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Ce n´est un secret pour personne: le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est un grand adepte du ballon rond. Ce que nous ne saurions lui reprocher en soi. Lui-même n´a pas négligé, par le passé, de fouler les pelouses, jouant même en championnat, avec un certain succès, d´ailleurs. Jusqu´à son fils Gáspár qui avait un moment rêvé de faire carrière, jouant un temps dans une équipe professionnelle. Projet aujourd´hui abandonné.

A cela, rien à redire. Sauf que… Aimer et pratiquer un sport est une chose. Mais… faire usage de son pouvoir pour favoriser la branche de façon excessive, il y a un pas que le Premier ministre hongrois a franchi allègrement.

Jugeons-en: dégrèvement fiscal sur le traitement des joueurs professionnels jusqu´à 500 milions de forints annuels (1) (alors que le salaire minimal est imposé à 15%.). A quoi s´ajoute la construction frénétique de stades qui poussent un peu partout, comme champignons après la pluie: 32 stades en dix ans pour un montant de 350 milliards de forints (plus d´un millard d´euros) (2). Souvent luxueux, comme celui édifié dans sa commune d´enfance (Felcsút) avec sièges et pelouse chauffés. Un stade au demeurant fort beau, mais contenant 3 800 places dans une bourgade comptant moins de 1 800 âmes…. Sans parler du financement à outrance des clubs (qui dépasse celui de la culture) avec, à relever au passage, une enveloppe particulièrement juteuse remise au club de sa jeunesse (Académie Puskás).

Felcsút

Si au moins cela se justifiait par de brillants résultats… Jugeons-en: positionnée en 47ème place mondiale dans le classement officiel de la FIFA, la Hongrie, sauf erreur, n´a pas participé à une Coupe du Monde depuis 1982. Par ailleurs, la Mannschaft magyare peut se vanter d´avoir réalisé le rarissime exploit de se faire battre par… Andorre (.. il y a déjà plusieurs années, il est vrai). Au point que le public désaffectionne les stades avec une moyenne d´à peine plus de 2000 spectateurs par match pour la province. Il est vrai, avec une fréquentation plus suivie à Budapest.

Tel ce match organisé la semaine dernière dans la capitale entre les deux équipes locales vedettes du championnat. Un derby qui a rassemblé près de 16 000 spectateurs. Certes, contrôlés à l´entrée, mais une fois installés sur les gradins, se serrant comme des sardines et ôtant pour beaucoup leur masque. Alors que la femme Médecin en chef du pays passe son temps à nous seriner qu´il faut éviter à tout prix foules et rassemblements. Deux poids, deux mesures?

Budapest, la semaine dernière….

Il est loin, le temps des Puskás, Kocsis et autres Bozsik et de ce „Onze d´Or” (Arany csapat), champion olympique en 1952 et finaliste malheureux de la Coupe du Monde en 1954. Des joueurs qui, soit dit en passant, étaient - du moins avant leur départ pour l´étranger - mille fois moins gâtés que leurs successeurs d´ aujourd´hui. Et pour quel résultat… Alors que les hôpitaux, pour beaucoup endettés, manquent cruellement de fonds. Pour ne citer que ce cas...

Alors ? Le problème est que tout cela se paie sur les petits sous du contribuable. Pour permettre à notre héros d´assouvir sa passion. Certes, comme il le clame, il faut encourager les jeunes à pratiquer le sport. Oui. Mais ce n´est pas en construisant à tous vents de grands beaux stades qu´on les y incitera. Pour cela, il vaudrait mieux multiplier un peu partout les simples terrains de sport, ce qui serait nettement plus efficace et moins coûteux.

Conclusion? Dommage que le pays ne soit pas dirigé par un mélomane, un passionné de littérature ou un mordu de théâtre…. Mais bon ça viendra peu-être un jour, qui sait?. Ne désespérons pas….

 

Pierre Waline, 30 octobre 2020

 

(1): 1 euro = 350-360 forints (280 forints il y a dix ans).

(2): source, hebdomadaire Blikk.

Décidément, nos amis toulousains sont gâtés, ces temps-ci. Ne serait-ce que parce qu´ils habitent une bien belle ville. Mais aussi parce qu´ils sont particulièrement servis, du moins pour ceux qui apprécient la musique, disposant, avec l´Orchestre du Capitole, de l´une de nos meilleures formations. Orchestre qu´est récemment venue diriger la cheffe italienne Speranza Scapucci pour une série de représenations de Cosí fan tutte qui resteront dans les annales. La cheffe italienne à peine repartie, c´est Iván Fischer et son Orchestre du Festival qui prirent aussitôt le relais. Pour offrir au public toulousain un concert dont on se souviendra. Au progamme: Simple symphony de Benjamin Britten, suivie du 2ème concerto de Liszt avec Alexandre Kantorow au piano (entre autres lauréat du concours Tchaïkowski). Et, pour clore la soirée, la 4ème symphonie de Beethoven. Soirée donnée à guichets fermés devant 900 personnes (dans une salle en contenant plus de 2000, mais en nombre volontairement limité en raison de la pandémie). Concert suivi d ´une véritable ovation.

