Bienvenu sur www.francianyelv.hu   A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Bienvenu sur www.francianyelv.hu GSpeech

Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

Indíts Te is blogot a francianyelv.hu-n!

Si l´on me consultait pour retenir le programme idéal d´une soirée Beethoven (1), je crois que je n´aurais guère trouvé mieux: l´ouverture d´Egmont, le 3ème concerto et la Symphonie Héroïque. Certes, d´autres oeuvres auraient pu figurer dans le choix, à commencer par la Neuvième. Mais l´avantage des trois oeuvres réunies pour le concert donné ce soir est de former une certaine unité, annoncée par ses organisateurs sous le motto:” Hymne aux héros de la liberté” („Óda a szabadsághoz és a hősiességhez”). Et puis, n´oublions pas qu´avant d´avoir écrit la Neuvième, Beethoven lui-même avait clairement désigné la Troisième comme étant sa préférée des huit symphonies composées jusque là. Quant à Egmont, on sait que Beethoven, fidèle lecteur de Goethe, en appréciait particulièrement le sujet qu´il avait à coeur de mettre en musique (2): Egmont combattant pour libérer son peuple du joug de l´oppresseur, qui finira sur l´échafaud. Thème cher au compositeur qui l´avait déjà abordé (moyennant un dénouement plus heureux…) dans Fidelio.

 

On le sait, la symphonie Héroïque était initialement dédiée à Bonaparte, en qui Beethoven voyait l´incarnation des idéaux de la Révolution („Sinfonia grande, inititolata Boanparte”). C´est en apprenant son couronnement que Beethoven en raya rageusement la page de garde pour la changer en „Sinfonia eroica, composta per festeggiare il sovvenire d un grand uomo” (3).

Composé trois ans avant l´Héroïque (1800-1804), le 3ème concerto en ut mineur, s´il ne se réfère pas directement au thème de la liberté, n´en a pas moins sa place entre les deux oeuvres mentionnées. A commencer par la liberté de son écriture au plan formel. Le plus directement séduisant et probablement le plus souvent joué des cinq. Ici servi par Peter Frankl, pianiste britannique d´origine hongroise que nous avions déjà eu l´occasion d´entendre et apprécier.

Le tout interprété par l´orchestre MÁV placé sous la baguette de Péter Csaba. Une formation que nous avions également pu apprécier par le passé (4).

La musique de scène d´Egmont constitue sans nul doute l´une des oeuvres majeures dans la production du maître de Bonn. Malheureusement trop rarement jouée dans son intégralité. L´ouverture, par contre, figure parmi les morceaux favoris au programme de nos concerts. Mieux que tout commentaire, nous reprendrons à notre compte l´appréciation qu´en fit E.T.A. Hoffmann :”Beethoven était entre les musiciens le seul capable de saisir l´essence profonde de cette oeuvre… Faisant ici preuve d´un génie remarquable”. Appréciation qui vaut, certes, pour l´ensemble du drame, mais également pour l´ouverture qui en constitue une parfaite synthèse. Une oeuvre puissante marquée par une forte rythmique. Débutant sur un puissant accord suivi d´une lente introduction, elle s´achève sur une impressionnante coda (Allegro con brio, „Siegessymphonie”), correspondant à la dernière scène du drame qui, après avoir décrit le héros marchant la tête haute vers la mort, annonce in fine le triomphe de la justice. Ce qui, dans l´interprétation qui nous en fut donnée ce soir, fut merveilleusement rendu. Emmenés sous la baguette fougueuse d´un chef inspiré, les musiciens se sont ici donnés à fond. A signaler entre autres, un timbalier particulièrement „présent”, à vous réveiller un mort, comme jamais je ne l´avais entendu auparavant dans cette oeuvre.

Ce soir soliste dans le 3ème concerto, Peter Frankl nous avait séduit lors d´un précédent concert où nous avions loué la clarté et la brillance de son jeu, alors dans le 4ème de Beethoven (5). Qu´en fut-il ce soir? Malgré les quatre années passées depuis, le pianiste, qui approche les quatre-vingt cinq ans, n´a rien perdu de sa fraîcheur. Brillance et clarté du jeu: oui. Et une belle sonorité du piano. Seule légère réserve: quelques petites frappes „de côté” dans les passages rapides, mais à peine remarquées. Accompagné par un orchestre en verve. Il est vrai que le chef, ses musiciens et le pianiste se connaissent bien. Ce qui était notamment flagrant dans ce dernier mouvement (Rondo) au rythme entraînant, à la mélodie gracieuse. Petite cerise sur le gâteau: en guise de bis, le chef, également violoniste, ressortit son instrument pour nous interpréter ensemble avec son ami pianiste le merveilleux adagio de la sonate „Le Printemps”. (6)

