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Le chef hongrois Iván Fischer fêtait ce 20 janvier ses soixante-dix ans. Le temps passe… Et pourtant, toujours aussi débordant d´énergie. A cette occasion, trois orchestres lui ont concocté une soirée digne de l´évènement. L’Orchestre du Festival de Budapest, l´Orchestre du Concertgebouw d´Amsterdam et l´Orchestre du Konzerthaus de Berlin. Le premier dont il est le co-fondateur et directeur musical, les deux autres dont il est le chef invité d´honneur permanent. Au programme, la Huitième de Beethoven, ainsi que des extraits de la Première („Titan”) de Mahler, des Noces de Figaro, de Falstaff et d´oeuvres de sa composition dans le cadre d´un film spécialement réalisé pour la circonstance.

Pour un cadeau, ce fut un beau cadeau. De Budapest à Berlin en passant par Amsterdam, ce fut presque deux heures durant un flot quasiment interrompu de musique, agrémenté de témoignages et messages d´amitié. Des amis issus des horizons les plus variés, tous on ne peut plus chaleureux dans leur propos. De Simon Rattle au pianiste Emanuel Ax, de l´écrivain hongrois György Spiró au compositeur György Kurtág, de la violoniste Tabea Zimmermann aux chanteuses Elisabeth Kulman et Anna Prohaska et bien d´autres encore, sans oublier David Bazen, directeur du Concertgebouw, voire la chanpionne d´échecs Judit Polgár. Auxquels se sont associés plusieurs solistes de l´Orchestre du Concertgebouw. Une illustration musicale également riche et variée. Avec pour temps fort la Huitième de Beethoven dans son intégrale, enregistrée lors d´un concert donné à Amsterdam. Mais aussi deux extraits d´opéras produits à Budapest dans un mise-en-scène de Fischer: Les Noces de Mozart et Falstaff de Verdi. (Un souvenir particulièrement attachant: l´évocation du concert donné à Berlin pour l´anniversaire de la chute du Mur.) Le plus intéressant fut de découvrir à cette occasion trois oeuvres écrites par Fischer: une cantate, un opéra (extrait) et une suite de danses (1). Oeuvres pour nous totalement inédites, empreintes d´une certaine élégance, à l´image de leur auteur, qui, par moments, ne sont pas sans évoquer de loin un Schönberg (la cantate yiddishe) ou encore Bernstein ou Stravinsky (le ragtime). Et pour clôre brillamment le tout, le final de la première symphonie de Mahler donnée en concert à Budapest.

Un montage habilement conçu pour mettre en relief les mille facettes du personnage, du chef au compositeur en passant par le metteur-en-scène, et ses qualités d´animateur non dépourvu d´humour (n´hésitant pas par moments – opéra – à faire danser et chanter sur scène ses instrumentitses). Mais surtout nous le présentant tel qu´il est, en homme de coeur à l´esptit ouvert et généreux, non départi de ce sourire qui nous le rend si proche, si attachant. Bon anniversaire, donc!

 

Et la veille, le 19, c´était au tour du chef György Vashegyi et de son Orchestre Orfeo de nous offrir un concert-anniversaire. Pour les trente ans de la formation dont il fut le fondateur (2). Un programme de rêve (Haydn, Mozart) et des solistes de rêve: le jeune pianiste Mihály Berecz et la soprane Emőke Baráth, tous deux figurant parmi nos interprètes favoris (3). Au programme: Le retour de Tobias, ouverture, et Scène de Bérénice (Haydn), le 23ème concerto en la K488 et la 39ème symphonie K543 de Mozart. Un concert qui aura surtout brillé par la prestation des solistes. Mihály Berecz jouant sur un pianoforte, copie d´un instrument d´époque, dans ce merveilleux 23ème dont l´émouvant adagio, souvent comparé au largo du 21ème, constitue l´un des plus beaux morceaux que nous a laissés Mozart. L´instrument aidant, le jeune pianiste nous a offert un jeu agréable, clair et lumineux. Mais c´est aussi et surtout la soprane Emőke Baráth que nous devons ici louer. Particulièrement expressive dans un air au ton dramatique, mais également à l´aise pour passer des notes les plus graves aux plus aigües (dermières mesures). Quant à l´orchestre, rien à redire: clarté des sonorités, notamment dans les rangs des cuivres et des bois. Moyennant toutefois une légère réserve: pourquoi, dans la symphonie en mi bémol, avoir pris ce tempo si rapide dans le menuet, estompant ainsi quelque peu son côté majestueux? Un regret: l’absence du choeur Purcell, initialement prévu, mais auquel le chef a dû renoncer en raison de la pandémie. Et puis, cette petite note de dépit, mais aussi d´admiration, de voir ces musiciens jouer sans public et masqués. Dans la salle Jugendstil vide, mais si belle, de l´Académie de musique (Zeneakadémia).

Revenant sur le passé de sa formation, György Vashegyi n´a pas manqué d´évoquer, une fois de plus à cette occasion, son goût prononcé pour la musique baroque française. Des compositeurs souvent méconnus qu´au-delà des Rameau et autres Lully, il s´emploie à révéler au public en les inscrivant régulièrement au programme de ses concerts. Également par des enregistrements, dont plusieurs loués par la critique et primés. Une action de promotion qui se traduit par une collaboration étroite avec le Centre de Musique baroque de Versailles, dont les solistes se produisent régulièrement à Budapest. Répertoire qu´il entend prolonger aux compositeurs de notre répertoire classique et romantique. Mais une ouverture qu´il entend également étendre aux compositeurs d´autres horizons, notamment de Hongrie. C´est ainsi que Vashegyi nous annonce la prochaine mise en place d´un „Centre Haydn” voué aux compositeurs hongrois des périodes baroque et classique, un peu à l´image du Centre de Versailles.

Comme l´on voit, un anniversaire qui consacre non seulement trente années de représentations sur les scènes de Hongrie et d´Europe, mais aussi une intense activité de recherches et de promotion dans le domaine de la musique baroque, voire des répertoires classique et pré-romantique. Voilà qui méritait bien d´être fêté ce soir. En attendant la suite...

Des anniversaires comme ceux-là, on en redemanderait. A quand le prochain ? (4)

Pierre Waline, 21 janvier 2021

(1): „Eine Deutsch-Jiddische kantate”, „Tsuchigumo, opéra satirique” (chanté par sa fille Nora), „Suite de danses, bossa nova, ragtime, tango, boogie-woogie”

(2): premier concert donné en avril 1991 avec l´Orfeo de Monteverdi (d´où son nom).

(3): La soprane hongroise Emőke Baráth est bien connue du public parisien pour s´être produite une saison au Théâtre des Champs-Élysées. Sans doute l´une des meilleures sopranos en Europe à l´heure actuelle.

(4) A commencer par le centenaire Cziffra (évoqué dans ces colonnes, cf. „Après Beethoven, Cziffra. Ce Hongrois qui choisit la France”, 30 décembre) 

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