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Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Depuis bientôt quinze ans, Iván Fischer, fondateur et directeur musical de l´Orchestre du Festival de Budapest (BFZ) et Csaba Káel, directeur du Palais des Arts (Müpa), nous offrent chaque année début février ce qu´ils appellent une „journée marathon”. Un peu à l´instar de nos „Folles journées de Nantes”, ils nous proposent du matin au soir une série non stop de concerts et récitals consacrés à un compositeur donné (ou couple de compositeurs). Cette année, pour sa quatorzième édition, leur choix s´est porté sur le couple Liszt-Berlioz (1). Qu´ils nous présentent non seulement comme amis, mais comme offrant de nombreux points communs, malgré des différences apparentes. Symbolisant à leurs yeux l´âme romantique et ayant révolutionné le genre.

Certes, les différences ne manquent pas (2). Tout d´abord au plan des personnalités, mais aussi par leur production. Offrant une place privilégiée au piano chez Liszt, à l´orchestre et aux grandes formations chez Berlioz. Malgré tout, les points communs ne manquent pas non plus. Les présentant tous deux comme successeurs de Beethoven (3), les organisateurs ajoutent: „Ils ont tous deux réformé la musique orchestrale et concertante et lancé la musique à programme. Ils se sont tous deux enthousiasmés pour Byron et le thème de Faust. Leurs chemins se sont souvent croisés et leurs oeuvres présentent de nombreux points communs.” 

Onze concerts et récitals s´étalant du matin au soir, offrant une grande variété. Telle cette intervention d´un ensemble de jazz improvisant sur des thèmes des deux compositeurs ou encore ce récital pour deux pianos. Sans oublier, comme chaque année, un programme dédié aux enfants.

Les interprètes: outre une brochette de pianistes réputés (4), l´altiste Máté Szűcs et Norbert Káel et son trio de jazz. Cinq formations: l´orchestre symphonique MÁV, l´orchestre Danubia d´Óbuda, l´orchestre philharmonique de Győr, la Philharmonie de Pannonie et, pour clôre la journée, l´Orchestre du Festival de Budapest, ainsi qu´un choeur, la chorale d´hommes Saint Ephraïm (Szent Efrém). Au programme, tout d´abord les incontournables: la Symphonie Fantastique, les deux concertos de Liszt et sa sonate en Si. Mais aussi des inédits. Telles ces deux pièces pour deux pianos de Liszt: le Concerto pathétique, oeuvre totalement méconnue du grand public, et une transcription des Préludes. Ou encore ces improvisations par un trio de jazz. Et cette matinée consacrée aux enfants, intitulée „Les murmures de la forêt”, animée par le bassoniste György Lakatos… Un programme a priori séduisant et varié, donc.

Malgré tout, rien ne saurait remplacer cette convivialité qui faisait le charme des précédents marathons. Journées agrémentées d´expositions, de conférences et projections de films. Et pourtant, tout a été fait pour animer dans la mesure du possible cette journée „à distance”, notamment par des petites présentations placées avant les concerts (moyennant, malgré tout, des temps morts). Ce qui n´était pas tâche aisée. Un petit regret, néanmoins: ce déséquilibre entre les oeuvres présentées, deux seulement pour Berlioz. Mais bon, ne jetons la pierre à personne et ne faisons pas fine bouche. Soyons reconnaissants aux organisateurs d´avoir pris sur eux de nous offrir cette journée, même suivie de chez soi..

Alors? Les temps forts: la Symphonie fantastique dans une admirable interprétation par les musiciens de Győr placés sous la direction de Kálmán Berkes. Le premier concerto en mi bémol de Liszt par les musiciens de l´Orchestre MÁV sous la direction de Daniel Boico avec le pianiste Zoltán Fejérvári en soliste; surtout pour la prestation, de ce dernier (Grand Prix du disque) (6). Et la sonate en si mineur magistralement interprétée par David Báll. Enfin, le concert de clôture conduit par Iván Fischer et ses musiciens de l´Orchestre du Festival, dont la fameuse Danse macabre avec le jeune pianiste géorgien Nicolas Namoradze en soliste (5) et, pour conclure en beauté, une interprétation particulièrement roborative de la Deuxième rhapsodie. Pour ouvrir la journée, Gergely Bogányi nous avait interprété cinq Études d´exécution transcendante et deux morceaux extraits des Années de pélerinage, souvenirs de son séjour en Suisse. Les Études d´exécution transcendante lui ayant été inspirées, de l´aveu même du compositeur, par Paganini et Chopin qu´il admirait tous deux. Une remarque au passage: le piano, non pas le Steinway habituel, mais un instrument au design moderne spécialement conçu par le pianiste. Enfin, remarque très personnelle, cette étonnante ressemblance, bien évidemment exploitée, avec Liszt par le profil, la chevelure et la taille, voire l´habit, et surtout ces grandes mains de virtuose. Car l´interprétation que nous a servie Gergely Bogányi de ces pièces relevait d´une virtuosité que l´on ne peut qu´admirer. Une belle entrée en matière, donc.