 

Page de garde (raturée) de l´Héroïque

 

Quant à l´interprétation de la symphonie en mi bémol majeur (Héroïque), nous nous contenterons de reprendre ce que nous en avions écrit voici deux ans: „Une interprétation pleine d'énergie, mais en même temps non agressive et toute en nuances. Avec notamment un timbalier et deux trompettistes particulièrement présents, mais sans faute de goût. Très belles sonorités également du côté des cuivres et des bois. Un chef, Péter Csaba, qui a merveilleusement mené son ensemble, se donnant sans compter.” Commentaire que nous renouvelons volontiers ce soir, en y ajoutant la brillante prestation de la flûtiste, particulièrement sollicitée dans le dernier mouvement. Bien que merveilleuse dans son intégralité, nous en retiendrons néanmoins deux temps forts: sa Marche funèbre (2ème mvt) et son brillant finale (Allegro con brio) au rythme dansant. Et pour cause, puisqu´il reprend une danse écrite pour le finale d´un ballet composé peu avant: „Les Créatures de Prométhée”. Une oeuvre que la critique jugea à l´époque trop longue, notamment dans son premier mouvement (7). Une oeuvre de longue haleine, certes, mais , comme aurait dit Schumann, offrant „de divines longueurs”. Pour notre part, nous n´avons pas vu le temps passer. Un orchestre que nous retrouverons prochainement à l´occasion d´un „marathon Beethoven”, cette fois dans la Quatrième symphonie et sous la direction d´un chef italien. Renouvellera-t´il le miracle?

Une année „Beethoven”, comme l´on sait, que cette année 2020, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir, surtout quand il est joué de la sorte. En attendant la suite...

 

Pierre Waline 24 janvier 2020

 

(1): hors musique de chambre et musique instrumentale.

(2): Goethe qui ne lui en sut apparemment pas gré outre mesure. Il faut dire que les relations entre les deux hommes n´étaient pas toujours au beau fixe. Par ailleurs, bien qu´admirateur de Mozart, Geothe n´était guère féru de musique au point de ne pas daigner répondre à Schubert qui lui avait dédicacé et adressé un lied sur un des ses poèmes.

(3): «N’est-il donc rien de plus qu’un homme ordinaire ! Maintenant, il va fouler aux pieds les droits humains et n’obéira qu’à son ambition. Il va s’élever plus haut que les autres et va devenir un tyran ! Comme les autres, il foulera les libertés à ses pieds ». Néanmoins, lorqsu´il apprendra plus tard le décès de l´empereur, Beethoven déclarera. „Il y a dix-sept ans que j´ai écrit la musique qui convient à ce triste événement”, faisant allusion à la Marche funèbre de l´Héroïque.

(4): Concert donné le 8 mai 2018, précisément dans l´Héroïque. Établi depuis 1983 à Lyon où il enseigne au Conservatoire, Péter Csaba fut un moment à la tête de l´Orchestre de Besançon. Il est chevalier de la Légion d´Honneur. Directeur musical et chef permanent de l´Orchestre MÁV jusqu´à l´année dernière, il en demeure aujourd´hui l´invité permanent.

(5): concert du 9 décembre 2018 .

(6): à propos de la cadence: à la demande du compositeur, elle fut écrite par son ami, le pianiste Ries, qui fut amené à jouer le concerto peu après sa création. Mais, la trouvant trop difficile et risquée, Beethoven lui interdisit de la jouer. Néanmoins, Ries n´en fit rien et la donna telle quelle. Assis à ses côtés, Beethoven faillit se renverser sur sa chaise. Cadence qui se déroula finalement sans accroc et plut au public, ce qui lui valut un „Bravo” de Beethoven, bon prince... Cadence aujourd´hui perdue. Beethoven allait en écrire une cinq ans plus tard, qui fut donnée ce soir. Et, par la suite (entre mille autres), Clara Schumann...

(7): à noter que le thème du premier mouvement reprend un motif entendu dans une ouverture de Mozart (Bastien et Bastienne).
 

