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Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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De l´Elbe à la Tamise”, tel est le titre choisi par ses organisateurs pour annoncer un concert donné au Palais des Arts de Budapest. Pour signaler la présence d´une chorale allemande, dirigée par un chef anglais. Certes, mais on aurait pu y ajouter la Moselle, vu que le tout était accompagné par un ensemble venu de Metz, le Concert lorrain. Concert de l´Avent avec trois cantates et le Magnificat de Bach. La chorale: le Choeur de Chambre de Dresde, le chef: Marcus Creed. En solistes: Mary Bevan, soprano, Tim Mead, contre-ténor, Guy Cutting, ténor et Tobias Berndt, baryton. Les oeuvres interprétées: „Nun komm, der Heiden Heiland” BWV 62, „Christen, ätzet diesen Tag” BWV 63, „Unser Mund sei voll Lachens” BWV 110 et le Magnificat BWV 243.

Fondé en 2000 par la claveciniste Anne-Catherine Bucher, le Concert Lorrain a su rapidement s'imposer sur la scène baroque internationale. Choisi en 2012 par Christoph Prégardien pour sa première tournée en tant que chef, l'ensemble a été entre autres invité au Musikverein de Vienne, au Concertgebouw d'Amsterdam, à la Cité de la Musique ou encore à la Philharmonie de Varsovie et au Palais des Congrès de Lucerne. Également loué pour ses enregistrements (Diapason d´Or). C´est dire que sa réputation n´est plus à faire. Partenaire régulier du Concert Lorrain, la Chorale de Chambre de Dresde a été fondée en 1985. Notamment spécialisée, de par son origine, dans la musique de Bach, elle se produit régulièrement dans les festivals à l´étranger. Pour diriger le tout, un Anglais, Marcus Creed, lui-même rodé à la musique chorale, puisqu´il a été formé au King´s College de Cambridge et à la Christ Church d´Oxford. Qui fut notamment à la tête du choeur RIAS de Berlin.

S´il nous revenait de nos jours, Bach serait bien surpris de se voir joué, non seulement dans toute l´Europe, mais dans le monde entier. Car à l´époque (à la différence de Haendel), ses oeuvres restaient limitées au milieu relativement restreint d´une cour ou d´une paroisse. Leur renommée s´étendant tout au plus dans les cours voisines, voire dans l´entourage du roi. Mais guère davantage. Les trois cantates données ce soir s´étalent sur une période de 15 ans (de 1710, Weimar à 1725, Leipzig). Toutes dédiées à la période de Noël. Qui devraient donc nous offrir en principe une ambiance festive et animée. (NB: on retrouvera le choeur qui introduit la dernière cantate dans l´ouverture de sa quatrième suite pour orchestre en ré majeur.) Quant au Magnificat, il exprime la joie de Marie enceinte partagée avec sa cousine Elisabeth (elle-même enceinte de Jean-Baptiste). Tombant donc à point pour précéder Noël. Que dire de plus? Sinon que la première cantate donnée ce soir est basée sur un hymne écrit par Luther pour le premier dimanche de l´Avent. Mis à part le Magnificat, des oeuvres jamais entendues jusqu´ici, que nous allions donc découvrir ce soir.

pparue sur la fin des années soixante, la mode consistant à jouer sur des instruments anciens fut souvent décriée au départ pour se voir aujourd´hui entrée dans les moeurs, voire fort répandue. L´un des principaux reproches qui lui étaient faits concernait les cordes dont on jugeait la sonorité quelque peu acide et traînante et certains cuivres (les cors) pour leur imprécision. Voilà qui n´est plus le cas aujourd´hui, soit que nos oreilles s´y soient habituées, soit, surtout, que la technique du jeu ait évolué. Tel est le cas de l´ensemble Le Concert lorrain que nous avons entendu ce soir. Un ensemble aux belles sonorités, notamment avec un hautbois au timbre absolument délicieux - mis en avant dans les oeuvres ici jouées - et les deux flûtes. Un programme allant, si je puis dire, en crescendo, avec deux premières cantates un peu en retrait par rapport à nos attentes, pour nous séduire (je ne dirais pas combler) après la pause, avec la cantate BWV110 et surtout le merveilleux Maginificat (qui n´est pas sans rappeler certains passages de la Messe en Si). Séduire, certes, mais combler, non. En raison d´un ensemble à notre sens trop réduit et manquant de puissance. Ce qui est en grande part à mettre au compte de l´acoustique. Qui eût certainement été mieux mis en valeur dans un cadre plus intime. A mettre également au compte de la direction, trop mesurée pour des oeuvres (dernière cantate et Magnificat) dont nous aurions attendu plus d´éclat (malgré le brio des cuivres). Même réserve du côté des choeurs. Le tout bien chanté certes, mais - à la différence de l´orchestre - trop „entier”, manquant légèrement de nuances. Quant aux solistes, que dire? Tous excellents, mais nous retiendrons surtout la brillante prestation du ténor britannique Guy Cutting. Ici encore, une réserve: le recours au contre-ténor (Tim Mead, paraît-il très réputé) dont le timbre nous a presque incommodé, se portant à faux dans les duos avec la soprano. Mieux eût valu le recours à une alto. Pourtant bien chanté, de sa part également.