A relever, dès après le récital d´ouverture, cette matinée „familiale” à l´attention des enfants, délicieusement animée avec humour par le bassoniste György Lakatos, ici en meneur de jeu. Lors de laquelle cinq jeunes pianistes, élèves du Conservatoire, nous ont interprété cinq pièces extraites des Années de pélerinage, dont ce „Murmures de la forêt” impressionniste avant l´heure que n´auraient pas renié un Ravel ou un Debussy. Et la fameuse transcription de la „Sérénade” (Ständchen) de Schubert. Pour passer ensuite sur le récital de jazz (sans grande originalité) et le concert déjà mentionné nous proposant le 1er concerto de Liszt précédé de la valse de Méphisto. Nous passons également sur le récital à deux pianos avec ce curieux „concerto pathétique” que l´on dit inspiré de la Wanderer Fantaisie de Schubert, suivi d´une transcription des Préludes (par János Palojtay et Ádám Balogh); sinon pour siganler une brillante interprétation des Préludes dans cette belle transcription. Vint ensuite le 2e concerto en la majeur par les membres de la formation Danubia dirigés par Máté Hamori avec József Balog en soliste. Une oeuvre qui contraste par son climat avec le premier concerto. Suivi du poème symphonique Prométhée (créé à Weimar). Pour passer à la sonate en si mineur par Dávid Báll. Un chef d´oeuvre, ici fort bien interprété. Pièce dédiée à Schumann où Liszt innova audacieusement, adoptant la forne d´un mouvement unique où alternent deux thèmes. Sonate réputée particulièrement difficile à interpréter. L´une des oeuvres maîtresses du compositeur hongrois

Mais nous attendions surtout la suite avec deux oeuvres de Berlioz. Tout d´abord la Symphonie fantastique (par l’orchestre de Győr sous la direction de Kálmán Berkes). Une interprétation admirable, probablement le temps fort de la journée. Tous les pupitres bien à leur place, offrant une somptueuse sonorité, brillante, mais sans tonitruence. Une Symphonie fantastique écrite trois ans seulement après la mort de Beethoven, alors que le jeune Berlioz, alors follement amoureux (mais il l´était en permanence,,,), n´avait que 27 ans…(7). Puis ce fut Harold en Italie, rarement donné. Qui est en fait un concerto pour alto écrit à la demande de Paganini („Symphonie en quatre parties avec alto obligé”). Interprétée ce soir par les musiciens de Pécs (Philharmonie de Pannonie) placés sous la direction d´András Vass avec Máté Szücs en soliste. Une agréable découverte, oeuvre richement orchestrée, offrant des thèmes charmants. Ici servie par une interprétation correcte (quoiqu´on en eût attendu un peu plus de finesse).

Puis ce fut, avant de passer au concert de clôture, cinq pièces religieuses chantées par un choeur d´hommes (chorale Szent Efrém). Sur lesquelles je passe…. Quant au concert de clôture, il était, comme chaque année, traditionnellement dirigé par Iván Fischer, directeur artistique de la manifestation, et ses musiciens de l´Orchestre du Festival. Avec trois pièces au programme: „Légende de Saint François de Paule marchant sur les flots” (précédée d´une explication par Fischer), la Danse macabre (avec le pianiste géorgien Nicolas Namoradze en soliste) et la version orchestrée de la Deuxième rhapsodie. A noter, dans la Danse macabre (Totentanz, variations sur le Dies ire) une prestation impressionnante du pianiste accompagné par un orchestre brillant. Tous, soliste et orchestre, en parfaite symbiose. Mais c´est encore avec la Deuxième rhapsodie qu´Iván Fischer allait nous surprendre. Dans une adaptation indédite, encore jamais entendue, qui sortait du cadre, souvent bien fade, des transcriptions habituelles. Probablement concoctée par le chef. Dans une orchestration colorée, rutilante, accompagnée par un cymbalum, nous offrant une interprétation particulièrement entraînante. Avec en prime un long solo de cymbalum, cadence d´une incroyable virtuosité. Voilà qui était idéal pour terminer cette journée en beauté. (8)