A Négy évszak szerzőjéről mit is tudunk? Azt, hogy hátrahagyott mindenféle concertót, egyházi zenét, meg néhány operát. Egyéb művekről eddig nem nagyon tudtunk. Azt meg pláne nem, hogy tőbb „szerenádot” is írt. A szerenád egy külön műfaj, a kantáta, az orátorium és az opera egyfajta keveréke, amely a XVII. század közepén jelent meg először Itáliában, majd Bécsben, és azóta nagyon divatos lett. Ezek alkalmi művek voltak, amelyeket egy nagy esemény alkalmából adtak elő. Általában nagyszabású – több részből álló - zenekarra írt művekről van szó, szólistákkal, nagy kórus nélkül. A szólisták allegorikus figurákat jelképeznek. Vivaldi nyolc szerenádot írt, amelyekből három maradt meg nekünk. Ezek közül az egyik az „Ünneplő Szajna” („La Senna Festeggiante”), amely a ma esti koncerten szerepelt. Egy másik kuriózum: az utóbbit Vivaldi a francia király (XV Lajos) tiszteletére írta, hogy így ünnepelje a jó kapcsolatokat Velence és Franciaország között. A művet az új francia nagykövet velencei ünnepélyes fogadtatása alkalmából mutatták be (1726-ban). Szóval, diplomácia a zenén keresztül... (1) Talán egy másik indítéka is volt ezen kívül: a 1720-es években ért Vivaldi a pályája csúcsára. Akkor mindenütt játszották a műveit - mint a mai slágereket -, de elsősorban Párizsban, ahol nagy lelkesedéssel fogadták. Tehát azzal a gesztussal akarta valószínűleg viszonozni.


A francia nagykövet fogadtatása Velecén 1726 nov. 4-én (Canaletto)

 

Azok, akik követik a Fesztivál Zenekar életét, tudják, hogy a zenekaron belül létrehoztak egy barokk együttest (korhű hangszereken játszanak). Alapítását Fischer Ivánnak köszönhetjük. Ez a formáció játszott a ma esti koncerten, egy brit karmester, Jonathan Cohen vezetése alatt, aki a barokk zene kiváló szakértője. A három szólista: a szoprán Baráth Emőke, az olasz alt Sonia Prina és az angol basszus Brindley Sherratt. Ők jelenítik meg az Aranykort és az Erényt, akik a Szajna partján találkoznak. Ez utóbbi a harmadik szereplő (basszus). Eddig a következőket tudtam erről a műről: a libretto állítólag kissé gyenge, ugyanakkor a zenét dicséri a kritika (2). Tehát érdemes volt végre meghallgatni ezt a két részből álló, francia zenei ihletésű művet.. A Szajna mint szereplő különös jelentőséget kapott, hiszen Baráth Emőke - Európa egyik legjobb szopránja- a közelmúltban pont Párizsban, a Théâtre des Champs Élysées-ban szerepelt.

 

Lássuk tehát, milyen volt.

        

 

Először röviden a koncert helyszínéről: a Zeneakadémia nagyterme meghitt hangulatával és szép gazdag díszítéseivel remekül illik az ilyen művekhez. És maga a mű? Egy igazi reveláció volt számomra!

Ritmusgazdag, erős dinamikával átitatott, helyenként táncos hangulatot idézve (lásd a menüettet a második nyítányban largo alla francese), Vivaldi partitúrája mind emellett nagyon finom és rafinált. Egy mű, amelyben a dallamok eleganciájában, kecsességében, táncosságában nagyon érezhető a francia stílus, ugyanakkor helyenként a nagy oratóriumok áriáira jellemző lendületes friss hangulat is érezhető. A mű két részből áll. Mindkettő a 3 szólista által alkotott kórussal kezdődő és záródó nyitánnyal indul. Áriák és duettek (szoprán-alt) váltják egymást. Egyetlen ellenvetésünk Domenico Lalli librettójának fellengzős stílusa miatt van, de úgy tűnik, ilyen volt az akkori ízlés (3).

A művet ragyogóan adták elő. Nem is tudom, hogy kit említsek először, mivel a zenekar, a karmester és a szólisták mind kifogástalanul szerepeltek. Kezdjük a szólistákkal. Mind a hárman a legkiválóbb referenciákkal rendelkeznek, a legrangosabb nemzetközi színpadokon, ill. fesztiválokon szerepeltek már. Elragadtatták a közönséget gyönyörű tiszta hangjukkal. Érezhetően otthonosak ebben a műfajban. Az őket kísérő zenekar – kis létszámmal is – gyönyörű, finom hangokat adott ki, külön kiemelném a fúvósokat. A csembalónál ülve az angol karmester, aki ennek a műfajnak az avatott mestere, bravúrral vezényelte az előadást..(4)

Egy igazán szép est részesei voltunk, amelynek alkalmából felfedeztünk egy új, eddig sosem hallott művet. És a mű hosszúsága ellenére egy pillanatig sem unatkoztunk. Épp ellenkezőleg. A hosszan tartó taps bizonyította, hogy a publikum is rajongott az előadásért.