                     Vicenza                                    Toulouse

            Et voilà qu´à peine rangés dans leurs étuis baguette et instruments, le chef et ses musiciens devaient reprendre l´avion, cette fois pour Vicenza, en Italie. Pour y participer comme chaque année (1) au Festival d´Opéra qui se tient dans le merveilleux décor Renaissance du Teatro Olimpico. Deux soirées au programme. Le 25 (surlendemain du concert de Toulouse..) la 104ème symphonie „Londres” de Haydn et des extraits d´Ariane à Naxos de Richard Strauss. Avec la soprane finlandaise Camilla Nylund et le ténor américain Aj Glieckert dans les deux rôles principaux, secondés par la soprane allemande Samantha Gaul, la soprane autrichienne Mirella Hagen et la mezzo hollandaise Olivia Vermeulen (connue du public parisien). Le lendemain: la symphonie Pastorale de Beethoven suivie du Chant de la Terre de Mahler avec la mezzo autrichienne Elisabeth Kulman et le ténor anglais Toby Spence. Légère déconvenue: si la première soirée fut donnée en public, la seconde, en raison des mesures prises entre temps par les autortités locales, se tint sans public. Mais toutes deux retransmises en direct sur les réseaux. (2)

Parmi les qualités que l´on attend d´un chef figure celle de savoir se faire entourer. Tel fut le cas, du moins lors de la première soirée (R. Strauss), avec une équipe internationale parfaitement rodée. Petite déception, par contre, le ténor anglais Toby Spence le lendemain dans Mahler. Une voix qui m´a paru quelque peu étriquée, souvent couverte par l´orchestre. Ce qui est probablement à mettre en partie au compte de la prise de son et de l´acoustique. Par ailleurs, un chanteur présentant apparemment quelques difficutés dans les aigus. Meilleure nous a semblé sa partenaire, la mezzo autrichienne Elisabeth Kulman, encore que nous aurions aimé la voir plus expressive et lui trouvant une voix par trop fine, plutôt proche de la soprano que de la mezzo. Mais ici encore, la prise de son ne la favorisait pas. Quant à l´Orchestre, nous en avons déjà dit le plus grand bien, aussi serait-il superflu de nous répéter ici. Sinon pour constater que les musiciens de Fischer se montrent tout aussi à l´aise dans la musique de Haydn que dans celle de Mahler. Le temps fort de ces deux soirées ayant été incontestablement constitué par une interprétation magistrale de la Pastorale. Avec notamment une mise en avant de la flûte et des clarinettes (placées à l´avant de l´orchestre). Ce qui conférait à l´ensemble une richesse et variété de couleurs mettant agréablement en relief le côté „champêtre” de l´oeuvre. Le tout servi par une direction sobre, voire rigoureuse, d´une grande précision. Visiblement, les musiciens de Fischer avaient mis leur point d´honneur à y donner, ce soir plus que jamais, le meilleur d´eux-mêmes. Mais quelle tristesse de les voir jouer ainsi masqués et privés de ces applaudissements qu´ils auraient tant mérités! (Un petit coup de chapeau au passage aux cameramen qui nous ont offert ce soir des prises de vues magnifiques, alternant judicieusement gros plans et vues générales de la scène avec son merveilleux décor.)

Et ensuite? Tout d´abord la reprise des concerts „at home” avec un programme bien fourni. A commnecer par la série „concertino”, concerts du soir basés sur le thème de la sérénade et du nocturne, avec un petit clin d´oeil en direction du jazz (Jacques Loussier): les 7 et 8 novembre à l´Institut italien, les deux jours suivants en province. Pour retrouver ensuite le cadre habituel du Palais des Arts (Müpa) avec une série de trois concerts consacrés à Enescu, Stravinsky et Prokofiev avec la violoniste norvégienne Vilde Frang en soliste (récompensée par de nombreux prix, entre autre partenaire de Gidon Kremer, Martha Argerich, Anne-Sophie Mutter et des frères Capuçon). Sans oublier une matinée dominicale de musique de chambre à l´attention des familles, les „concerts goûter” (kakao koncert) pour enfants et une rencontre avec les jeunes lors d´un „Midnight concert” (pour peu qu´un couvre-feu ne soit pas institué d´ici-là…). Et, bien sûr, une reprise des concerts gratuits dans les églises, temples et synagogues.

Désormais non seulement reconnus comme figurant parmi les meilleurs chefs et orchestres du monde, Fischer et ses musiciens offrent de plus une ouverture d´esprit et un côté humain bien sympathiques. En témoigne le choix récent par le chef hongrois de se faire assister par une jeune fille de 25 ans: Katharina Wincor, Amércaine venue tout droit de Dallas où elle occupait le même poste. D´emblée adoptée par les membres de l´orchestre. A signaler enfin la récente attribution à Iván Fischer du titre de „chef invité d´honneur” du Concertgebouw d´Amsterdam. Une formation avec laquelle il se produit régulièrement depuis longtemps déjà (3). Ceci „en reconnaissance d´une coopération vieille de trente ans”. (A noter que, depuis Bernard Haitink, la formation d´Amsterdam ne dispose pas de chef permanent.)

Bref… Après une longue trêve imposée par la pandémie,(4) Iván Fischer et ses musiciens entament cette saison par un retour en force, et ce pour notre plus grand plaisir. Encore faudrait-il que la propagation du virus – qui fait actuellement rage en Hongrie – ne vienne pas, une fois de plus, compromettre nos attentes. Touchons du bois!

 

Pierre Waline, 27 octobre 2020

(1): participation annulée l´année dernière en raison de la pandémie.

(2): également annulée en raison de la pandémie, une tournée qui était prévue en Suisse.

(3): l´Orchestre du Concertgebouw avec lequel Iván Fichser nous a laissé un fort bel enregistrement des symphonies de Beethoven (disponible en DVD).

(4): Pause durant laquelle les musiciens ne restèrent pas inactifs, nous offrant via internet une série de 77 concerts en petites formations.

De toute ma carrière, mes plus beaux souvenirs, à côté des années passées en Hongrie, sont sans nul doute ceux qui se rattachent au Québec (alors que je fus un moment en charge d´un programme de coopération franco-québécois). Tout d´abord pour la gentillesse naturelle et la simplicité des partenaires que j´y ai côtoyés, sans parler des beautés de la nature (ces forêts d´érables !), mais aussi par le plaisir que j´y ai pris à goûter aux charmes de leur langue, cette „parlure québécoise” qui nous réserve bien des surprises....