Pour conclure? Tout d´abord une occasion rêvée pour retrouver, découvrir ou redécouvrir des oeuvres de nos compositeurs favoris. Mais aussi un constat: le niveau exceptionnel de la vie musicale en Hongrie, tant par le nombre que par la qualité de ses formations et interprètes. Un voeu pour terminer: que le prochain marathon nous fasse retrouver nos musiciens préférés „sur le vif”, et non par écran interposé.

 

Pierre Waline, 7 février 2021

 

(1): les précédents couples: Schumann-Mendelssohn, Debussy-Ravel.

(2): né en 1803, Berlioz était de huit ans l´aîné de Liszt (qu´il appelait „le Papagini du piano”). Liszt dont on célèbre cette année le 210e anniversaire de la naissance.

(3): Liszt, reçu dans son enfance par Beethoven, fut élève de Czerny, lui-même élève de Beethoven.

(4): Gergely Bogányi, Dávid Báll, Zoltán Fejérvári, József Balog, János Palojtay, Ádám Balógh, Nicolas Namoradze.

(5): 26 ans. Lauréat du Concours Honens (Canada) en 2018.

(6): A noter que, lors de la création du 1er concerto avec Liszt au piano, c´est précisément Berlioz qui était au pupitre.

(7): amoureux de l´actrice anglaise Harriet Smithson qu´il allait épouser trois ans plus tard.

(8): manquait à l´appel la Marche hongroise de la Damnation de Faust, qui eût idéalement trouvé sa place ici. Inspirée de la Marche de Rákóczi, elle fut donnée en concert par Berlioz lors de son séjour à Pesth en février 1846, ce qui lui valut un véritable triomphe de la part du public hongrois. (cf. „Budapest au XIXe siècle vue par un voyageur peu ordinaire” (30 août 2017).


 

Connaissez-vous la ville de Pécs en Hongrie? Située dans le Sud-Ouest du pays, aux confins de la Croatie, au pied d´un petit massif montagneux (le Mecsek), Pécs (150 000 h, prononcer „pétch”) est sans aucun doute l´une des plus charmantes villes de Hongrie, pour beaucoup la ville préférée des Hongrois après Budapest. Située à l´emplacement de la Sopianae des Romains, Pécs (en allemand Fünfkirchen) était déjà connue avant l´arrivée des Magyars au Xème siècle. Saint Etienne y fonda un épiscopat en 1009. Elle abrite la plus ancienne université du pays, fondée en 1367. Déclarée „ville libre” par Marie-Thérèse en 1780, Pécs abrite par ailleurs l´une des plus célèbres manufactures de porcelaine du pays, la manufacture de Zsolnay. Elle est la ville natale du peintre Vasarely (musée). Également caractérisée par la présence d´une partie de sa population d´origine croate et souabe qui lui confère une grande diversité culturelle. Enfin à signaler que Pécs possède l´une des rares anciennes mosquées demeurées intactes en Europe (construite par les Ottomans), transformée en église. Il n´est donc pas étonnant qu´elle fût déclarée capitale européenne de la culture en 2010. Mais il y a autre chose encore: Pécs abrite l´une des meilleures formations musicales du pays, la Philharmonie de Pannonie (Pannon filharmonikusok). Fondée sous sa forme actuelle en 2000, la Philharmonie de Pécs est l´émanation du plus ancien orchestre du pays, fondé en 1811. De plus, se produisant, dit-on, dans l´un des plus beaux auditoriums d´Europe.

Une formation qui monte fréquemment sur la capitale pour s´y produire dans le cadre du alais des Arts (Müpa) où lui est toujours réservé le meilleur accueil. Tel fut le cas d´un concert donné ce 29 janvier, concert de gala consacré à Rossini. Donné sans public, mais retransmis sur les réseaux.

