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En ces lendemains de réveillon, rien de tel pour nous remonter que de débuter l´année en musique. C´est ainsi que depuis quelque temps, les concerts du Nouvel An se multiplient une peu partout. Chacun voulant désormais avoir le sien. Il est néanmoins incontestable que c´est celui qui se tient chaque année en fin de matinée à Vienne dans la magnifique salle dorée du Muzikverein qui domine la tradition. Instauré le 31 décembre 1939 par Clemens Craus, alors directeur de l´orchestre (Philharmonie de Vienne). Avec toutefois une légère ombre à notre tableau: un concert alors organisé avec la bénédiction du Gauleiter (chef nazi) de Vienne. Mais passons…. Une époque révolue, et ne nous nous gâtons donc pas la fête. Concert que Clemens Craus dirigera jusquà sa mort en 1954 (et Joseph Krips en 1946-47). Lui-même qui avait déjà monté auparavant à Salzbourg une série de concerts annuels consacrés à la famille Strauss. Une manifestation au départ exclusivement dirigée par des Autrichiens jusqu´à la mort de Willy Boskowski en 1979, le relais étant alors repris par Lorin Maazel. Dès lors, les chefs étrangers se succèderont à la tête de la formation (près d´une vingtaine), la plupart invités à plusieurs reprises. Tel l´Italien Riccardo Muti dont ce fut ce Premier Janvier la sixième participation. Un programme au départ consacré aux Strauss père et fils, qui allait peu à peu s´étendre à d´autres compositeurs. Avec les désormais incontournables „trois bis”, une polka suivie du Beau Danube bleu pour se terminer en éclat avec la fameuse Marche de Radetzky scandée par le public. Manifestation que l´on dit suivie par près de cinquante millions de téléspecteurs et internautes dans plus de quatre vingts pays.

Cette année, pour la première fois depuis sa création, le concert se sera déroulé sans public en raison de la pandémie. De quoi se faire morfondre ses plus ardents et fidèles adeptes. A priori, car il n´en fut rien. Deux heures et demie durant, Riccardo Muti et ses musiciens nous firent passer de délicieux moments, grâce entre autres aux interventions heureuses de la télévision autrichienne (ORF). Avec tout d´abord la mise en ligne d´une application permettant aux internautes du monde entier, non seulement de suivre en direct le concert, mais d´y participer en enregistrant des applaudissements que l´on pouvait entendre à la fin de chaque morceau: sept mille! Par ailleurs, pour compenser l´absence de public et animer le tout, les responsables de l´ORF se sont mis en quatre: vues de Vienne, des ses palais et de ses environs, évocations de souvenirs et personnages liés à la ville (Sissi). Et, pour „faire plus vrai”, entre acte avec diffusion d´un film sur le Burgenland, province qui fête cette année son centenaire, avec évocation de la proche Hongrie (csárdás, musiques tziganes). Également, comme chaque année, le tout animé par de belles chorégraphies (danseuses habillées par Christian Lacroix…) Sans compter, pour conférer malgré tout une atmosphère festive, une décoration florale cette année particulièrement soignée. Mais c´est bien évidemment avant tout le concert lui-même qu´il nous faut évoquer. Une interprétation vive et brillante sous la direction inspirée d´un Muti au mieux de sa forme, malgré ses quatre-vingts ans… Et des musiciens se donnant à fond dans une atmosphère empreinte de charme et de bonne humeur. Probablement par réaction, pour marquer le coup. Peut-être un des plus beaux concerts, de ceux suivis depuis de nombreuses années. Et puis, réflexion faite, le remplacement du public viennois fort sympathique, certes, mais un peu polissé, par ces milliers „d´intervenants” ne fut pas pour nous déplaire, du moins compte tenu de la situation... . Bien au contraire: un beau symbole faisant sortir la musique „hors des murs” pour la répandre de par le monde… Bref, ce fut une bien belle matinée…

Et les autres? Pour ne pas trop nous éloigner de Vienne, nous nous rendrons chez sa voisine et soeur, Budapest. Ici, le Premier Janvier est également marqué par des concerts dont nous nous bornerons à citer les deux principaux: celui donné en fin d´après-midi par la Philharmonie hongroise dans la belle salle de l´ Académie de Musique (Zeneakadémia) qui rappelle un peu celle de Vienne. Mais aussi et surtout cette tradition qui consiste à donner en soirée la Création de Haydn, ici aussi dirigée par des chefs invités. La Création, un symbole tout trouvé pour célébrer le renouveau. De plus, un chef d´oeuvre. Cette année chantée par la soprane Emőke Baráth déjà entendue dans ce rôle (Ève), bien évidemment merveilleuse. Malheureusement sans public (concert retransmis sur le net).

Finalement, malgré la morosité liée aux contraintes de la situation et le souvenir d´une mauvaise année 2020, nous aurons passé pour notre part un Premier Janvier bien agréable, voire avec une légère note d´optimisme, comme l´a exprimé Riccardo Muti dans son allocution de voeux. En attendant la prochaine édition qui sera confiée à Daniel Barenboim (un habitué qui, comme Muti, entrera dans sa quatre-vingtième année, mais toujours en bonne forme). Un souhait, pour teminer: pourquoi pas, un jour, voir le concert confié a notre ami Iván Fischer? Compte tenu de ses inégalables dons d´animateur, sans compter son prestige en tant que chef, voilà qui nous remettrait d´aplomb. Puisque c´est l´époque des voeux, nous formulerons donc celui-ci pour conclure….

 

Pierre Waline, 3 janvier 2021

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