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Les mélomanes le savent bien, les dynasties et fratries sont kyrielle dans le monde de la musique. A commencer par les Bach jusqu´aux Strauss en passant par les frères Haydn. Et, plus près de nous, les Casadessus, frères et soeur Fontanarosa ou encore les surmédiatisés frères Capuçon. Sans compter, pour la Hongrie, le couple Ránki-Kukon et leur fils. Mais, pour rester en Hongrie, il en est que j´ai particulèrement à coeur d´évoquer, non seulement pour la renommée qu´ils se sont acquise, mais aussi pour la sympathie qu´ils suscitent: les frères Ádám et Iván Ficsher, tout deux chefs d´orchestre reconnus de par le monde. Si le cadet Iván se taille la part du lion avec son Orchestre du Festival (1), Ádám n´est pas en reste, loin de là, sollicité par les plus grandes formations et opéras (Scala, Covent Garden, un moment directeur musical à Vienne), auteur de nombreux cd et dvd.

    

Mais un mot, tout d´abord, sur la famille. Ils sont trois: Ádám (1949), Iván (1950) et Eszter (1953). Le père Sándor, lui-même musicien, spécialisé dans la composition de musique de scène, par ailleurs traducteur de pièces et livrets. Mais n´ayant pas vraiment réussi à percer. Un homme autoritaire, mais un père attentionné, tenaillé par la volonté de faire de ses enfants des musiciens hautement formés. Habitant face à l´Opéra, il les emmena dès leur plus jeune âge assister à des représentations. Les y préparant en leur jouant au piano des passages de l´oeuvre donnée et leur en expliquant le livret. Ce dont tous deux se souviennent avec émotion et gratitude. Paradoxalement, c´est pour Ádám, et non Iván qu´il envisageait une carrière de chef d orchestre. Comme l´a très justement fait remarquer la petite soeur: „Ádám est devenu chef parce que mon père le voulait; Iván est devenu chef, parce que mon père ne le voulait pas.„(2)s Eszter qui, pour sa part, s´est bien sagement gardée de suivre ses frères pour se faire médecin. Une remarque qui illustre bien la différence de caractère entre les deux hommes: l´aîné obéissant et discpliné; le cadet de tempérament indépendant et résolu. Un autre nom qu´il nous faut évoquer, celui du cousin György (Georges), également musicien, établi à l´ étranger où il fit une carrière honorable, notamment comme assistant de Karajan. Un cousin plus âgé qui ne manqua pas de soutenir ses proches, notamment en partcipant financièrement au séjour que les frères entreprirent à Vienne pour y suivre leur formation. A ce propos, un point commun: tous deux formés par le chef autrichien Hans Swarowsky, lui-même d´origine hongroise. Enfin, il ne faut pas oublier la fille d´Iván, Nóra, soprano reconnue qui se produit parfois avec son père.

A noter que tous deux sont aujourd´hui pleinement engagés pour la défense des valeurs de liberté et de tolérance, mais chacun à sa manière. Ádám plus ouvertement et de façon plus radicale, Iván avec plus de diplomatie, mais tout aussi engagé. Ce qui se traduit par une manifestation que chacun organise de son côté chaque printemps à Budapest. Ádám en montant sur la place de la Liberté (Szabadság tér) un grand rassemblement ouvert à tous pour entonner ensemble l´Ode à la joie de Beethoven, à la fois hymne à la Liberté et clin d oeil vers l Europe. Iván, rassemblant sur la place des Héros (Hősök tere) des centaines de jeunes issus de milieux défavorisés (dont la moitié de Roms) pour danser ensemble au son de l´orchestre. Ce qu´il appelle „TértáncKoncert” („Danse sur la place”). Ayant par ailleurs lancé la formule „Passerelles à travers l´ Europe” („Európai Hídak”) où est désigné chaque saison un pays européen invité, avec le message explicitement formulé: „Jeter un pont entre les différents peuples d´Europe pour une meilleure connaissance mutuelle et une plus grande tolérance à travers la musique”. A la différence de son frère, établi à Hambourg (mais qui se produit fréquemment en Hongrie), Iván est resté lié à sa terre natale où il monte régulièrement avec ses musiciens des concerts gratuits dans les hôpitaux, maisons de retraite, écoles, églises et synagogues, pour les jeunes, les moins jeunes, les familles et enfants autistes.

Sur un plan purement musical, on notera le montage par Ádám de Journées Wagner (Tétralogie) qui se tiennent chaque année à Budapest. Resté fidèle à sa patrie d´origine (il possède la double nationalité), Ádám s´efforce également de son côté de favoriser l´ouverture de son pays vers l´extérieur, telle la fondation d´un Orchestre austro-hongrois au répertoire duquel sont inscrites les symphonies de Haydn, avec la tenue d´un Festival Haydn au palais des princes Esterházy..

                 

S´il nous fallait absolument souligner une différence, je relèverais peut-être une touche de fantaisie et d´ humour plus prononcée chez Iván. Iván qui a pris l´habitude de mettre lui-même en scêne les opéras qu´il monte chaque année sur la scène du Palais des Arts (Mozart, Monteverdi). Mises en scène souvent empreintes d´une légère touche d´humour. Un exercice auquel il semble prendre grand plaisir et dont il se sort avec talent. Autre coutume désormais bien ancrée, presque un rite, celle, en guise de bis, de faire chanter ses musiciens en choeur, le plus souvent dans un programme inédit (donner un choeur de Fanny Mendelssohn pour conclure un concert consacré a son frère, ou de Clara pour un concert Schumannn). Puisque nous avons parlé d´humour, l´Angleterre, pays invité pour la saison qui débute, et réputée son son fameux humour, constitue pour lui un prétexte rêvé pour nous lancer de temps à autre quelque petit clin d´oeil facétieux. Celles et ceux qui le suivent sur les réseaux sociaux l´auront pas exemple vu chez lui nous présenter … sa tortue, ou encore, actualité oblige, un masque de sa fabrication destiné aux mélomanes (muni de grandes oreilles). Ce qui ne l´ empêche de se montrer sérieux et concentré du moment qu´il monte au pupitre et prend la baguette. Sérieux, mais ne se prenant nullement au sérieux (3), Vivant en parfaite entente avec ses musiciens, notamment lors des tournées, empreintes de convivialité. Je ne sais ce qu´il en est chez Ádám. Toujours est-il qu´il nous avoue lui-même avoir eu quelques difficultés à éviter les petites rivalités lors de la création de son orchestre austro-hongrois (ce qui ne les empêche d´avoir enregistré ensemble une belle intégrale Haydn).

Alors? Alors rien. Tout a été dit. Sinon que nous bénissons chaque jour le ciel (et le papa...) de nous offrir d´ un coup deux chefs de cette qualité. Avec un léger faible pour le cadet du fait de sa proximité. Ce qui ne retire rien au mérite de l´aîné….

Encore de belles soirées en perspective (pour peu que ce maudit virus nous laisse enfin un peu souffler)

Pierre Waline, 22 septembre 2020

(1): qu´il fonda en 1983 avec Zoltán Kocsis.

(2): source „Zenekar az egész világ”, András Oplatka, Ádám Fischer, Éditions Libri („”Le monde eentier est un orchestre”)

(3): je peux en témoigner personnellement, ayant eu à deux reprises la chance d´échanger quelques mots en tête â tête avec lui… Gardant le souvenir d´un homme affable, ouvert, attentif aux autres.

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