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Né en Autriche (à deux pas des plaines hongroises) et Autrichien dans l´âme (1), Joseph Haydn passa une grande partie de sa vie au service d´une famille princière hongroise, les Esterházy.

Les Hongrois ont eu en leur temps la réputation d´être de redoutables cavaliers. Souvenons-nous: „De sagittis Hungarorum, libera nos, Domine !”. Cinq siècles après leur lointain cousin Attila, leurs cavaliers semèrent la terreur en Europe, jusque dans le Sud de l´Italie et au fin fond de l´Aquitaine. Une de leurs tactiques favorites: simuler la fuite pour, chevauchant leur monture à l´envers, cribler leurs poursuivants de flèches. Rien ne les arrêtait et il fallut attendre l´intervention de l´empereur Otton pour mettre fin à leurs chevauchées, leur imposant une cuisante défaite près d´Augsbourg (955).

Autres brillants cavaliers, si l´on fait un saut de plusieurs siècles: les hussards (1) dont la réputation n´est plus à faire. Au demeurant corps d´élite bien connu de nos régiments.

Rien de trop suprenant, donc, à ce que nos amis Hongrois tentent aujourd´hui de faire revivre cette tradition. En organisant depuis 13 ans une „Chevauchée nationale”. Instituée à l´origine pour commémorer l´accession au trône du roi Mátyás (1458).

Chaque année en cette période, les communes de Hongrie, mais aussi des provinces magyarophones des pays voisins, sont invitées à envoyer leurs meilleurs cavaliers appelés à se mesurer à Budapest. Cavalcades qui se tiennent sur la place des Héros, aménagée pour la circonstance, autour du monument du Millénaire. Compétition dotée d´un prix (agrémenté d´une subvention symbolique versée à la commune représentée par le gagnant). Le but de l´opération, outre le maintien d´une ancienne tradition: resserrer les liens entre les communes, de Hongrie et des pays voisins.

Cette année, 60 concurrents se sont affrontés trois jours durant (1-3 octobre), dans différentes épreuves (rapidité, agilité). Mais, au-delà de l´épreuve, ce qui attire les foules est le défilé organisé en costumes d´époque, tenues de hussards et autres, banières au vent.

Une spécificité magyare, aucune manifesattion de ce type ne se tenant, à ma connaissance, en Europe. Mais que l´on retrouve, sous des variantes diverses, en Asie centrale et en Mongolie. Le rapprochement n´est pas totalement innocent quand on sait que le Pouvoir en place multiplie les appels du pied vers les peuples de ces pays considérés (à tort) comme proches parents. Mais laissons là les poltiques et leurs arrières-pensées (nostalgie de la gloire passée) et voyons plutôt en cette manifestation une attraction originale et un spectacle haut en couleurs à même d´attirer les foules et les touristes.

Voilà qui ne fait de mal à personne et profite au tourisme. En attendant, donc, la prochaine édition…

Pierre Waline, 4 octobre 2021

(1): hussard, du hongrois „húsz” qui signifie „vingt”.Allusion au passage des recruteurs, jadis, dans les villages, où était tirée au sort l´incorporation de un jeune sur vingt.

 

C´est pour célébrer l´ouverture du Théâtre allemand de Pesth en 1812 que Beethoven composa ces deux pièces. Le théâtre, un cadeau de l´empereur François 1er aux Hongrois pour tempérer leur nationalisme naissant. Oeuvres que Beethoven dédia bien volontiers à ses amis Magyars qu´il affectionnait particulièrement (1). Pratiquement jamais données, mis à part l´ouverture du Roi Etienne et la célèbre Marche (2) des Ruines d´Athènes.

Si Beethoven put se féliciter du „très grand effet produit à Vienne par l´ouverture du Roi Etienne” (1819), il n´était guère pleinement satisfait de ces oeuvres, du moins des „Ruines d´Athènes” dont il envisageait de revoir le livret. Un livret, il est vrai, médiocre, dû à la plume du poète Kotzebue. Une oeuvre revue un siècle plus tard par Hugo von Hofmannstahl pour le texte et Richard Strauss pour la partition. Aujourd´hui donnée pour la première fois en Hongrie depuis sa création. Une particularité: direction musicale et mise-en-scène étaient assurées par deux frères (Péter et Pál Oberfrank), donc a priori de connivence. Représentation donnée dans le petit amphitéâtre de l´Atelier Eiffel. Un avantage: la proximité du public avec l´orchestre et les acteurs.

Deux oeuvres dans lesquelles le metteur-en-scène a tenu à souligner les symboles forts qu´elles représentent aujourd´hui. En en faisant une sorte d´hymnes aux valeurs initiées par le fondateur du royaume, symbolisées par la couronne (véritable objet de culte) et la défense de nos valeurs et traditions culturelles, représentées ici par le monde héllénique en prise avec l´occupant turc.
Alors?

