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S’il est vrai que les contraires s’attirent, alors quel couple idéal que le ménage franco-allemand! Voici aujourd’hui 50 ans que Charles De Gaulle et Konrad Adenauer signèrent au palais de l’Élysée un traité d’amitié qui, n’en déplaise aux observateurs sceptiques (jaloux?), dure encore et tient bon!

Un couple bien curieux, où les contrastes semblent avoir été exprès calculés par le Créateur pour le rendre plus pimenté. 

Pour n’en citer que quelques uns:

Un ménage où le Français jouerait le rôle de la femme et l’Allemand celui de l’homme (un peu .-mais gentiment – matcho). Chacun admirant d’autant plus les qualités de l’autre qu’il se sentirait incapable de les concurrencer. „Oh, France, comme tu es charmante!” dira Herr Deutsch, „tu sens bon, tu es élégante et sais faire la cuisine, comme je t’envie!” Mais d’ajouter „Reste belle et ne te mêle surtout pas de mécanique et laisse moi donc m’occuper de la voiture!...” Inversement une Miss France admirative devant le miracle allemand qu’avec son lot de grèves, manifestations et rouspétances perpétuelles, elle serait totalement incapable d’imiter. Ce serait dans les gènes.  (A ce propos, il est vari que, voyant Angela Merkel et François Hollande côte à côte, j’aurais plutôt tendance à voir l’homme dans la première et la femme dans le second..., ceci dit sans rapport avec mes opinions personnelles..(*))

Si j’ai mis cela au conditionnel, c’est bien parce que les clichés, bien vrais voici 50 ans, sont en passe de s’estomper, sinon de disparaître totalement. Car force est de reconnaître que la qualité de vie s’est considérablement développée en Allemagne sur tous les plans, tant culinaire qu’en ce qui concerne l’environnement. De même qu’inversement, mes compatriotes ne sont pas complètement allergiques à la production industrielle et savent encore fabriquer des TGV censés fonctionner. (Un point faible où la supériorité allemande reste peut-être encore flagrante: l’esprit commercial..)

Autre contraste: une conception différente du temps et de sa valeur: monochronique pour l’Allemand, polychronique pour le Français. Alors que le Français entreprendra plusieurs actions à la fois, l’Allemand ne saura les aborder que une par une. Chaque chose a „son temps” propre, tel, par exemple, le moment où l’on traversera une chaussée (vert) et celui où l’on attendra bien sagement (rouge). On ne mélange pas les deux.

Et si l’on veut continuer notre petit jeu, il me suffira de mentionner le concept de sécurité. Peu porté sur l’improvisation, l’Allemand préfèrera suivre une règle pré-établie, et ce, pratiquement dans tous les actes de sa vie quotidienne. D’où cette foison de normes et consignes. Nous autres, Français, voyons dans cette précision du règlement un signe de supériorité. Mais à y réfléchir, il s’agirait peut-être plutôt d’un réflexe de crainte. Etc, etc.

Mais peu importent ces considérations, plus ou moins fondées. Si j’évoque notre couple depuis Budapest où je réside - après avoir passé six années en Allemagne -, c’est pour tordre le cou à quelques préjugés qui semblent avoir la vie dure sur les bords du Danube. A savoir cette manie (qu’on me pardonne !...) de raisonner constamment en „nationalités”: le Français comme ci, l’Anglais comme ça, .. et patati et patata... Un exemple (entre mille): assis à la terrasse d’un restaurant avec une amie française, le serveur me demande en allemand „Was möchten Sie bestellen? (Que souhaitez-vous commander?)” Et moi de répondre en hongrois „ Kérem szépen az étlapot! (Passez-moi la carte, s’il vous plaît)”. Là-dessus, visage contrarié du serveur qui me déclare tout de go en hongrois: „Persze, Maga francia, ezért nem akar németül beszélni! (Bien sûr, vous êtes Français et ne voulez donc pas parler allemand)”. Et moi de me défendre dans les deux langues: „Magyarországon vagyunk, tehát normális, ha magyarul beszélek, nem? Wir sind in Ungarn, und es ist ganz normal, das ich  ungarisch spreche, nein? (Nous sommes en Hongrie et il est donc nomal que je vous parle hongrois, non?..). Et lui de répliquer: „Nem! Tudom,  hogy a franciák utálják  németeket (Non, je sais que les Français détestent les Allemands” (sic!). Point à la ligne, no comment... Bon, je ne dis pas que ce sympathique monsieur à l’esprit si ouvert représente une majorité, mais tout de même... (**)

Il est vrai que le raisonnement (si l’on peut parler ici de „raison”..) aurait été encore valable voici 50, voire 30 ans. Mais depuis? Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du Rhin, de la Seine et du Danube. Soyons sérieux !  

Ayant moi-même pas mal circulé et séjourné entre Paris, Londres, Bruxelles, Vienne, Francfort et Mardid, je constaterais plutôt - chez les jeunes, bien sûr, mais les aussi moins jeunes -, comme une certaine solidarité entre nos capitales. L’Eurostar et Thalys aidant, les échanges sont de plus en plus nombreux et accessibles: les Parisiens qui se précipitent sur les soldes d’Oxford Street et nos amis Londoniens en mal d’une coupe de champagne sur les Champs-Elysées: cela est devenu routine (sans parler des matchs de rugby). Même si les petites taquineries et moqueries demeurent: „Ah, ces femmes british avec leurs grands chapeaux roses et leur gelée à la menthe!”... „Et vous autres, grenouilles mangeuses d’escargots qui  ne pensez qu’à faire ripaille et tromper vos épouses!”. Personnellement,  je n’y vois rien d’inconvenant, ne sentant aucune véritable agression derrière ces boutades. Ce qu’on aurait plus de mal à saisir dans notre beau Bassin des Carpathes...

Pour en revenir à notre vieux couple. Si des différences demeurent encore entre Allemands et Français (les premiers connaissant généralement mieux notre pays qu’inversement, tourisme oblige), quel exemple !  

Souhaitons donc encore longue vie à note vieux couple, en attendant les noces de platine...

PW, 22 janvier 2013

_______             

(*): intéressant: lors des rencontres entre nos dirigeants, on  remarquera une sympathie entre des tenants de partis opposés. Giscard-Schmitt, Mitterrand-Kohl et Chirac-Schröder.. Là aussi un bel exemple...

(**): si une majorité des Français choisit non pas l’allemand , mais l’espganol en seconde langue après l’anglais, c’est tout bonnement parce que cette dernière est plus facile à assimiler (sans compter qu’elle est plus parlée dans le monde). N’allons donc pas y voir une attitude l’hostilité, que Diable!

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