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Article paru dans le Magyar Nemzet le 2 octobre 2021.    Je suis convaincu qu’à l’heure actuelle, la Hongrie est l’un des acteurs principaux des débats entourant les valeurs de l’Europe – affirme, dans l’interview qu’il a accordée à Magyar Nemzet, László Trócsányi, auteur d’un livre récemment publié qui, tout en retraçant sa propre carrière, montre comment le discours européen sur la Hongrie a évolué au fil du temps. Pour ce professeur de droit, ancien ministre hongrois de la Justice, dans le débat entourant l’avenir de l’UE, une importance toute particulière revient au concept d’identité constitutionnelle, c’est-à-dire au fait que les États-membres ne peuvent pas renoncer à leur propre identité constitutionnelle, de telle sorte que la construction européenne ne peut pas se faire de haut en bas. László Trócsányi souligne que personne n’a le droit de contester la légitimité de la constitution, qui, conformément aux lois en vigueur, a été adoptée par les députés hongrois, lors d’un vote aux deux tiers.

Tamara Judi : Vous venez de publier un livre intitulé Közélet és közjog (« Vie publique et droit public »), dans l’introduction duquel vous écrivez qu’au cours des dix dernières années, vous avez été aux premières loges pour regarder la Hongrie se chercher une voie en Europe, en tentant de se frayer une voie à travers le mur de la pensée unique. Du point de vue d’un juriste, quelles ont été les principales étapes de cette recherche, et où en est aujourd’hui ce débat ?

László Trócsányi : J’ai passé toute la dernière décennie en marge de ce débat. Tout cela m’a doté d’une manière de voir, et m’a permis d’accumuler nombre d’expériences, que j’ai jugées dignes d’être partagées avec ceux que ces sujets intéressent. Dans Közélet és közjog, je retrace donc la dernière période de ma carrière. Quand, en 2010, j’ai quitté mes fonctions auprès de la Cour constitutionnelle pour devenir ambassadeur de Hongrie à Paris, le dernier arrêté que j’ai signé concernait le traité de Lisbonne. À l’époque, je n’imaginais même pas être en train de statuer sur une question qui allait, jusqu’à aujourd’hui, rester déterminante. Il se trouve en effet que, dans le texte de la motivation parallèle, je faisais référence au concept d’identité constitutionnelle, plus exactement au fait qu’aucun État-membre de l’Union européenne ne peut renoncer à son identité constitutionnelle. La Hongrie est un pays indépendant, et c’est en tant que tel qu’elle a décidé de prendre part à la construction européenne. Ce qui signifie en même temps que, aussi longtemps qu’il existera un État hongrois, nous ne pourrons pas renoncer à notre identité constitutionnelle. Je vois un symbole dans le fait que telle soit l’idée après laquelle j’ai pris congé de la Cour constitutionnelle. D’autant plus que, par la suite, en tant qu’ambassadeur à Paris, j’ai eu pour tâche de me faire l’interprète des innovations constitutionnelles hongroises, qui traduisent l’esprit de temps nouveaux, d’expliquer cette nouvelle constitution à l’étranger. Le milieu des juristes français était partagé en la matière, mais beaucoup ont pris parti pour nous. Cette constitution adoptée en 2011 est porteuse d’un esprit nouveau, s’éloignant du « goût » des constitutions adoptées à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale. Elle place davantage l’accent sur les valeurs nationales, refonde les rapports de l’individu et de la communauté sur de nouvelles bases, et dispose de questions comme la définition du mariage, l’importance de la famille, ou encore les responsabilités à l’égard des générations futures. Elle cherche à établir une sorte de pacte entre générations du passé, du présent et du futur. Or, dès cette époque, cette constitution animée d’un esprit nouveau s’est attiré des attaques très dures à l’étranger – je rappellerai simplement le rapport Tavares, présenté en 2013 au Parlement européen. C’est surtout la mention des valeurs nationales et du christianisme dans le texte constitutionnel qui a « fait sauter les plombs » de l’Europe. A travers les débats de ces dix dernières années, la Hongrie a considérablement contribué à remuer

Article paru dans le Magyar Nemzet le 2 octobre 2021.

Source: Visegrad Post

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