Tout d´abord, un bref retour en arrière. Lorsqu´au début du XVIIème siècle, les premiers colons venus de France débarquèrent dans la Nouvelle Province, ils parlaient les dialectes et patois de nos différentes régions. C´est pour se faire comprendre entre eux qu´ils éprouvèrent le besoin d´adopter une langue commune, le „françois” parlé à la cour de roi. Une unification de la langue qui se fit donc dès avant celle réalisée en France. Par la suite, isolés de la mère patrie suite à l´occupation anglaise (milieu XVIIIème), ils continuèrent à pratiquer ce vieux français sans prendre en compte les bouleversements apportés par la Révolution. Isolement qui ne fit que les renforcer dans leur besoin de se souder par la langue face à l´occupant anglophone.

Qu´en est-il aujourd´hui? Tout d´abord un mot sur l´accent (un accent que l´on retrouve aujourd´hui encore dans certaines de nos campagnes). D´une façon générale, le Québécois parle plus lentement que le Français et sur une tonalité plus grave. Il ne parle pas „pointu”. Quant aux différences de prononciation - qui touchent essentiellement voyelles et diphtongues - notre propos n´est pas ici de les détailler (d´autant qu´elles ont tendance à s´estomper). Pour en rester aux cas les plus connus et les plus fréquents: le son „oi” trasnformé en „oé” ou „oè” („avoére” pour „avoir”). Autres exemples: la contraction ”Chu en vacances” pour „Je suis en vacances” ou encore „Y est malade” pour „Il est malade” (source Simon Lemay, „Le québécois en cinq étapes”). Encore que ce phénomène existe également chez nous (”Chui” pour „Je suis”). Ou encore la „a” final d´un mot muté en „ô” („Canadô”). Et, d´une façon générale, l´allongement des voyelles. Mais, encore une fois, notre propos n´est pas ici de donner une leçon de québécois. (De nombreux ouvrages ont été publiés sur le sujet). Signalons encore un curieux tic: celui qui consiste à répéter le sujet dans une question: „Tu peux-tu?”.

Un mot sur le vocabulaire. Ne serait-ce que pour le plaisir de citer quelques échantillons savoureux. A commencer par le fameux „chauffer un char” (conduire une voiture), ce char dans lequel on ne monte pas, mais on „embarque”. Également répandues, les fameuses „épluchettes de blé d inde„ (pelures de maïs). Que l´on dégustera, à l´aide, non de couverts, mais „d´ustensiles”. Et, pour vous essuyer ensuite les mains, vous utiliserez une „débarbouillette” (serviette ou gant de toilette). Pour faire un achat dans le commerce d ´alimentation du coin, vous irez chez le „dépanneur” ou acheter vos cigarettes à la „tabagie”. Et s´il pleut en route, on vous dira qu´„y mouille”. Autre échantillon, „l´acétate”, devinez! Le transparent pour rétroprojecteurs (1). Si ces expressions peuvent prêter à sourire, nous avons peut-être tort d´en rire trop vite, car elles sonnent finalement bien français. Également de consonnance bien française, les noms de famille, Lafleur, Boulanger, sans nos Sanchez et autres Schmidt, comme me le fit remarquer non sans malice un ami de là-bas (encore qu´avec l´encouragement à l´immigration d´une main-d´oeuvre qualifiée, ce monopole tende à disparaître (2)). Comme sonnent bien français les mots „courriel” et „logiciel” inventés au départ - ce que beaucoup ignorent - par nos amis québécois. Résistance à l´anglais, donc? Pas tant que cela… Car la langue du Québec n´est pas non plus exempte d´anglicismes, ou plutôt américanismes. Deux exemples: le „peanut” pour la cacahouette ou le „waiter” pour le serveur. (Le waiter qui vous apportera une eau minérale gazeuse si vous lui commandez une „liqueur”…) Le mot „char” lui-même, qui sonne pourtant bien français, n´est autre qu´une assimilation de l´américain „car”.

D´américanismes, avons-nous dit ? Car, et c´est là un paradoxe, le Québécois se sent plus proche de ses voisins américains - et inversement - que ne le sont ses compatriotes anglophones restés malgré tout un peu „british”. Ceci de l´aveu même d´un ami québécois. N´oublions pas que Montréal et sa région constituent un pôle de hautes technologies qui la place à la pointe du pays en matière d´innovations. De là des relations suivies avec les régions voisines des États-Unis.

Les „Francos” (FrancoFolies) de Montréal.

Je-ne-sais-plus-qui qualifia un jour le Portugal de „trait d´union entre l´Espagne et la France”. Peut-être pourrions-on parler, en brodant un peu, de „Québec, trait d´union entre les États Unis et la France”? Langue et culture françaises associées à un sens des affaires bien „américain” (3). (Elle est révolue, l´époque du bûcheron perdu au milieu de ses forêts…) Culture, avons-nous dit? Que oui! Ayant le regard quasi constamment tourné vers la France dont ils connaissent sur le bout des doigts artistes, chanteurs et acteurs. Mais avec également leurs propres artistes, tout aussi renommés (Céline Dion, Félix Leclerc). Signe de ce lien culturel étroit, ces fêtes de la FrancoFolie organisées chaque été à Montréal, qui rassemblent une foule immense (initialement lancées à La Rochelle, mais vite reprises dans leur version québécoise).

Ne les oublions donc pas et sachons leur gré pour cet attachement touchant, bien que parfois excessif. Car, en définitive, il n´est pas - ou plus... - tout-à-fait certain que nous le mértitons à ce point...

