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„Arrive, Liberté! Enfante l’ordre vrai!
Que ta bonté l’enseigne! Et laisse ensuite, en paix,
Jouer ton enfant bel et grave’”

(Attila József: De l’air!)

 

Lettre de rappel, écrite l’automne triste de 2006 où notre cœur a été blessé…

Sonne l’heure, nous nous souvenons de ces jours tragiques. Meilleures années à tous ceux qui m’entendent ici-bas!

Avant-propos

Voici ma lettre au sujet de l’esprit européen. Quand je dis „esprit européen”, je pense à y comprendre l’esprit français qui jouait un grand rôle dans le développement de la culture de l’Europe. La civilisation française remplit une grande place dans l’histoire formant l’Europe, tout en donnant beaucoup de valeurs à la construction européenne d’aujourd’hui. (Voir encore: Batsányival felfedező úton, 2014. május 19.)

La France, au cours de son histoire, a montré assez de braves modèles pour les Hongrois, et la Hongrie a regardé la Révolution française avec une vive attention. Dès sa première heure, le poète républicain János Batsányi a salué „les revirements en France” dans un poème violemment antiféodal (publié plus tard, en 1792):

Et vous, bourreaux de serf, vous dont la raison d’être
Est de faire couler le sang dans vos pays,
Ouvrez plutôt les yeux: vous verrez apparaître,
Le destin que pour vous on écrit à Paris.

(Traduction de Guillevic et de J. Rousselot, Miklós Molnár: Histoire de la Hongrie, Hatier, 1996)

Et un autre grand poète: Sándor Petőfi. Voilà un passage de son poème intitulé Aux poètes du XIXe siècle (en janvier 1847, avant la Révolution hongroise de 48):

Lorsqu’à la corne d’abondance
Tous puiseront également,
Lorsqu’il y aura une place
Pour tous à la table du Droit,
Lorsque dans toutes les fenêtres
Le soleil de l’Esprit luira,
Nous pourrons dire: Arrêtons-nous
Car, Canaan, nous y voilà…”

(Traduction de Jean Rousselot)

Citons quelques mots d’une écriture d’Europe, revue littéraire mensuelle, février 1973. „Voilà un résumé frappant de la vision politique fortement babouvienne de Petőfi. Nous y voyons le but final, clairement défini: l’opulence (c’est-à-dire le bonheur) dans lesquels „tous puiseront également”; le moyen d’y parvenir, c’est le Droit (c’est-à-dire la liberté); enfin, Petőfi précise quelle est la valeur morale et culturelle de ce but:

Lorsque dans toutes les fenêtres
Le soleil de l’Esprit luira,

... Ces idées, Petőfi les a d’ailleurs très bien exposées dans son chef-d’œuvre L’Apôtre:

Quel est notre but à tous?
Le bonheur? Et le moyen? La liberté!
La liberté, luttons pour elle…”

Situation actuelle, mon problème

De nos jours, en Hongrie c’est le temps de la commémoration de la révolution de 56. Albert Camus, séduisé par la Révolution hongroise, l’a saluée avec enthousiasme. Au nom de la morale, le constructeur d’un humanisme moderne, s’est solidarisé de l’esprit révolutionnaire hongroise, en courbant la tête devant le sang des Hongrois. Mais dans les journaux français, je ne lis pas toujours ce que je vois ici et maintenant sur le terrain. A cause des informations modifiées et des interprétations partiales, j’ai peur que mes amis français ne peuvent avoir que de fausses images sur les événements. On peut lire que dans les rues de Budapest il y a des atrocités, des destructions par les actions dures des extrémistes, de l’extrême droite, on peut sentir le danger du vandalisme, du racisme, du populisme. Mais… suivons les événements par des photos, des articles préparés sur place pour argumenter l’histoire, de ne pas oublier…   

Faits.  REVOLUTION DE 1956  (En utilisant les articles de „lepetitjournal” www.lepetitjournal.com)

I. Des commémorations sous fond de tensions politiques

C'est une Hongrie divisée qui commémore aujourd’hui les 50 ans de l'insurrection de Budapest le 23 octobre 1956, brève révolution pour la liberté et contre l'impérialisme soviétique, qui fut écrasée par les chars de l'Armée rouge le 4 novembre.

Dans la nuit de lundi à dimanche, la place Kossuth a été évacuée (Photo LPJ)
Dans la nuit de lundi à dimanche, la place Kossuth a été évacuée (Photo LPJ)

Associations d'anciens combattants, partis politiques, historiens, étudiants et personnes âgées prévoient de participer aux cérémonies. Mais ils participeront souvent à des manifestations séparées, illustrant les divisions qui déchirent aujourd'hui le pays. Il y a d'abord des tensions politiques, récemment amplifiées par le scandale lié au Premier ministre Ferenc Gyurcsany, qui a admis avoir menti sur la situation économique du pays pour gagner les élections législatives.