Végül, hadd említsük még egyszer Fischer Iván zenészeinek bravúros ügyességét, akik a legtermészetesebb módon képesek váltani régi és új hangszereik között, és így képesek visszaadni akár a barokk stílus e tipikus régies ízét, akár a nagy szimfonikus művek impozáns méretét. A mi szerencsénkre és legnagyobb örömünkre. Ezt az örömöt ma este is átélhettük.


Pierre Waline (2020 jan. 13.)


(1): Jacques-Vincent Languet de Gergy. A Velencei ünnepélyes fogadását Canaletto megörítette egy híres festményben. Vivaldi három más múvet is írt a francia király tiszteletére: egy kantátát, egy másik szerenádot meg egy Te Deum-ot (e két utóbbi ma elveszett).

(2): «a leggrandiózusabb és a legérdekesebb a három szernád közül” (Nanie Bridgman).

(3): Az Erény kisérletével, az állandó vandorlásban megfáradt Aranykor találkozik a Szajnával, aki vezeti őket a francia király udvarához, ahol harmoniát és békét találnak végre. Nahát!

(4): Jonathan Cohen többek között az Arts Florissants francia együttes társkarmestere William Christie mellett.



 

De l´auteur des Quatre Saisons, on retient généralement ses oeuvres concertantes, des oeuvres religieuses et, tout au plus, quelques opéras. Ce que l´on sait moins est qu´il composa également des sérénades. Sorte d´intermédiaire entre la cantate, l´oratorio et l´opéra, la sérénade était un genre nouveau apparu au milieu du XVIIème siècle en Italie, puis à Vienne, genre qui connut alors une grande vogue. Il s´agissait d´oeuvres de circonstance données à l´occasion de grands événements. Elles étaient généralement écrites pour orchestre, continuo et solistes en nombre réduit, ces derniers représentant des figures allégoriques. Vivaldi en composa huit, dont trois nous sont restées. Telle la „Seine en Fête” („La Senna Festeggiante”) donnée ce soir. Autre originalité: elle fut composée à la gloire du jeune roi Louis XV pour célébrer les excellentes relations qui régnaient alors entre Venise et la France et fut donnée à l´occasion de la réception du nouvel ambassadeur de France à Venise (novembre 1726).. Bref, la diplomatie par la musique ! (2) Mais au-delà, Vivaldi avait probablement une autre motivation. Parvenu au faîte de sa gloire en ces années 1720, ses compositions étaient jouées un peu partout en Europe, tels nos „tubes” actuels, notamment et surtout à Paris où elles connurent un vif succès. Il aurait alors souhaité par ce geste nous rendre la politesse.


Réception de l´Ambassadeur de France, le 4 novembre 1726 (Canaletto)

 

Les habitués de l´Orchestre du Festival savent qu´une formation baroque a été créée au sein de l´orchestre, jouant sur instruments anciens. Une des nombreuses initiatives de son chef Iván Fischer, à saluer. C´est à cette formation qu´a été confié le concert de ce soir, placé sous la direction du Britannique Jonathan Cohen, spécialiste de la musique baroque. Accompagnés de trois solistes: la soprane Emőke Baráth, la contralto italienne Sonia Prina et la basse anglaise Brindley Sherratt. Solistes censés représenter trois personnages: l'Âge d'Or, la Vertu et la Seine (rôle confié à la basse), Le tout sur un livret, dit-on quelconque, mais dont la musique est généralement louée par la critique (2). A découvrir, donc. Une oeuvre divisée en deux parties avec des références à la musique française. La Seine, voilà qui tombe bien pour être célébrée par la soprane hongroise Emőke Baráth (aujourd´hui l´une des plus en vue sur la scène européenne). Puisqu´elle a récemment séjourné dans notre capitale pour s´y produire au Théâtre des Champs Élysées. Alors?