 

Pierre Waline, 23 octobre 2020

 

(1): Je n´oublierai jamais la tête du technicien lorsque, à l´occasion de présentations que nous faisions dans les chambres de commerce, le conseiller commercial du Québec lui demandait de passer „l´acétate suivant”..

(2): ce même ami qui me rapporta un jour l´anecdote suivante: lorsque, au cours d´une visite au Québec, Mendès-France se présenta, un ministre de lui répondre „Boulanger, Canada”. Difficile à croire….

(3): ces Américains dont une majorité de Québécois pratiquement bilingues, du moins à Montréal, pratiquent couramment la langue, davantage que l´anglais de Londres. A propos Londres, signalons une bizarrerie (qui n´est pas sans les indisposer): bien que relevant d´un État indépendant, les Canadiens – donc les Québécois – demeurent „sujets de „Sa Majesté”...

Avec la multiplication des réseaux sociaux, la manie a été prise de classer tout et n´importe quoi („le plus beau, le meilleur, le préféré”…). Hit parade parfois ridicule, le plus souvent arbitraire, généralement publié pour se mettre soi-même en valeur (1). Mais tel n´est pas toujours le cas. Ainsi, ce classement des dix meilleurs orchestres du monde que vient de publier la revue BBC MusicMagazine. Parmi lesquels figure en bonne place l´Orchestre du Festival de Budapest. Classement confirmé par le New York Times. Certes, qui reste subjectif, mais donne malgré tout une idée de la qualité, ou du moins de la réputation, desdites formations.

Un classement dont je n´ai pas encore eu connaissance (mais qui a probablement été entrepris): celui des meilleures salles de concert. Mais sur quels critères? L´acoustique, tout d´abord, suivie de l´esthétique, et peut-être encore du confort et de la visibilité. Classement d´autant plus aléatoire que, pour bien faire, il faudrait les avoir toutes testées, de plus sur des programmes différents (piano solo, quatuor, musique de chambre, grandes formations). Ce qui est exclu.

Mon propos n´est donc pas ici de soumettre un tel classement, ce qui serait insensé et ne présenterait pas grand intérêt. Plus intéressant serait peut-être, sur un plan plus général, d´identifier les différents types de salles dont nous avons connaissance, avec leur spécificité, le type de concerts ou de représentations auquel elles se prêtent. Les avantages ou petits inconvénients qu´elles peuvent présenter. Et de tenter de dégager les grandes tendances de leur évolution. Un tableau bien évidemment très incomplet et imparfait.

Commençons par l´opéra, le premier exemple qui nous vient à l´esprit avec sa traditionnelle confrontation salle à l´italienne versus auditorium. (Garnier vs Bastille). Les premières se prêtant en principe davantage à la représentation d´oeuvres offrant une relative intimité, ou qui, par leur décorum, s´accordent mieux à l´ambiance de la pièce produite. (Car ce n´est pas forcément une question de taille, cf. Garnier ou la Scala.) Des pièces relevant généralement des répertoires baroque ou classique. Les seconds étant plutôt dédiés aux grands spectacles ou opéras rassemblant de nombreux figurants. Encore que ce ne soit pas si évident (Cosí fan tutte?). Le charme du décor compensant généralement le relatif inconfort que peuvent présenter les anciennes salles. Encore faudrait-il que l´on ait le choix. Car les exemples dont nous avons connaissance sont peu nombreux. Outre le cas de Paris me vient à l´esprit celui de Budapest. Avec sa salle traditionnelle de l´avenue Andrássy (le dada des touristes…) et son Théâtre Erkel avec ses plus de 2000 places. Sans oublier un troisième site récemment ouvert, l´Atelier Eiffel. Avec son petit auditorium moderne, mais offrant des dimensions et un nombre de places limités. Conçu, avec sa scène et sa salle réduites, pour des oeuvres du répertoire moins fréquentées et ne nécessitant pas grande mise-en-scène. Ce que j´appellerais des „opéras de poche”. (Tel L´Oca del Cairo de Mozart auquel nous avons pu assister.) Une salle également vouée à la production de certaines oeuvres contemporaines. Un avantage: la proximité avec les acteurs et chanteurs. Puisque nous avons évoqué Paris, là aussi, dans un tout autre genre, le public dispose d´un troisième site: la salle Favart (Opéra comique). Où sont souvent produites des pièces inédites du répertoire français (Cherubini, Boieldieu). Sans oublier, pour les Parisiens, le délicieux Opéra Royal de Versailles où sont parfois donnés des opéras d´époque. Mais disposer de plusieurs salles est un luxe assez rare, les plus grands opéras du monde disposant exclusivement, soit d´une salle traditionnelle à l´italienne (Milan, Venise (2) ), soit au contraire d´un espace moderne (New York, Sidney). Ce qui, après tout, ne constitue pas un handicap, loin de là. Leur succès et leur prestige étant là pour nous en convaincre.

Budapest (Müpa, auditorium Béla Bartók)