Au programme: extraits de cinq opéras (ouvertures et airs) ponctués par le fameux Duo des chats (1). Les solistes: la mezzo-soprano Dorottya Láng, le ténor István Horváth et le baryton-basse Péter Kálmán. Le tout placé sous la baguette du jeune chef allemand Nikolas Nägele. A relever, une brochette de solistes au plus haut niveau, non seulement excellents chanteurs, mais remarquables acteurs. Notamment un Péter Kálmán truculent, dans des rôles, il est vrai, qui s´y prêtaient à merveille (Mustafa, Bartolo). Un temps fort, le duo Almaviva-Bartolo au 1er acte du Barbier. Seule très légère réserve, l´air confié au ténor „Ne m´abandonne pas,… Asile” de Guillaume Tell, fort bien chanté certes, mais qui détonnait avec le reste et chanté avec accent. Mais ne lui jetons pas la pierre.. Sinon (et même ici..) une prestation remarquable des trois chanteurs. Quant à l´orchestre, placés sous la baguette vive et alerte du jeune chef allemand, ses musiciens nous ont offert une interprétation légère et enlevée. Si le concert fut donné sans public, il est aisé de juger de son succès par les innombrables messages enthousiastes qui l´ont accompagné tout au long de la représentation.

Une belle soirée, donc, placée sous le signe de Rossini, qui nous a fait passer quatre-vingt dix minutes délicieuses, ce qui n´est pas de trop par les temps qui courent. Un grand merci aux musciens, aux solistes et à leur chef. Des remerciements qui s´adressent également aux animateurs du site, le Palais des Arts. Qui ont pris audacieusement le parti de nous offrir chaque soir un concert sur le web (en direct ou en différé). Chaque soir, soit davanatage encore qu´en temps normal.

Cerise sur le gâteau: en liaison avec Iván Fischer et son Orchestre du Festival (BFZ), ils nous annoncent pour le premier dimanche de février un marathon Liszt-Berlioz. Suivi de chez soi, donc, mais selon le schéma habituel avec concerts et récitals non stop du matin au soir. Mais ils ne sont pas les seuls. Tel l´ensemble Concerto Budapest avec entre autres un fort beau concert donné le 24 janvier dermier dans la salle de l´Académie de Musique (Zeneakadémia). Concert Haydn-Mozart-Beethoven placé sous la direction de György Vashegyi avec en solistes la soprane Katalin Szutrely (Mozart: „Chui me scorde..” K505, Beethoven „Ah, perfido” op65) et le jeune pianiste Mihály Berecz (Mozart, concerto K.450).

Comme on peut donc en juger, loin de freiner l´activité musicale en Hongrie, la pandémie nous offre au contraire mille occasions de suivre nos orchestres et compositeurs préférés. Sur le net, certes, mais sans (trop) perdre du plaisir que nous y prenons. Reste à savoir comment, en l´absence de subventions conséquentes, ils parviendrontt à s´en sortir et jusqu´à quand ? Probablement au prix de sérieux sacrifices. Mais c´est là une autre question… En tous les cas, tirons leur notre chapeau et prions le ciel qu´il leur prête encore longue vie….pour notre plaisir... (2)

Pierre Waline, 30 janvier 2021

(1): l´Italienne à Alger, le Barbier de Séville, Guillaume Tell, Tancrède et Cendrillon.

(2): les responsables de l´Orchestre du Danube de Budapest (Duna zenekar) fondé en 1961 nous annoncent, sauf miracle, leur cessation d´activité pour le 31 mai prochain.


 

Ce 22 janvier, les Hongrois célébraient la „Journée de la Culture hongroise”. Une célébration très suivie non seulement en Hongrie, mais également par les milieux de la diaspora. Journée instaurée en 1989, en souvenir de la rédaction du texte de l´hymne national par le poète Ferenc Kölcsey le 22 janvier 1823 (publié en 1832).

Poème intitulé „Hymne”, certes, mais qui n´avait au départ nullement vocation à servir d´hymne national. Ce n´est que vingt années plus tard, en 1844, qu´il fut mis en musique par le compositeur Ferenc Erkel, à la suite d´un concours lancé par le directeur du Théâtre national. Ici encore sans viser à en faire un hymne national. C´est bien plus tard, en 1903, qu il fut reconnu comme tel. (De facto et non de jure, François-Joseph refusant d´en valider la légitimité.) Auparavant, les Hongrois ne possédaient pas d´hymne, le seul reconnu par les autorités étant l´hymne impérial autrichien. Pour exprimer leur identité nationale, il leur restait des chants religieux, ou encore la fameuse „Marche de Rákóczi”, par la suite orchestrée par Berlioz. (Encore jouée de nos jours dans les cérémonies officielles.)