     

Le cadre, tout d´abord: la salle de l´Académie de musique qui, par son côté convivial et sa riche décoration, se prête idéalement à ce type de concerts. Et l´oeuvre? Disons-le d´emblée: ce fut une révélation. Très rythmée, par moments proche de la danse (tel ce menuet en rythme pointé dans la seconde ouverture, largo alla francese) et marquée par une forte dynamique, la partition de Vivaldi offre tout en même temps un grand raffinement et une grande finesse. Élégance et grace où il est aisé de déceler les allusions au style français. Mais rappelant également, par la fraîcheur de ses airs entraînants, les grands oratorios du prêtre de Venise. Une oeuvre en deux parties, chacune précédée d´une ouverture, introduites et clôturées par un choeur (formé par les trois solistes). Chaque partie offrant une succession d´airs et de duos (soprane-contralto). Seule petite réserve: le livret de Domenico Lalli, emphatique. Mais c´était, semble-t´il le goût de l´époque (3).

L´ensemble servi par une équipe brillante. Nous ne saurions ici qui citer en premier, tant toutes et tous excellaient: l´orchestre, le chef et les solistes. Commençons par les solistes. Tous trois disposant de solides références sur les grandes scènes internationales et grands festivals, ils nous ont littéralement séduits par la beauté et la clarté de leur voix. Apparemment à l´aise dans ce type de répertoire. Soutenus par un orchestre - en formation réduite - aux sonorités d´une grande finesse, notamment chez les bois aux timbres délicieux. Le tout animé au clavecin par un chef parfaitement rodé à ce genre de musique (4).

Une soirée de découverte bien agréable où, malgré la longueur de l´oeuvre, nous n´aurons pas vu le temps passer. Bien au contraire. Évidemment fort appaludie par un public visiblement conquis.

Pour conclure nous évoquerons une fois de plus la prouesse déployée par les musiciens d´Iván Fischer, à même de passer avec le plus grand naturel de leurs instruments modernes à des instruments anciens, pour nous plonger tantôt dans le monde délicieusement surané de la musique baroque, tantôt dans celui, plus imposant, des grandes masses symphoniques. Ce que bien peu d´ensembles sont à même de réaliser. Et ce toujours avec le même bonheur et pour notre plus grand plaisir. Tel celui qui nous a été procuré ce soir.


 

Perre Waline, 12 janvier 2020

(1): Jacques-Vincent Languet de Gergy. Cérémonie immortalisée par une célèbre toile de Canaletto. Vivaldi composa également en l´honneur du roi de France une cantate, une autre sérénade et un Te Deum (ces deux derniers aujourd´ hui perdus).

(2): «la plus grandiose et la plus intéressante des trois sérénades» (Nanie Bridgman).

(3): accompagné par la Vertu que lui a envoyé le ciel, l´Âge d´Or erre désespérément à la recherche de la splendeur d´antan. C´est la Seine qui leur permettra de retrouver paix et harmonie, en les menant à la cour du Roi…. Et voyons donc!

(4): Jonathan Cohen a été entre autres choisi par William Christie pour co-diriger avec lui l´ensemble des Arts Florissants.



 

Furcsák ezek a franciák! Nagyon erős náluk a királyi hagyomány, amióta kivégezték a királyukat! Így van például Vízkeresztkor, amikor az egész országban minden családnál és minden munkahelyen királyt választanak (ill. kisorsolnak...) Igaz, hogy csak egy napra.…

„Tirer les rois” - a „Király kisorsolása” - egy olyan fontos hagyomány, sőt igazi ritus, hogy eddig egyszer sem tudtam kikerülni életemben. Január 6-án délután összeülnek a barátok, kollégák vagy rokonok és felvágnak egy tortát, a „galette des rois”-t. Ez egy finom mandulakrémmel töltött sütemény, amelybe elrejtenek egy kis porcelánfigurát („la fève”- babszem). Az, akinek jut a kis figura (..jaj, a foga!..), ő lesz a „király”. Ennyi az egész. Persze, azért január 6-án, mert pont akkor van a Háromkirályok ünnepe.


 

Ez a hagyomány nagyon messzire nyúlik vissza, a római korba. Akkor az év végén, szokás volt ünnepelni Szaturnuszt, az álom istenét, aki pont abban az időszakban, a téli napfordulót előző hetekben, felébredt. Ez ünnep alkalmából (szaturnáliák), a feje tetején állt a világ. Így például, felcserélték a szerepeket és a rabszolgák között választottak egy királyt egy un. „saturnalicius princeps »-et. Ezt minden családnál megtették, s állítolag babszemekkel szavaztak. Ezért így ünnepelték az istenséget, hogy szépen aludjon és ne okozzon botrányt az év többi 11 hónapján át.