Et les salles de concert? Comme pour l´opéra, nous pourrions établir un distingo entre auditoriums modernes et salles anciennes. Sur un plan purement esthétique, d´abord, il est indéniable que certaines salles „anciennes” offrent un charme incomparable, telles la salle dorée du Muzikverein de Vienne (concert du Nouvel An!) ou, très proche, la salle de l´Académie de Musique de Budapest ou encore, dans un autre genre, la Palau de la Musica de Barcelone (3). Certes, mais, depuis peu, les architectes nous servent de plus en plus d´auditoriums modernes rivalisant de prouesses dans le domaine de l´esthétique. C´est un phénomène relativement récent. A cet égard, trois exemples me viennent en tête (mais il y en a d´autres): Budapest avec l’auditorium du Palais des Arts (Müpa), Paris avec la nouvelle salle de la Philharmonie et Moscou avec son Concert Hall Zaradye. Des salles où le matériau adopté est le bois (tout à la fois esthétique et idéal pour l´acoustique). Ces deux dernières (Paris, Moscou) récemment ouvertes au pubic et présentant une certaine ressemblance. Et offrant par rapport à l´auditoriun de Budapest (légèrement plus ancien) l´avantage de travées disposées tout autour de l´orchestre, placé au centre. Ici encore, il faut saluer une nouvelle tendance, bienvenue. Encore que la Philharmonie de Berlin, plus ancienne (1987), proposait déjà un public placé autour de l´orchestre. Une première à l´époque, dont l´architecte, Scharoun, s´était expliqué: „Atténuer la distinction entre les musiciens et les spectateurs ; ils ne constituent plus qu'une communauté de mélomanes, concentrés sur la musique, mise au centre de l'espace.” Pour rester à Berlin, nous citerons encore l´auditorium Pierre Boulez, réservé aux récitals de piano ou petits ensembles réduits (trios, quatuors) avec un public disposé en cercle autour du soliste ou des instrumentistes, mais pour le coup à proximité immédiate, ce qui favorise la communion entre les deux Et probablement aussi le jeu du soliste (ou instrumentistes). A citer encore, la Philharmonie de Cologne avec sa belle salle disposée en large demi cercle autour de la scène (un peu à la façon des théâtres antiques). Des salles qui reléguent désormais au second plan des audotoriums plus anciens, telle notre salle Pleyel, apparemment dépassée.

Dernier né: l´auditoriuem Zaradye deMoscou

Voilà qui est bien beau, mais l´acoustique dans tout cela? Pour les deux salles que nous connaissons (Budapest et Paris): une acoustique irréprochable. Voire (Budapest) avec des panneaux mobiles permettant d´adapter le son au type de concert ou récital donné. Bien que ne nous nous y étant pas rendus, le même écho nous a été donné de la salle de Moscou. Il est un fait qu´avec le développement des techniques et des matériaux, et l´apport de l´informatique, un progrès sensible a été accompli ces dernières années. Et, bien sûr, le savoir faire des concepteurs (architectes et leur entourage). Des architectes souvent eux-mêmes mélomanes qui n´en mettent que plus de coeur – et de compétences – au service de leur tâche (4).

Conclusion ? Désormais, le mélomane dispose d´une offre de plus en plus riche de salles modernes et spatieuses offrant au public des conditions optimales d´écoute, de confort et de visibilité. Et ce un peu partout, de Paris à l´Arsenal de Metz, de Budapest au magnifique auditorium de Pécs. Néanmoins, il n´en faut pas pour autant négliger nos salles traditionnelles. L´un n´empêche pas l´autre, Tout dépend du programme proposé et de l´ambiance recherchée. C´est ainsi que, résident à Budapest, j´irais bien volontiers écouter Brahms au Palais des Arts, mais je préfèrerais me rendre à l´Académie de Musique pour une symphonie de Haydn. De même, de passage à Paris, je suivrais bien un concert Berlioz dans la grande salle de la Philharmonie, mais filerais ensuite au Théâtre des Champs Élysées – ou à Gaveau - pour un récital de piano ou de chant, ou encore écouter un quatuor. Notre chance est, ici et là-bas, d´avoir le choix. Sachons donc en profiter et ne ménageons pas notre plaisir. A fortiori sur des places où l´offre musicale – qualité et diversité des formations – est particulièrement riche.

Encore une fois, ne boudons pas notre plaisir et sachons y goûter à pleines dents… ou plutôt à pleines oreilles…..

 

Pierre Waline, 15 octobre 2020

 

(1): telle Grenoble déclarée „ville la plus verte d´Europe” (!?) ou encore „Budapest offrant le plus beau marché de Noël d´Europe”. Allons donc !

(2): certaines couplant une grande salle traditionnelle „à l´italienne” avec un théâtre baroque. Telle Prague avec son Théâtre national (qui rappelle un peu Garnier) et son merveilleux Thèâtre des Etats. Ou encore Munich avec son grand opéra traditionnel (Bayerisches Statsoper) et le fameux Théâtre Cuvilliés.

(3) également réputée, la salle du Concertgebouw d´Amsterdam. Mais pourquoi, diantre, avoir planté ce long escalier au beau milieu de la scène pour accéder à la coulisse ? Marches que chef et solistes doivent gravir (au pas de course) et redévaler à chaque rappel. Je ne les envie pas!

(4) Tel l´architecte hongrois Gábor Zoboki, concepteur du Palais des Arts de Budapest récemment entendu sur les ondes. Un entretien pariculiêrement intéressant qui a révélé de profondes connaissances en matière de musique de sa part. Nous offrant entre autres une comparaison originale entre son auditorium et la salle voulue par Wagner à Bayreuth (conceptions – accueil des visiteurs, emplacement de l´orchestre – et acoustiques diamétralement opposées).

 


 

Pratiquement passé inaperçu s´est récemment déroulé à Paris un concours international de femmes cheffes d´ orchestre.