A relever que, presque parallèllement au poème de Kölcsey, en était paru un autre sous la plume du poète Vörösmarty sous le titre de „Manifeste” („Szózat”). Avec l´ambition d´en faire l´hymne national, ce qui suscita de longs et vifs débats sans issue. Ecrit en 1836, il fut mis en musique en 1843, tout comme l´autre sur concours. Comme l´Hymne de Kölcsey, le Szózat fut dans un premier temps publié dans la revue Aurora.

Débutant, comme le „God save the King”, par une imploration du Ciel („Dieu, bénis le Hongrois”), l´hymne national des Hongrois présente un caractère profondément religieux. Au point qu´en 1949, les autorités communistes cherchèrent à le remplacer par un nouvel hymne. Tentative qui se solda par un échec (1). Son caractère religieux fait qu´il est souvent chanté à la fin des messes et offices. Usage sacro saint, déjà pratiqué sous le régime communiste. Un caractère religieux et un ton de recueillement, mais aussi une complainte sur les malheurs du peuple hongrois („Ce peuple a largement payé pour les temps passés ou à venir.") (2). On retrouve ici une caractéristique assez typique de la mémoire collective du peuple magyar qui le distingue des autres peuples. Recueillement, sorte de prière, que la musique rend parfaitement, sans ostentation, chantée sur un tempo retenu qui lui confère une certaine dignité. Sur un plan purement musical, je serais presque tenté de la comparer par son climat aux notes du „Va pensiero” de Verdi ou de la „Prière” du Moïse de Rossini. Ce qui le place, musique et paroles, à l´opposé de notre „Marseillaise” (qui, ne l’oublions pas, était au départ une marche) et le distingue de la plupart des hymnes nationaux.

Une particularité: non seulement le texte (introduit dans la constitution en 1989), mais la partition figure, partie intégante, en annexe de la nouvelle Loi Fondamentale de 2011. C´est dire l´importance qui y est attachée. Une musique au demeurant fort belle que l´on ne se lasse pas d´écouter et réécouter (...et les occasions ne manquent pas...).

Certes, la vocation de tout hymne, par définition, est de rassembler un peuple. Mais ici, sa portée va bien au-delà. Considéré, plus qu´un hymne, comme une prière nationale, leur hymne constitue un ciment très fort entre des Hongrois aujourd´hui souvent divisés. Revêtant à leurs yeux un caractère sacré qui le place par dessus tout le reste. Privilège suffisamment rare pour être mentionné. (3)

Souhaitons donc longue vie au peuple magyar et à son hymne. Que le Ciel le bénisse!

 

Pierre Waline, 25 janvier 2021.

(1): une commande fut passée au poète Ilyés pour le texte et à Kodály pour la musique, commande que ce dernier rejeta. Une tentative pour le remplacer par le Szózat échoua également.

(2):Le poème de Kölcsey portait le sous-titre: „Du fond des siècles tumultueux du peuple hongrois” („A magyar nép zivataros századaiból“)

(3): „Bénis le Hongrois, ô Seigneur, Fais qu’il soit heureux et prospère, Tends vers lui ton bras protecteur Quand il affronte l’adversaire ! Donne à qui fut longtemps broyé, Des jours paisibles et sans peine ; Ce peuple a largement payé Pour les temps passés ou à venir." (Traduction Jean Rousselot)



 

Le chef hongrois Iván Fischer fêtait ce 20 janvier ses soixante-dix ans.

En ces lendemains de réveillon, rien de tel pour nous remonter que de débuter l´année en musique.

Décidément, nous sommes gâtés… Après Beethoven, nous célèbrerons en novembre prochain le centenaire de la naissance d´un autre grand musicien: Georges (György) Cziffra.

Alors que le monde chrétien célèbre la naissance de Jésus, ce 25 décembre correspond également à un autre anniversaire, pratiquement passé inaperçu: la naissance du Royaume de Hongrie.

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