De nombreux Hongrois estiment également que le Premier ministre n'est peut-être pas le mieux placé pour présider les commémorations en raison de ses liens passés avec le pouvoir communiste. Ancien dirigeant des jeunesses communistes, il est marié à la petite-fille d'un dignitaire communiste, qui s'était opposé à l'insurrection. En outre, la famille de Ferenc Gyurcsany vit toujours dans la villa cossue que l'ancien régime avait donnée à la famille de son épouse. (Remarque: Il s’agit d’un villa confisqué d’un propriétaire légal par le pouvoir communiste.- Sz.T.Gy.) Son parti compte également de nombreux ex-membres du Parti communiste qui a dirigé le pays jusqu'en 1989. Le mécontentement lié à la situation économique et les doutes sur les bénéfices de l'adhésion à l'Union européenne feront que certaines des manifestations tiendront autant du rassemblement politique que de la cérémonie du souvenir. Les partis de l'opposition de centre droit ont annoncé qu'ils organiseraient leur propres commémorations et n'assisteraient pas aux réunions où Ferenc Gyurcsany prendra la parole. Certains groupes d'anciens combattants ont également décidé de boycotter les manifestations organisées par les autorités. De quoi embarrasser le chef du gouvernement, qui doit accueillir les délégations de 56 pays attendues à Budapest pour assister aux cérémonies officielles. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer et le roi Juan Carlos d'Espagne doivent notamment faire le déplacement.

L’histoire doit encore s’écrire

L'insurrection de 1956 était un sujet tabou sous le communisme, et aujourd'hui encore, il est parfois difficile de distinguer le mythe de la réalité d'autant que la fiabilité des archives est parfois mise en doute.
Parmi les questions que l'on peut encore se poser: le Kremlin était-il vraiment au courant du succès de la révolution lorsque ses troupes se sont retirées de Budapest le 30 octobre? Ou bien l'armée soviétique ne faisait-elle que se regrouper avant l'offensive du 4 novembre qui écrasa le soulèvement?
On estime que l'insurrection a fait côté hongrois 2.800 morts et 20.000 blessés, et du côté des soldats soviétiques, 700 morts et 1.600 blessés. Après le 4 novembre, grèves et manifestations ont continué plusieurs semaines, avant que la répression soviétique ne mette définitivement fin au mouvement en janvier 1957.
Quelque 200.000 Hongrois ont quitté le pays durant la courte révolution, profitant du relâchement du contrôle soviétique sur les frontières. Au moins 225 Hongrois accusés d'avoir participé à l'insurrection ont été exécutés, dont Imre Nagy, partisan de la déstalinisation et Premier ministre du gouvernement formé durant le soulèvement.
/Cécile Vrain, Budapest, Lundi 23 octobre 2006/

II. La police tire des balles en caoutchouc sur les manifestants

Hier après midi, les tensions perceptibles que l’on pouvait sentir dès la matinée aux alentours du Parlement pour les commémorations de la révolution de 56 ont nettement dégénéré. Récit d'une journée mouvementée...

Les forces de police étaient très présentes hier (Photo LPJ)
Les forces de police étaient très présentes hier (Photo LPJ)

Chose promise... non dûe !Contrairement à ce qu’il avait affirmé, le gouvernement a fait évacuer par la police et des commandos cagoulés, dans la nuit de dimanche à lundi, les manifestants qui avaient été parqués depuis vendredi soir sur le côté de la place du Parlement. Les forces de l’ordre en ont profité pour placer des barrières métalliques dans les rues avoisinantes à une distance de 200 m du parlement pour empêcher tous les manifestants et simples curieux d’approcher.

Dès les premières heures, la police a effectué des arrestations musclées. Toute la journée, des camions à eau et des bus remplis de policiers ont sillonné la ville alors que des hélicoptères survolaient Budapest. Des manifestants ont réussi à percer un cordon de police et à pénétrer dans une des rues interdites au public près du Parlement. Les forces de l’ordre ont immédiatement réagi en refoulant violemment le groupe des manifestants, composé de jeunes excités d’extrême droite mais aussi de curieux et de familles en promenade.