Ce n´est pas une découverte, la création musicale foisonne d´oeuvres inspirées d´écrivains, dramaturges et poètes. Si nombreuses qu´il serait vain de tenter d´en dresser ici la liste, de Beethoven à Verdi en passant par Schubert et Schumann, ou encore Tchaïkowsky et mille autres. L´inverse étant moins évident, encore que…

Peut-être plus intéressant serait de tenter de voir comment les uns se sont positionnés par rapport aux autres. Commençons par nos écrivains… Qui nous réservent en la matière quelques bonnes… et mauvaises surprises. A commencer par notre cher Stendhal, qui, on le sait, portait les Italiens aux nues, tel Rossini sur lequel il nous a laisssé un mémorable écrit („La vie de Rossini”). Certes, et nous ne pouvons que le suivre, mais qui ne s´est guère glorifié pour le reste. Tel ce jugement pour le moins surpenant porté sur Mozart et Beethoven: « Quand Beethoven et Mozart lui-même ont accumulé les notes et les idées, quand ils ont cherché la quantité et la bizarrerie des modulations, leur symphonies savantes et pleines de recherche n’ont produit aucun effet” (sic !!). Mais qui se rattrapera dans la suite: „Tandis que lorsqu’ils ont suivi les traces de Haydn, ils ont touché les cœurs.» Et le pauvre Schubert n´est pas davantage épargné, jugeons-en: «On n’a jamais couché sur le papier de composition plus exaspérante par son manque d’intelligence » (et vlan !) au sujet de la IXème symphonie, dixit Bernard Shaw! Schubert dont Larousse écrivait: «Ses sonates s’effacent devant celles de Weber » !!!! (Dictionnaire du XIXème siècle). Un Schubert au demeurant royalement ignoré par Balzac, Stendhal, Mérimée et Baudelaire (qui ne tarit pas d’éloges sur Weber). Sans parler de Goethe (grand admirateur de Mozart) qui le traita par le mépris.

Mais bon, reconnaissons que c´est là le fait d´une minorité, la plupart de nos grands écrivains ne s´y étant pas trompés pour reconnaïtre le génie de leurs „confrères” musiciens et le clamer à haute voix. La palme revenant à George Sand: « Beethoven fait rentrer dans les profondeurs les plus intimes du moi tout ce que vous avez senti, éprouvé, vos amours (et elle s’y connaissait…), vos souffrances, vos rêves, tout se ranime au souffle de son génie et vous jette dans une rêverie intime.» Ce qui n´étonnera guère de celle qui fut l´amie de Chopin. Suivie de Balzac qui, dans sa nouvelle «Gambara» faisait dire à l’un de ses personnages que «Beethoven a reculé les limites de la musique instrumentale et personne ne l’a suivi dans sa route”. Dans un autre genre, citons encore Taine qui fut un grand admirateur de Beethoven. Et bien d´autres. Plus près de nous, Romain Rolland qui nous a laissé plusieurs écrits sur Beethoven, dont une célèbre biographie. Romain Rolland à qui nous devons cette merveilleuse phrase sur Beethoven: « Il reste le meilleur ami de ceux qui souffrent et qui luttent ’

A l´inverse, quel oeil jetèrent les compositeurs sur la littérature? Si (désolé!), Mozart ne s´avéra apparemment pas être un lecteur particulièrement assudu, sinon de Beaumarchais (mais alors très en vogue..), Beethoven le fut. Beethoven qui, en véritable autodidacte, s’était intéressé de près à la philosophie et à la poésie, lisant aussi les « anciens ». Grand admirateur de Klopstock et de Kant, Beethoven se disait aussi « imprégné » de Plutarque. Ses poètes préférés étaient Goethe, Schiller, Ossian et Homère. Faisant preuve d’une étonnante ouverture d’esprit, il s’intéressa même à la pensée hindoue ! Également lecteur assidu, Robert Schumann, fils de libraire. Au demeurant doté d´une fort belle plume, il nous a laissé, outre ses critiques musicales, de fort beaux textes. Telle cette description d’un périple effectué à 19 ans entre Coblence et Mayence: « La belle ruine d’Ehrenfels laissait tomber sur moi et sur le Mäuseturm un regard dédaigneux. Le soleil se coucha dans une gloire royale, puis ce fut le calme du crépuscule. A la rive de Rüdesheim étaient amarrés des bateaux chargés de vie et d’animation ; des enfants merveilleux jouaient gaiement sur le bord du fleuve, si bien que je faillis en oublier le lever de la lune…. Pas un souffle ne ridait l’eau, l’éther lunaire était d’une pureté bleutée. Rüdesheim avec ses sombres ruines romaines se mirait dans l’onde que la lune transfigurait magiquement… » Plus surprenant (et peu connu), Schubert nous a laissé un fort beau texte « Mein Traum » où il rapporte un rêve axé sur les thèmes de la mort assimilée au repos et de la solitude. Texte agrémenté d un poème intitulé „Prière” . Ce qui est d´autant plus surprenant que Schubert, pourtant entouré de poètes et lecteur assidu de Schiller, Goethe et Walter Scott, ne semble pas avoir été d’une grande culture.

En matière de talents littéraires, il en est un que nous ne saurions ici passer sous silence: Berlioz qui, outre ses critiqes musicales (quoique souvent emphatiques et par trop enflammées) nous a laissé un fort bel ouvrage nous relatant les nombreux voyages qu il effectua de par l´Europee (dont Pest!). Un ouvrage rédigé dans un fort beau style, fluide, qui se lit avec plaisir. Berlioz qui nous a également laissé un fort bel essai sur Beethoven. Un cas à part: Wagner qui, on le sait, a conçu lui-même les livrets de ses opéras, mais que l´on ne peut ranger dans le genre littéraire. (Wagner qui nous a laissé une intéressante description des symphonies de Beethoven).

Voilà pour le peu que nous savons des musiciens s´étant impliqués - de près ou de loin - dans la littérature et la poésie. (Encore une fois, abstraction faite des oeuvres théâtrales dont ils se sont inspirés. (1)) Mais il y en a certainement bien d´autres. Par contre, s´il nous fallait citer des écrivains s´étant essayés à la composition, nous serions bien en peine de répondre. Mis à part Rousseau avec son „Devin du village”. Piècette sans grande ambition, mais, reconnaissons le, bien tournée et fort charmante. Et... j'allais en oublier un, et non des moindres: E.T.A. Hoffmann avec son opéra "Ondine", le premier opéra romantique allemand, composé des avant le "Freischütz" (1814). Hoffmann, également critique musical, qui se rajouta un troisieme prénom, Amadeus, en hommage a Mozart...

