce que, ce soir là, l’orchestre était particulièrement en forme ?

Bref, j’ai aimé, mais le public également, qui n’a pas été avare de ses bravos sur la fin...

Alors,... si désormais on vous demande si vous avez entendu parler de ce Boito, ne faites plus grise mine. Et si par hasard, éventualité peu probable, on le joue près de chez vous, allez donc l’écouter, que diable!. Au besoin, je rembourserai les grincheux non satisfaits...

(Et chapeau au passage aux progammateurs de l’Opéra de Budapest pour avoir pris le risque de le mettre à leur affiche! Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés!)

PW – 15 février 2014

______________________

  1. Nous lui devons entre autres les livrets de Simon Boccagnera, Ottelo et Falstaff

  2. Orch. de l’opéra national hongrois, choeur de la radio hongroise, dir. Eve Queller (Hungaroton)

Ne suivant guère les médias français, je ne sais ce qu’il en est dans l’hexagone; mais ici, je suis frappé de voir comme le tutoiement se répand dans les médias hongrois. Qu’il n’y ait aucun malentendu: je ne condamne pas cette habitude, du moins en bloc. La pire des hontes serait pour moi de passer pour un esprit maniéré, snob, une sorte de „Marie-Chantal”. Surtout pas! Je ne condamne pas cette habitude... du moins tant que la démarche demeure naturelle.

„Et s’il me plaît, à moi, d’être battue!” Voilà une réplique que j’aurais bien volontiers empruntée à Molière pour la placer dans la bouche des dirigeants de l’opposition hongroise. Du moins avant que ces derniers n’eussent fini par accoucher, in extermis et dans la douleur, d’un accord d’union pour tenter de renverser l’actuelle majorité lors des prochaines élections législatives. Ouf, il était temps!

« Plutôt expression de sensation que peinture » écrivait Beethoven en tête de sa symphonie pastorale. Et notre ami de renchérir : « Tout spectacle perd à vouloir être reproduit trop fidèlement dans une composition musicale. Les sous-titres (pourtant donnés par Beethoven lui-même…) sont superflus ; même celui qui n’a qu’une idée vague de la campagne comprendra aisément le dessein de l’auteur. La description est inutile; s’attacher plutôt à l’expression du sentiment qu’à la peinture musicale »

A l’époque où je travaillais à Budapest (milieu des années 90), l’un de mes amis, en poste à Vienne, était fréquemment amené à se rendre ici avec son épouse pour son travail. Inversement, ma femme et moi , leur rendions de temps à autre visite à Vienne où ils avaient la gentillesse de nous héberger. Et les mêmes remarques de revenir inlassablement sur nos lèvres: „Enfin, une ville propre et bien entretenue!”, leur lancions-nous, à peine débarqués chez eux. Et eux en retour „Enfin une ville oú l’on ne s’ennuie pas!” à propos de Budapest. Bref, plus verte est l’herbe du voisin....

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