Gyurcsany recule

Une débandade terrible s'en est suivi, chacun tentant de se protéger des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc tirées par des policiers manifestement sur les nerfs. Les camions à eau envoyaient un mélange d’eau et de peinture afin de repérer plus facilement les fauteurs de trouble. Des batailles rangées ont eut lieu entre les forces anti-émeutes et les manifestants d’extrême droite mais pas seulement, sur les places Deak et Erzsebet envahies par la fumée des gaz. Peu à peu, l’énervement a pointé parmi les plus pacifiques qui ont accueilli à coup de sifflet les renforts de la police arrivés à cheval. En fin d’après midi, on a appris que le Premier ministre avait décidé d’annuler sa participation, prévue à 20h, à l’inauguration d’un monument dédié à la Révolution de 56 sur la place des Héros. Vu la situation extrêmement chaude qui règnait hier soir à Budapest, Ferenc Gyurcsany a décidé de ne pas sortir de son camp retranché, c’est-à-dire du parlement.

Les manifestants s’étaient donnés rendez-vous sur les lieux pour troubler la cérémonie... Ils ont certainement été déçus.
/Cécile Vrain Budapest, mardi 24 octobre 2006/

III. Le calme revient à Budapest, la polémique demeure

Après les échauffourées de lundi, Budapest a retrouvé un calme relatif, hier. Le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany en a profité pour accuser l'opposition de droite d'être à l'origine des manifestations qui ont marqué le 50ème anniversaire de l'insurrection hongroise, suscitant une nouvelle polémique

(photo LPJ)
(photo LPJ)

Conforté par la confiance renouvelée des Libéraux, le chef du gouvernement hongrois Ferenc Gyurcsany a fustigé à la tribune du parlement le "chef de l'opposition qui a fourni l'idéologie de ces émeutes", visant Viktor Orban, chef de file du Fidesz, la droite hongroise. "Ils ont joué avec le feu, mais ils ont mis le feu à la nation", a-t-il poursuivi, accusant l'opposition de ne pas avoir accepté sa défaite aux élections législatives d'avril dernier.
Le Fidesz, de son côté, a directement imputé la responsabilité de ces échauffourées au gouvernement. Un des ses porte-parole, Tamas Deutsch-Für, a dénoncé la "brutalité de la police" contre "des manifestants paisibles, des retraités, des jeunes adolescents et d'inoffensifs pères et mères de famille". Une partie des manifestants étaient pourtant issus de mouvances d’extrême droite, connues pour leur comportement violent.
Les affrontements de lundi ont fait 167 blessés, dont un député du Fidesz et 17 policiers. La police a annoncé avoir procédé à 131 interpellations. La mairie de Budapest a évalué mardi les dégâts à 800.000 euros.

Suite et fin ?

Hier, les abords du parlement de Budapest, où se réunissent depuis le 17 septembre les protestataires de droite et d'extrême droite réclamer la démission du Premier ministre socialiste restaient sous surveillance policière. "Nous sommes préparés à de nouvelles violences et nous pouvons garantir le respect de la loi et de l'ordre", a déclaré le porte-parole de la police nationale, Tibor Jarmy, à l'AFP. "Le gouvernement peut rester au pouvoir mais les émeutes entament sa crédibilité. Il faudra une politique et des ministres très convaincants pour que M. Gyurcsany reste au pouvoir", a estimé l’ancien le politologue Peter Balazs. (Remarque: Péter Balázs est l’ancien commissaire de l’UE, actuellement professeur d’université en politologie. – Sz.T.Gy.)

L'ancien Premier ministre Viktor Orban avait organisé une manifestation à laquelle se sont rendues plus de 100.000 personnes. Il a parallèlement annoncé qu'il comptait organiser une série de référendums. "Il n'y a aucun doute que ces référendums sont un cheval de Troie dont le seul but est d'ouvrir la voie à une prise 'démocratique' du pouvoir", pouvait-on lire hier dans le quotidien Magyar Hirlap.
/Cécile Vrain Budapest, mercredi 25 octobre 2006/

Précision : Le Premier ministre, Ferenc Gyurcsany, s'est finalement rendu à la place des Héros, lundi soir, pour inaugurer un monument à la mémoire des événements de 56. Le président, pour des raisons de sécurité, avait cependant décidé de ne pas s’y rendre et les représentants des délégations étrangères, en raison de l'heure (20h) étaient déjà partis.

IV. Manifestations : Qui est responsables des violences ?

C’est l’impasse. Les partis de la coalition gouvernementale et de l’opposition de droite s’accusent mutuellement et se tiennent l’un et l’autre responsables des violences liées aux manifestations du 23 octobre. (Photo LPJ)
C’est l’impasse. (Photo LPJ)

Les partis de la coalition gouvernementale et de l’opposition de droite s’accusent mutuellement et se tiennent l’un et l’autre responsables des violences liées aux manifestations du 23 octobre. 