Alors? Mis à part quelques malheureuses exceptions, il semblerait d´une façon générale que, d´un genre à l´ autre, les grands se reconnaissent entre eux. Du moins osons-nous le croire. Ce qui n´a somme toute rien de très étonnant. Bon ménage? Apparemment oui…

 

Pierre Waline, 7 octobre 2020

 

(1): si nombre d´opéras ou musiques de scène sont inspirés des plus plus grands (Shakespeare, Goethe, Pouchine, etc.) force est de reconnaître que ce ne fut pas toujours le cas. Tels, par exemple, les textes que l´on trouve à l´origine de deux oeuvres pourtant sublimes comme Le Freischütz ou encore Fidelio. Le mérite des compositeurs n´en est que plus grand d´ avoir su les dépasser, pour nous offrir parmi les plus belles partitions du répertoire.

Lors de mon détachement en Allemagne, nous avions rédigé, avec quelques collègues et amis, un „Guide de la commincation” à l´attention des hommes d´affaires français se rendant Outre-Rhin, ceci pour les informer sur les usages locaux et leur éviter quelques impairs à ne pas commettre. Opération renouvelée lors de mon passage en Hongrie. Alors d´autant plus nécessaire que c´était l´époque (années quatre-vingt dix) où nos compatriotes affluaient par avions entiers dans l´espoir de dénicher quelque bonne affaire et de s´ouvrir un nouveau marché, notamment à l´occasion des privatisations. Nous ne reviendrons pas ici sur le détail des conseils alors formulés. Plus intéressant serait d´examiner d´une façon plus générale les différences d´usages, tant dans le comportement que dans le langage, chez les uns et les autres..

Le Français, du moins dans ses relations épistolaires présentant un caractère plus ou moins officiel, passe pour tenir un langage alambiqué qui ne manque pas de dérouter ses partenaires étrangers. Ceci à coup de „sentiments distingués” que l´on vous prie de „bien vouloir agréer”, etc. Sans parler de ce besoin de s´exprimer par formules indirectes („Je ne suis pas sans penser que….” .). Probablement pour atténuer l´effet produit, artifice de langage qui ne manque pas de déconcerter, souvent mal compris. A côté de cela, le Hongrois – comme l´Allemand – passe pour être plus simple et plus direct dans son propos. Telle cette formule laconique, mais bien pratique, équivalent de notre „Salutations empressées” adoptée pour clore un courrier („Mit freundlichen Grűßen«, „Szívélyes üdvözlettel”). Encore qu´elle tende de plus en plus à se répandre en France également.

Plus simple, le hongrois? Pas tant que cela! Telle cette formule de politesse utilisée lorsque l´on s´adresse à une femme: „Je vous baise la main” („Kézit csokolom”) - également pratiquée en Pologne. De plus en plus souvent simplifiée par „Je vous embrasse” („Csokolom”) (1). Celle-ci également utilsée par les jeunes pour s´adresser à une personne âgée, homme ou femme. Ne pas l´utiliser, même à l´égard d´une femme jeune, relèverait presque de l´inconvenance ou, du moins, de la familiarité. Autre petit casse-tête, la double formule de vouvoiement par les termes „Maga” ou „Ön”. Le second étant plus respectueux. De plus, un vouvoiement qui se pratique à la troisième personne (comme en polonais…), mais, pour corser le tout, agrémenté de la formule „Est-ce qu´il plaît à NN… de .. ?” („tetszik….. ?”) lorsque l´on a opté pour le „Ön” respectueux. Pour éviter les complications et vexations, une solution est de couper la poire en deux en recourant au „Ön”, plus poli, mais sans le „il plaît à” („tetszik”)… Et encore, c´était bien pire sous l´ancien régime où, encore dans les années trente, plusieurs niveaux de respect étaient imposés pour s´adresser à une personne de rang élevé (noble ou haut fonctionnaire): „Votre dignité” („Méltóságos Úr”) ou encore „Votre excellence” (Nagyságos Úr)…(2) Des formules révolues, socialisme de l´après-guerre oblige. Fort heureusement, pour nous simplifier la tâche, l´usage du tutoiement se répand de plus en plus en Hongrie, davantage encore qu´en France, non seulement auprès des jeunes. Par contre, un usage beaucoup plus répandu que chez nous, l´énumération des titres universitaires devant un nom propre: professeur (Prof), Ingénieur (Ing), Docteur (Dr). Ce dernier pour toute personne ayant passé un doctorat (équivalent de notre maîtrise), pas seulement en médecine, mais dans tous les domaines (3).

Voilà, en gros, pour ce qui concerne les usages adoptés dans le langage courant. Et pour le reste? Pour le coup, les habitudes de comportement me semblent sensiblement plus simples, côté hongrois. Tout d´abord, pour en revenir au monde des affaires, ces déjeuners d´affaires à éviter pour les remplacer par un réunion matinale café-eau minérale. Et cette habitude, bien sympathique, de proposer un café (agrémenté de petits amuse-gueule) à tout visiteur, quel que soit le motif de la visite. Ne pas le faire serait une grave impolitesse. Autre règle sacro-sainte: ne jamais se pointer chez quelqu´un les mains vides, même si aucune circonstance ne justifie ce geste. Pour le reste, un langage plus clair et plus direct est adopté dans les relations quotidiennes, quitte à s´exprimer parfois de façon un peu crue, sans pour autant que votre partenaire (blasé) n´en prenne ombrage. Pour en revenir aux „déjeuners d´affaires”, notre dîner assis en ville – pratique bien française – est le plus souvent remplacé par une collation servie au salon sur un plateau.