Voilà pour ce que nous pouvions dire de cette soirée. Mais ne boudons pas notre plaisir, car ce fut somme toute une soirée bien agréable, au demeurant fort applaudie. Malgré notre légère réserve pour les deux premières cantates où nous n´avons pas vraiment perçu cette ambiance de Noël que l´on trouvera par la suite dans l´Oratorio.

Et puis, l´occasion de découvrir un jeune ensemble venu de notre chère Lorraine (1)...

 

Pierre Waline, 20 décembre 2019

 

(1): sous la direction du violoncelliste allemand Stephan Schultz, les membres de l´ensemble se montrent très actifs au sein de leur région, se déplaçant régulièrement dans les écoles pour sensibiliser et initier les jeunes à la musique baroque, organisant chaque année une Académie de musique baroque et tenant en ville des „cafés baroques”. Un ensemble au demeurant couronné par la presse (revues Diapason et Gramophone). / NB: le même concert avec les mêmes interprètes venait d´être donné la veille au Grand Auditorium de Luxembourg.

Le lieu, tout d´abord. Pour nous présenter la prochaine saison, Szilveszter Ókovács, Directeur général de l´ Opéra, a choisi son dernier né, l´Atelier Eiffel qu il semble particulièrement chérir, à juste titre, Déjà présenté dans ces colonnes, ce nouvel espace constitue un troisème site, aux côtés de la salle classique de l´avenue Andrássy (en rénovation) et du Théâtre Erkel. Un vaste hall décoré pour l´occasion par un habile jeu de lumières aux couleurs de la France. Car c´est sous le signe de la France que sera placée cette nouvelle saison 2020-2021.

 

 

Le Directeur de l´Opéra laissant, pour commencer, la parole à notre ambassadrice Pascale Andreani. Qui nous rappelle la longue tradition de l´opéra français, qui remonte au siècle de Louis XIV, mais aussi sa grande diversité. Des oeuvres, certes, dues en grande partie à des compatriotes, mais pas seulement, tels Lully, Gluck ou même Verdi (sans parler de Rossini ou d´un Offenbach, né à Cologne). Ce qui le hisse au niveau européen. Citant à cet égard une phrase attribuée à Jean Monet: ”Si c´était à refaire, je commencerais par la culture”. Voilà qui est vrai, car, même s´il ne l´a pas dit, c´est bien d´abord par la culture que se fait l´Europe. L´ambassadrice évoquant à titre d´exemple la profonde amitié qui liait Liszt et Berlioz. Le premier coqueluche des salons parisiens, le second chaleureusement accueilli à Pesth (1). Amitié prolongée par la parfaite entente qui marque aujourd´hui la relation entre l´Ambassade et l´Opéra d´État hongrois.

Pascale Andreani

Puisque nous avons évoqué les différentes salles rattachées à sa maison, Szilveszter Ókovács cite Paris en exemple. Avec ces deux lieux prestigieux que sont le Palais Garnier et l´Opéra Bastille. Un exemple que Budapest aimerait suivre pour se hisser au niveau des grandes scènes européennes. Ce à quoi contribuera sans nul doute, du moins est-ce son ambition, cette saison française. Rejoignant le constat formulé par l´ambassadrice d´une identité européenne entre autres illustrée par l´opéra, Szilveszter Ókovács nous présente cette saison comme offrant des oeuvres non exclusivement composées par des Français, mais se rattachant d´une façon ou d´une autre à la France. Un exemple flagrant: Beaumarchais et Mozart. Mais il en est mille autres.