Onnan jön tehát eredetileg ez a tradició, a középkortól napjainkig. Bár a középkorban még nem annyira elterjedt és más jelentéssel bírt: ezzel ünnepelték pl a frissen szült új anáykat. Aztán eltejedt a francia királyok udvarában, ahol a karnévál idejében választottak egy álkirályt.

Mikor terjedt-e általánosan és mikor a Háromkirályokhoz kötödött-e? Azt nem tudjuk pontosan. Valószínüleg a XVIII-ik század végén. (Hiába tiltották a forradalom alatt, akkor is divatba jött).

Szóval, ennyit erről a szép hagyományról. Mai napig fenn áll, s nemcsak Franciaországban, hanem Belgiumban, Svájcba és a kanadai Québec tartományban meg a katalanoknál is – bár náluk kissé más formában. Sőt azt mondják, a Nouvelle Orléans (New Orleans) amerikai államban (amely valamikor francia gyarmat volt) is fennáll – de ott inkább a karnevál alkalmából...

Ami a receptjét illeti, sok változata van. A lényeg: legyen benne 2/3 mandulakrém meg 1/3 vaniliás-/cukrászkrém (crême pâtissière). Variálni lehet, pl almakompóttal... Egy dolog biztos: nagyon finom, de .. hízlal !...

Szóval.... BON APPÉTIT ! .... és ... ÉLJEN A KIRÁLY !

(Pesten is kapható, francia pékeknél...)


PW – 2015/2018/2020 január


 

Ce 6 janvier, nos compatriotes vont, comme chaque année, „tirer les rois” autour de cette fameuse et si délicieuse galette. Une tradition bien ancrée, au point qu’elle se patique tout autant sur les lieux de travail qu’entre amis ou en famille. Une coutume dont l’origine remonte aux plus anciens temps. Déjà sous les Romains, l’habitude était prise en fin d’année de célébrer Saturnus, dieu du sommeil.

En cette occasion (saturniales), probablement dans l’espoir de voir le dieu préférer garder le sommeil et laisser son petit monde en paix sur les 11 mois restants, le monde romain était littéralement tombé sur la tête. C’est ainsi qu’inversant les rôles, les esclaves étaient invités à élire, pour le temps de la fête, un roi, le „saturnalicius princeps », l’élection se déroulant à l’aide de fèves.

Tradition reprise en partie au Moyen-Âge, mais plutôt pour y honorer les jeunes mamans venant d’acoucher. C’est en fait plus tard, lors du carnaval, qu’elle se répandit, dans un premier temps dans les cours princières et royales où l’on élisait pour un jour un roi de farce. Tradition qui commença à se répandre dans la population vers la fin du XVIIIème siècle, au point qu’elle continua à se pratiquer durant la Révolution malgré son interdiction. Une tradition au demeurant suivie non seulement en France, mais en Belgique, en Espagne et au Portugal, voire au Québec, à la Nouvelle Orléans et, sous une variante légèrement différente, en Amérique latine. (Pour ce qui nous concerne, nous autres Français, il est au passage cocasse de voir si attaché à cette tradition un peuple qui n’a pourtant pas hésité à trancher la tête de son roi... Mais bon, ne pinaillons pas!...)

Bien que destinée à célébrer la visite des trois Rois Mages auprès de l’Enfant Jésus, on pourrait davantage y voir une tradition païenne.

Rien à voir avec ce qui se passe en Hongrie ce même jour. Ici, sous le nom quasiment intraduisible de Vízkereszt (eau baptismale), la tradition repose sur une base plus fidèle à la religion. Pour célébrer la visite des Mages, bien sûr, mais aussi le baptême du Christ.

Pour fêter donc symboliquement l’eau du baptême. Une eau (bénite) à laquelle on attribuait autrefois des vertus curatives et que l’on faisait boire aux aninaux pour les préserver de la maladie tout au long de l’année. Mais les paysans s’en aspergeaient souvent eux-mêmes, voire en répandaient sur les berceaux et en versaient sur le sol devant leur maison.  A cette occasion étaient inscrites sur la façade des maisons le trois lettres G + M + B  correspondant aux noms des trois Mages. Cérémonie qui se déroulait en présence du curé.

Si aujourd’hui, la tradition n’est plus guère répandue, sinon peut-être symboliquement dans les campagnes, il n’en demeure pas moins que la fête revêt un certaine importance en Hongrie, immanquablement évoquée dans les médias.

