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Merveilleuse soirée dimanche (17 février) au palais des Arts de Budapest. Au programme: Les Noces de Figaro dirigées et mises en scène par Iván Fischer à la tête de son orchestre du Festival.

„Mises en scène”... je dirais plutôt „animées”. Mais quelle animation! Une originalité: le chef dirigeait sans partition, ce qui lui permettait de se déplacer à loisir tout le long de la représentation. Un exploit, quand on sait la longueur de l’oeuvre. Autre trouvaille heureuse: l’orchestre était placé sur la scène, réparti en quatre groupes entourant une petite estrade. Musiciens auxquels se mêlaient les acteurs et choristes. Le tout agrémenté de beaux costumes et éclairages judicieusement dosés. Des costumes qui jouaient en l’occurrence un rôle essentiel et servaient même de décor, véritable pièce maîtresse de l’oeuvre dans la conception qu’en a Iván Fischer: mettre en avant cette ambigüité troublante qui règne tout au long de l’oeuvre de Beaumarchais. Vêtements sans cesse échangés entre des acteurs se mutant de jeune officier frais émoulu en paysanne (Cherubin), de servante en maîtresse (Suzanne) ou d’épouse fidèle en amante (la Comtesse).

Fort de sa liberté de mouvements, Iván Fischer, tantôt assis, tantôt debout, ne se privait pas de se déplacer au milieu de ses musiciens, esquissant par moments comme des pas de danse. Ce qui n’en donnait que plus de vie à la représentation et, surtout, nous permettait d’apprécier pleinement la précision de sa direction. Bien évidemment, tout cela était imposé par le cadre de cette salle de concert - au demeurant fort belle - qui n’est pas un opéra. Rendons hommage au chef-metteur en scène qui a su en tirer le meilleur parti.

Je dirais même „tant mieux”. Car le cadre d’une scène relativement limitée a été précisément l’occasion de nous offrir une version allégée de l’oeuvre, du coup plus proche et plus vivante, moins encombrée. A titre de comparaison, je venais de voir quelques jours plus tôt une version traditionnelle de Don Juan à l’opéra de Budapest. Fort bien chanté et offrant de somptueux décors, et pourtant... j’avoue m’y être quelque peu ennuyé. Un jeu un peu lourd, voire tombant par moments dans un mélo surrané (un commandeur qui, touché à mort, se laisse doucement choir au sol pour ne pas se faire mal, du genre „Ah, je meurs, ah, je suis mort!”, ou encore le manque total de surprise de ses poursuivantes lorsqu’il s’avère que c’est Leoporello qui se cache sous le costume de son maître, du style un peu nunuche „Ah, tiens, ce n’est donc pas Don juan?”). Bref un manque total de vie.

Quel contraste avec la représentation des Noces!

Un autre bon point. Cette équipe de jeunes chanteurs aux voix fort belles et au registre (et physique) parfaitenent adaptés à leurs rôles respectifs; et surtout qui „jouaient”, au sens premier du terme, s’en donnant à coeur joie. Une équipe très „internationale”, jugeons-en: une Suédoise, une Israélienne, deux Allemands, un Britannique, une Irlandaise, deux Français, une Américaine d’origine roumaine et un Italien! Qui dit mieux? Ce qui n’en a rendu le spectacle qu’encore plus sympathique, conférant aussi à l’ensemble comme une ambiance de festival (au sens propre, je veux dire „festive”). Ce n’est pas pour rien qu’Iván Fischer a baptisé son ensemble „Orchestre du Festival”.

Un souhait: qu’il nous donne vite, très vite, d’autres représentations de cette trempe!

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