Le Fidesz et le Parti Populaire Chrétien-Démocrate (MDF) ont estimé qu’il s’agissait d’une provocation de la part de la police qui aurait dû assurer la sécurité du grand meeting du Fidesz où se sont rassemblés des centaines de milliers de manifestants paisiblesà Astoria. Le Parti Socialiste et l’Alliance des Démocrates Libres (le SZDSZ) ont décliné toute responsabilité et ont pris le parti des forces de l’ordre. Dans un article, le quotidien Magyar Nemzet (tendance droite) s’est penché sur la brutalité et l’agressivité des policiers et a décrit dans le détail les réactions de Péter Gergényi, le préfet de police de la capitale. Ce dernier a déclaré que les policiers n’avaient battu ou maltraité personne, mais avaient mis en oeuvre des mesures de coercition en vue de dissiper une foule. Le journal remarque que si certains éléments de ce premier rassemblement avaient certes jeté des pierres sur les policiers, ils avaient été dirigés ensuite en direction du meeting du Fidesz et les policiers avaient laissé les deux foules se mélanger. Le chef de la police budapestoise, surnommé «préfet de fer» a également déclaré qu’il ne démissionnerait pas. Selon «la Société des Libertés», les policiers n’ont pas tiré de leçons des émeutes d’il y a un mois et par exemple, des personnes menottées et déjà couchées à terre ont été battues comme en témoignent beaucoup d’enregistrements télévisés.

Deux points de vue

Mr. Gergényi, car les journalistes voulaient connaître les motifs de la brutalité des policiers qui avaient battu également des étrangers ou des personnes qui ne témoignaient d’aucune résistance. Dans sa réponse, le préfet de fer a répondu que les policiers n’avaient pas été agressifs, mais courageux et avaient agi dans le respect de la loi. En cas de doute, tous ceux qui auraient constaté des problèmes à propos des mesures de coercition devaient déposer des plaintes auprès du ministère public, a-t-il ajouté. Pour savoir comment on pourrait identifier les policiers en service puisqu’ils ne portait pas de numéros d’identification et avaient le visage couvert avec une cagoule, M. Gergényi a répondu que ce problème devrait être résolu par le parquet. A propos des balles en caoutchouc qui ont causé de très graves blessures et qui ont été tirées sur les manifestants au niveau de la tête et de la poitrine, M. Gergényi a répliqué qu’il ne s’était pas agi de tirs ciblés, car cela aurait été impossible d’autant plus que ces balles s’étaient souvent rendues «autonomes». Le préfet de fer a d’ailleurs reconnu que le 23 octobre n’était pas la première fois où ces balles avaient été utilisées, mais leur usage avait été également fréquent lors des événements qui ont suivit l’attaque contre le siège de la télévision publique.

Le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany a estimé nécessaire jeudi d'enquêter sur la répression policière des violentes émeutes de lundi, mais a jugé que cette enquête ne pourrait avoir lieu tant que le calme ne serait pas totalement revenu dans la capitale.
 
/lepetitjournal.com – Budapest – Radio Budapest) Vendredi 27 octobre 2006/

Suite, sans doute… Mes informations: Les résultats des affaires menées au sujet des actes de la police sont mises en obligation du secret professionnelle. (!?) Fin de ma part, ici et maintenant, mais l’histoire n’est pas fermée.

(À savoir plus: www.lepetitjournal.com le journal des Français à l’étranger)

Conclusion

Nous ne sommes pas „un peuple coupable”. Dans les rues, bien entendue, il y avait des houligans, des groupes criminels, mais la plupart des manifestants expriment leur désir de liberté, en profitant de la vivre et de la former. D’après une paraphrase de Camus: „Nous révoltons, donc nous sommes.” Je sais bien que, sur le chemin de l’UE, vous, Français, vous avez assez de difficultés, de problèmes économiques, sociaux, politiques, (des explosions des banlieues, p.ex.). Le mécontentement social motive les Français à manifester leurs sentiments, les syndicats peuvent mobiliser des foules, et Sartre a attiré, lui aussi, des milliers d’hommes de le suivre et de protester dans les rues. J’observe, avec des regards familiers, les grands efforts des agriculteurs, j’essaie de comprendre la réponse le ’NON’ des Français sur le référendum, j’entends les intentions de renouveler la démocratie: créer des „jurys citoyens”, par exemple.