Une association curieuse entre le bapême du Christ (alors adulte) et l’Enfant Jésus qui peut surprendre, certes, mais a peut-être sa logique. Une fête non seulement célébrée dans la Hongrie catholique (et probablement dans les pays voisins), mais surtout dans le monde orthodoxe où elle revêt une importance particulière.

 Galette d’un côté, eau bénite de l’autre... Pour ma part, je pendrais bien des deux. Tiens, pourquoi pas une galette arrosée d’un peu d’eau bénite ? Ce qui, du même coup, en faciliterait la digestion et ferait le bonheur des diabétiques. Qui sait?

PW – janvier 2017/2019/2020

Célébré aujourd´hui le premier janvier pour débuter la nouvelle année calendaire, le Jour de l´An a revêtu par le passé une toute autre forme. Fêté à l´origine pour célébrer le renouveau de la nature, donc le printemps. Tout d´abord dans la Babylone antique, puis chez les Egyptiens lors de la crue du Nil, promesse de fertilité. Enfin chez les Romains où il correspondait, comme chez les Hébreux, au mois de mars. C´est Jules César qui, en 45 avant notre ère, décida de le consacrer à Janus (Janvier), dieu à double face, pour symboliser la transition entre le passé et l´avenir.

 

Tradition qui fut loin d´être reprise par la suite, la date retenue pour débuter l´année variant selon les époques. Tel, chez nous, Noël sous Charlemagne ou encore le jour de Pâques sous les premiers rois captétiens. Ce n'est qu´au XVIème siècle que Charles IX la fixa au Premier janvier, suivi du pape Grégoire XIII, dans un souci d´harmonisation des fêtes religieuses. Mais une date qui fut loin d´être généralement respectée en fonction des coutumes locales. Sans parler de la Révolution qui la fixa au 1er Vendémiaire, période des vendanges.

Comme l´on voit, une évolution particulièrement confuse. De plus, pour compliquer le tout, un Nouvel An aujourd´hui encore différemment célébré chez certains peuples. Tels les Chinois, qui le fêtent entre la mi-janvier et la mi-février, ou les Tibétains en février. Dans la religion Juive, la nouvelle année "Roch Hana" se fête en septembre-octobre. Sans parler du décalage entre les calendriers grégorien (église catholique romaine) et julien (églises orthodoxes).

Malgré tout, si chacun continue à respecter sa propre tradition, le Premier Janvier - souvent jour férié - se fête aujourd´hui de façon pratiquement généralisée. Habitude qui s´est amplifiée avec la multiplication des médias. De sorte que chacun peu désormais suivre vingt-quatre heures durant sur son écran la fête d´Aukland à Anchorage...

Mais ici encore, les coutumes varient considérablement, parfois surprenantes. Marquant généralement un souhait de prospérité. Tout d´abord (Japon, Russie, Pologne) en s´efforçant de se libérer de ses dettes. Chez nos voisins anglais, il est recommandé de se glisser dans la poche une pièce de monnaie et une pincée de sel pour se garantir richesse et nourriture. Pratique du «First footing» en Écosse: bonheur assuré à celle ou celui qui franchira le seuil en premier. Moins discret, le tapage pratiqué dans les rues de Sidney en frappant sur des casseroles (faire fuire les mauvais génies?). Au Pérou, en choisissant la couleur du vêtement porté ce jour-là selon ses souhaits (rouge pour l´amour, jaune pour l´argent). Chez nos voisins espagnols en avalant un grain de raisin à chaque coup de minuit. Embrassade sous le gui en France. Et caetera, et caetera… Encore que je doute que ces traditions soient aujourd´hui suivies à la lettre. Sans parler du réveillon dont le menu est également très variable d´un pays à l´autre. Ce qui demeure commun est, où que l´on soit, le lancement d´un feu d´artifice accompagné d´illuminations. Suivi de bals jusqu´à l´aube.

Et, une fois les lampions de la fête éteints? Pour peu que l´on ait recouvré tous ses esprits, visite auprès des parents et proches pour un échange de voeux (qui avaient déjà été formulés par l´envoi de cartes ou de messages). Pour ce qui nous concerne de façon plus rapprochée, n´omettons pas d´évoquer une coutume bien sympathique: le fameux concert du Nouvel An donné le matin à la Philharmonie de Vienne. Suivi le soir de la Création de Haydn donnée à Budapest. Budapest où la foule, accompagnée de nombreux touristes, se précipite à minuit vers le Pont de Chaînes pour applaudir le feu d´artifice donné sur le Danube. Non sans avoir parcouru en tous sens les rues de la ville, armée de trompettes et petits chapeaux en carton, certains n´hésitant pas à se munir de pétards, malgré une réglementation sévère. Habitude dangereuse, sans parler de la peur qu´elle provoque auprès des animaux, notamment des chiens, dont beaucoup prennent la fuite cette nuit-là.