Une „saison française”, donc, à prendre au sens large du terme, à laquelle aura également sa part le ballet. Pour ce qui concerne l´opéra proprement dit, au-delà du grand opéra et des grands classiquess, dont plusieurs, tels Werther ou les Huguenots, déjà donnés sur scette scène, l´accent sera également mis sur l´opéra baroque.

Plutôt que d´en livrer ici une liste qui serait longue et fastidieuse - que l´on trouvera sur le site de l´Opéra (2) - nous nous bornerons à citer quelques exemples qui illustrent l´étroite interaction entre la France et ses voisins européens ou encore entre l´ancien et le moderne. Puisque nous avons évoqué Beaumarchais, nous commenerons par sa trilogie avec une production combinant le Barbier et le Mariage avec „La mère coupable” mise en musique par Darius Mlhaud dans un arrangement conçu par un Hongrois (András Vinnai). Autre exemple, la création d´un opéra contemporain du Hongrois János Vajda: „Le Malade imaginaire ou le comédien de Sa majesté”, en partie inspiré d´une pièce de Boulgakov sur la vie de Molière sur fond du Malade imaginaire. Pour en rester avec Molière, Le Bourgeois gentilhomme avec chant et ballet, sur la musique bien connue de Lully dans la conception et mise en scène d´un jeune Hongrois (Jakab Tarnóczi). Mais avec également des grands classiques, tels les Contes d´Hoffmann ou Andrea Chénier, Samson et Dalila, la Princesse jaune de Saint-Saëns, Fantasio et Fortunio d´après Musset ou encore, plus près de nous, Pélleas et Mélisande, Le Dialogue des Carmélites ou Les Enfants terribles de Philp Glass d´après Cocteau. A noter encore l´opéra-ballet Don Juan de Gluck directement inspiré de Molière. Tout cela cité au hasard, car, encore une fois, la liste serait trop longue à dresser ici.

 

 

Comme l´on voit, une saison qui, au-delà du nombre (3), promet d´être riche, originale et variée. Sans délaisser pour autant les productions, disons „universelles, telle la Tosca. ...Encore qu´elle soit inspirée d´une pièce française (Victorien Sardou). Également mis à l´honneur, le répertoire hongrois. Sans oublier les traditionnels concerts (près d´une quarantaine au programme desquels figurent entre autres Berlioz, Chapentier, Chausson, Debussy et Ravel), oratorios (Le Messie), musique religieuse (Requiem de Verdi) et tournées en province ou dans les pays voisins.

Un programme ambitieux par lequel les responsables de l´Opéra de Budapest contribueront de façon exemplaire à promouvoir notre patrimoine culturel auprès du public hongrois. Ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Souhaitons leur franc succès.

 

 

Pierre Waline, 7 décembre 2019

 

Crédit photos: Magyar Állami Opera

 

(1): un bel exemple: la fameuse Marche de Rákóczi, arrangée par Berlioz (Marche hongroise) dans sa Damnation de Faust.

(2): opera.hu, également disponible en anglais,

(3): 56 opéras donnés sur 190 représentations, dont 16 premières, 35 ballets sur 136 représentations, dont 3 premières.

À qui se lance dans l´étude d´une langue étrangère, je recommanderais, au-delà de l´apprentissage du vocabulaire, de se lancer dans la familiarisation avec les expressions locales.

Elisabeth Leonskaja Szovjetunióban született, de 1978 óta Bécsben él. Bécs, ahonnan úgy látszik, a zongoraművésznő szeret a szomszédos Budapestre látogatni és ott szerepelni, többek között Fischer Iván és a BFZ kiséretében.

Née en Russie (Géorgie), la pianiste Elisabeth Leonskaïa réside à Vienne depuis 1978. Vienne d´où elle aime apparemment se rendre en voisine à Budapest pour s´y produire, notamment avec Iván Fischer et l´Orchestre du Festival (BFZ).

Le 16 novembre 1919, l´amiral Horthy entrait triomphalement dans Budapest, consacrant ainsi l´écrasement de la Commune hongroise (République des Conseils)

Une expérience qui serait intéressante à tenter: interroger dans les rues de Budapest les passants pour qu´ils nous citent les noms de ces deux hommes politiques hongrois qui, à dix ans d´intervalle, furent les plus jeunes Premiers ministres de leur temps.

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