La manifestation, la révolte, la révolution ne sont pas les privilèges des Français, la manifestation n’est pas le privilège de la ’dite’ gauche. La liberté est un trésor commun d’une société totale, les droits sont communs. „Je révolte donc nous sommes.” -  Camus n’était pas extrémiste, il n’a pas appartenu à l’extrême droite, n’est-ce pas? Donc, nous avons le droit de „révolter”, nous aussi. D’ailleurs, de nos jours, ces catégories idéologiques-politiques sont bien mélangées, leur sens a changé. C’est le charivari, c’est la cacophonie idéologique qui domine les marchés des mots.

Epilogue

Donc, dans notre cas, il ne s’agit que des „Plaintes du pauvre petit enfant” (poème de Dezső Kosztolányi):

Comme celui qui dans les rails vient de tomber
Et revoit à l’instant tout ce qu’il a vécu,
Voyant alors comme jamais il n’avait vu

(Traduction de Guillevic, Cahiers culturels de l’Europe, 16-17, Új világ 2005. Budapest)

De nos jours, sur le pavé coule le sang des Hongrois, l’Europe est muette. Il n’y a pas de longs échos, je n’entends pas de cris, de la part des Français je ne sens ni question, ni réponse. Vous n’êtes pas solidaires envers nous. La solidarité est-elle perdue? Camus est mort.

    Nous avons des réponses d’Attila József, ami de Ferencz Fejtő, penseur libéral qui vivait à Paris (est mort en 2008). Les poèmes de notre poète-génie du XXème siècle sont enseignés au lycée, et sont présentés aux épreuves du baccalauréat, ainsi Art poétique:

Je ne vais pas aux bistrots d’aujourdhui,
Mais à la raison et plus loin!
À copier sottise et flagornerie
Mon esprit libre ne descend point.

Aime, mange, dors, bois! Aie pour mesure
L’univers! Même dents serrées,
Ceux qui nous affament et nous pressurent,
Jamais, je ne les servirai!

Sans nul compromis je veux mon bonheur!
Ou que crachent sur moi les gens!
Je serai marqué d’infâmes rougeurs,
La fièvre tarira mon sang.

Nul ne brisera mon cri querelleur.
À la Science j’en réfère.
Le siècle m’approuve, et le laboureur
Pense à moi en poussant l’araire.

(Traduction de Jean Rousselot, Cahiers culturels de l’Europe, 16-17, Új világ Budapest)

Nous voudrions respirer un air libre. Permettez-nous d’espérer Correspondances où les parfums, les couleurs et les sons se répondent, et de trouver un monde (Nature-temple) où le dialogue sera naturel, et même il sera remplacé par la communication. Et maintenant que vais-je faire? Depuis ce temps-là, qu’est-ce que nous enseignons? Comment devons-nous interpréter l’histoire européenne?

Alors, je continue à marcher, clopin-clopant, sur la route de la démocratie pour rechercher l’esprit européen. La France, ne me quitte pas…, et n’oublie pas. Bon courage à mes amis français qui m’aiment et qui m’entendent ici-bas... Et bon courage aussi, quand même, à tous ceux qui ne m’aiment pas!

Bien amicalement

SZ. TÓTH Gyula 
Professeur de français et docteur en pédagogie

Le 1 novembre 2006

Remarque: Cette écriture a été préparée par l’utilisation des photos et des textes publiés dans LePetitJournal.  Également avec les photos sur la commémoration de la révolution de ’56, le site a donné des information exactes sur les actions brutales de la police en 2006. La directrice du site était Cécile Vrain. Peu après elle a été déplacée. La rédaction du site franҫais online fonctionnait des quelques ans, mais des tons politiques se sont présentés progressivement dans les articles, comme par exemple sur l'inondation toxique par de la boue rouge du département de Veszprém. Puis la rédaction de Budapest a pris fin, le site a été bien transformé, aujourd’hui il publie des informations pour les citoyens franҫais travaillant à l’étranger. D’après le registre antérieur, les numéros me sont régulièrement envoyés.

Megjegyzés: Az írás a LePetitJournal-ban megjelent képek és szövegek bemutatásával készült. A portál az 56-os forradalom megemlékezéséről, a 2006-os brutális rendőri akciókról is pontosan tudósított, fotókkal. A főszerkesztő Cécile Vrain volt. Ezután nem sokkal elkerült posztjáról. A francia online portál budapesti szerkesztősége pár évig még működött. Fokozatosan politikai felhanggal jelentek meg az írások, így többek között a vörösiszap-katasztrófáról is. Majd a budapesti szerkesztőség megszűnt, a portál átalakult, ma a külföldön dolgozó francia állampolgároknak szolgál hírekkel. A régi feliratkozás nyomán a kiadványokat rendszeresen megküldik.

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