Et tout cela pour fêter quoi au juste? Somme toute une nuit comme une autre. Certes agrémentée de promesses et de voeux en tous genres. Qui seront tenus jusqu´à quand? A voir… Une occasion, par contre, à saluer: celle de revenir sur les événements de l´année écoulée, notamment d´évoquer la mémoire des personnalités, amis et proches qui nous ont quittés.


Bonne Année, BUÉK (1), à toutes et à tous!

Pierre Waline, 30 décembre 2019

(1): abrégé de „Boldog Új Évet Kivánok” („Je vous Souhaite une Bonne Année”) en hongrois.



 

 

Remontant au IVème siècle, la célébration de la Nativité fut fixée, comme on sait, au solstice d´hiver. Date précédemment choise par certains peuples païens pour célébrer la renaissance du soleil. Certes. Mais, au-delà de ce symbole, que signifie donc Noël? Pour les chrétiens croyants, la venue sur terre de celui qui, fils de Dieu, nous apportera par son sacrifice sur la Croix la rédemption et un message d´amour. Message d´amour … et d´humilité, si l´on se réfère aux circonsatnces de la naissance de Jésus rapportées dans les Évangiles. Pour les autres, une occasion de faire également passer ou renouveler un message d´amour, partant de participer à une sorte de purification et de renouveau. Du moins est-ce ainsi que je le perçois.

 

 

Et c´est ainsi que la naissance du Christ fut célébrée au cours des siècles. Pour se voir progressivement élargie en fête universelle, sorte de trêve sacrée consacrée à la paix entre les hommes. Une célébration qui fut suivie au XIIIème siècle par l´instauration de crèches vivantes, par la suite mutées dans les familles en cette crèche traditionnelle que nous connaissons de nos jours. Devenue par assimiltation la fête des enfants avec remise de cadeaux. Des cadeaux le plus généralement délivrés, sous différentes variantes, mais toujours entourées de mystère et de magie, par le Père Noël ou Santa Claus, émanation de St Nicolas apparue au XIXème siècle (1). Telle est la fête que nous avons connue dans notre enfance.

 

 

Qu´en est-il aujourd´hui? Avec la multplication des centres commerciaux, la propagation à outrance des spots publicitaires sur les médias, Noël semble avoir beaucoup perdu de son sens. Mis à part dans les milieux pratiquants, et encore !… Certes, une fête pour beaucoup déchristianisée, devenue fête populaire. Mais là n´est pas le plus grand mal, au contraire, pour peu que l´on en respecte le caractère sacré, du moins au sens figuré du terme. Le mal vient de son exploitation par le monde du commerce dans cette société de consommation effrénée où nous vivons aujourd´hui. Et sans aucun respect pour la préparation, de nombreuses annonces et mises en vente s´effectuant dès le mois précédent. Quant à cette ambiance de magie avec cette délicieuse attente de la surprise qui fascinait jadis les enfants, n´en parlons plus! Beaucoup accompagent désormais eux-mêmes papa et maman pour assister à l´achat du cadeau. Qui, certes, ne leur sera remis que le 25, mais le charme est rompu.

Malgré tout, ne soyons pas si pessimistes. Grâce à Dieu, on trouve aujourd´hui encore de nombreux foyers, pratiquants ou non, qui s´attachent à respecter la tradition. Sans parler, heureuse consolation, de ces beaux chants de Noël encore entendus non seulement dans nos églises et nos temples, mais sur les ondes ou sur la voie publique (2). Jusqu´à quand? Peut-on espérer un retour progressif des jeunes générations vers la coutume de jadis? Ne croyons pas trop au Père Noël !…

Malgré tout: Bonne Fête de Noël… et d´Hanoucca à nos amis israélites!

 

Pierre Waline, 24 décembre 2019

 

(1): le Télapó des Hongrois, mais un pays où c´est encore, dans certaines familles, le Petit Jésus (Jezuska) qui apporte les cadeaux…

(2): encore que j´aie récemment dû subir une version pop du Stille Nacht….

A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Francianyelv.hu felolvasó