Tout cela est bien beau, mais... Mais... Triste revers de la médaille: le recours de plus en plus répandu, par les jeunes… et moins jeunes, à des termes franchement grossiers. Termes que l´on rencontre dans la langue française, certes, mais nettement plus explicites et imagés en hongrois…. Parfois associés à une mise peu avenante: crâne rasé et tatouage. Ici encore, tatouages beaucoup plus répandus que chez nous, également à la mode chez les jeunes filles …

Mais bon… Passons sur ces petits vices de langage et de comportement et reconnaissons que, dans l´ensemble, les relations quotidiennes s´avèrent dans de nombreux cas plus simples sur les bords du Danube. Mais…. Sans ce charme que procurent nos règles de courtoisie, parfois contraignantes, certes, mais somme toute bien agréables pour apporter une touche de douceur et de tact dans les rapports.

Pour conclure? Ne cherchons pas à copier le voisin et gardons nos propres usages, qui ont somme toute chacuns leur bon côté.

 

Pierre Waline, 4 octobre 2020

 

(1): attention aux pièges de la traduction, le terme „baiser” étant ici à proscrire !!!

(2): un usage qui en dit long sur l´état d´esprit qui régnait dans la société hongroise d´avant-guerre, encore marquée par un relent de féodalisme.

(3): les Allemands recourant, quant à eux, au „Dr.Dr.” voire au „Prof.Dr.Dr.” lorsque ceux-ci disposent d´un douuble titre, petit signe de vanité bien typique. Mais nous autres ne sommes pas en reste avec nos décorations, ces petits hochets, arborées au revers de la veste, voire sur nos cartes de visite. Ce qui, à ma connaissance, ne se voit guère ailleurs qu´en France.

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Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Köszönöm, hogy a blogomra látogattál, amit azért hoztam létre, mert az egyik szenvedélyem a fotózás. Szeretek utazni, kirándulni, fényképeket készíteni, és ezt szeretném megosztani mindenkivel. Várom a véleményeteket. :)

Hol is kezdjem a bemutatkozást? Mondanátok, hogy az elején. Erre én azt mondanám, az túl hosszú lenne, és nem szeretnék senkit sem untatni. Ezért megpróbálom tömören összefoglalni eddigi életemet.

Magyarország-on születtem, ott is éltem közel 30 éves koromig, amikoris úgy döntöttem, hogy ideje körbenézni a világban.

Így kerültem Amerikába, ahol 2 évig dolgoztam. Persze az életem nem csak a munkáról szólt. Rengeteget utaztam, Miami-tól Las Vegas-ig, Washington-tól Los Angeles-ig. De ez nem minden. Volt szerencsém ellátogatni néhány Karib sziget-re is, mint a Bahamák, Jamaica, St Thomas, St Marteen, Puerto Rico, Kajmán szigetek, illetve Mexico-ba is eljutottam.

Mindezek után elfogott a vágy, hogy ismét iskolapadba üljek. (Szeretek tanulni, persze csak azt, ami érdekel. Sok ilyen dolog van, nyitott vagyok szinte mindenre.)

Így kerültem Sydney-be, Ausztráliába. A munka, és az egyetem mellett azért itt is jutott egy kis idő utazásra. Először Ausztráliában, majd Thaiföld, és India következett. Az egyetem sikeres befejezése után új irányt vett az életem, visszajöttem Európába. Így kötöttem ki Franciaország-ban, ahol jelenleg is élek.

S hogy mivel töltöm az időmet? Mindennel, amit szivesen csinálok, amiben örömömet lelem. Továbbra is sokat kirándulok, fényképezek, vitorlázok, festek (igen, valódi olajfestményeket) sütök-főzök, és újabban ruhákat tervezek, illetve megvarrom azokat (egyenlőre csak saját részre).

Szóval nem unatkozom. Soha nem tettem. És szerintem soha nem is fogok.

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Francia születésűként a két ország között élek. Pécsett 
lettem feleség, anya, orvos.
Írni  szeretek , de főleg gondolatokat megosztani. És kíváncsi, 
kíváncsi vagyok...

Française de naissance, je vis entre les deux pays. Je suis devenue 
épouse, mère et médecin à Pécs.
J'aime écrire, et surtout échanger des idées. Et je suis curieuse, 
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Bon, c'est une question bien importante de s'identifier...Je suppose que tout le monde cherche la bonne réponse pendant toute sa vie... La surface c'est: je suis professeur de la langue francaise, de l'histoire et de la littérature et de la langue hongroise. Et bien sur j'ai une vie privée aussi: ma famille, mon temps libre, mes coutumes et mes amusements...Eh comme tout le monde je tache etre heureuse...

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Ez az első blogom, arról fog szólni, hogyan élünk négyen Franciaországban, Herblayben, mely Párizs egyik elővárosa, Párizstól hozzávetőlegesen 20 km-re, északra található. Eddig még nem jártam ott. Arról is írok, milyen az élet háztartásbeli apaként, hogyan élem meg azt...

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Le blog "L'actualité sportive vue de Hongrie" se propose d'informer le lecteur des succès hongrois dans tous les sports.

Des brèves présenteront les résultats de manière succincte. Des articles plus longs dresseront des portraits de sportifs ou sportives ou analyseront des compétitions. Enfin, les textes de la catégorie "histoire du sport hongrois" retraceront le parcours d'athlètes qui ont marqué l'histoire de leur discipline.

Passionné par le sport et attaché à la Hongrie où j'habite depuis de nombreuses années, j'espère que ce blog saura vous intéresser.

Strasbourg hétköznapi életéből és az EJEB, munkájából pillanatok. Civil diplomácia erősítése Franciaország irányába és viszont.

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