„Le Roi Etienne”, tout d´abord. Au-delà de l´hommage que Pál Oberfrank a voulu rendre au fondateur du royaume chrétien, c´est ici le destin du peuple magyar que le metteur-en-scène a voulu retracer. Une heureuse trouvaille, pour commencer: tout au long de l´ouverture défilaient sur un écran des scènes représentant l´arrivée des tribus magyares dans le bassin des Carpathes, menées par leur chef Árpád, jusqu´à nos jours en passant par le baptême du prince Géza, père d´Etienne. Suivait, au lever du rideau, la citation de merveilleux vers écrits par le poète et écrivain Kosztolányi sur l´événement (installation des Hongrois dans leur nouvelle patrie). Mais ensuite…. Le metteur-en-scène, pour compléter le texte original de Kotzebue, a jugé bon d´exhumer une pièce écrite sur le sujet voici près d´un siècle (1934) par le Hongrois Sándor Sík. Tragédie dont on dit le plus grand bien, mais dont nous ont été ici imposés de longs passages. (A quoi s´ajoutaient des citations d´un autre écrivain, Mihály Babits.) Notamment un inteminable dialogue entre Etienne et son rival païen Vazul. De sorte qu´à la longue, nous avions presque l´impression d´assister à une représentation théâtrale sur fond musical. Ce qui ne nous permettait pas d´apprécier pleinement la partition. Seuls les choeurs étaient là pour sauver la donne (l´oeuvre ne fait pas appel à des solistes). Des choeurs malgré tout un peu „criards”, de même que le ton déclamatoire des acteurs (le metteur-en-scène dans le rôle d´Etienne, son épouse Gisèle et son rival Vazul) m´a paru par moments quelque peu forcé. Beaux costumes et beau fond de décor, par contre, avec projection de vues sans cesse changeantes en toile de fond. (Une légère réserve: le tempo rapide adopté dans l´exécution de l´ouverture.)

Tout autre fut la représentation des „Ruines d´Athènes”. Une réussite. Tout d´abord infiniment plus animée et mettant parfaitement en valeur la partition. Avec l´intervention, outre les choeurs, de trois solistes (soprane, basse, baryton) au demeurant excellents. Et de danseurs dans une chorégraphie paticulièrement inspirée (Marianna Venekei). Seule réserve: cette projection en toile de fond, de scènes violentes affublées d´un bruitage dont on se serait bien passé. Une oeuvre qui, débutant dans la consternation (du peuple grec opprimé), s´achève dans l´allégresse symbolisée par le retour à la lumière, rendu avec éclat dans la partition (4). Final que choeur et orchestre, sous la baguette vive du chef, ont fort bien rendu.

 

Certes, il convenait de rajeunir et mettre au goût du jour des pièces vieilles de deux cents ans, mais de là à dépasser les intentions de leur auteur („Roi Etienne”), le pas a été vite franchi. Ceci dit, probablement le public hongrois, plus directement concerné, aura-t´il mieux su apprécier.

Quoi qu´il en soit, reconnaissons aux organisateurs le mérite - et le courage - d´avoir ressorti de l´ombre des oeuvres pratiquement jamais jouées (et que nous n´aurons probablement plus l´occasion de revoir un jour… ). Ce qui mérite bien un mot de reconnaissance.


Pierre Waline, 3 octobre 2021
Crédit photographique: Péter Rákossy.


(1): bien que la dédicace des Ruines d´Athènes s´adressât - allez savoir pourquoi - au roi de Prusse.
(2): marche que l´on trouvait déjà dans une série de variations (op. 76) écrites en 1808.
(3): un échange qui résume tout: Vazul à Etienne: ”En adoptant la chrétienté, tu as perdu ton caractère hongrois”. Réplique de ce dernier. „Au contraire, les deux ne font qu´un.”
(4): à signaler au passage une marche que l´on retrouve dans Fidelio. Fidelio dont le dénouement heureux évoquant la victoire du bien sur le mal (thème cher au compositeur) n´est pas sans présenter une analogie.
 

Les Budapestois l´appellent „la Baleine”. Avec une touche d´affection pour certains, d´ironie pour d´autres.

A tout seigneur, tout honneur, nous commencerons par l´Orchestre du Festival de Budapest (BFZ) et son chef Iván Fischer. A peine rentrés d´une tournée couronnée de succès à l´étranger (notamment avec la pianiste chinoise Yuja Wang - 1er concerto de Liszt- dans un concert donné à Lucerne), nos amis entament la saison avec une production inédite du Couronnement de Poppée de Monteverdi. Version donnée, non sur une scène d´opéra, mais en salle de concert. Néanmoins agrémentée de costumes et d´une mise-en-scène concoctée, comme à son habitude, par le chef lui-même en association avec le metteur-en-scène italien Marco Gandini, ancien collaborateur de Zeffirelli. Faisant appel à une brochette internationale de chanteurs de premier plan: la soprane trinitaine Jeanine De Bique dans le rôle-titre, entourée du contre-ténor allemand, Valer Sabadus (Nerone), né en Transylvanie, de l´Américain Reginald Mobley (Ottone), de l´Écossais Stuart Pettersen (Eros) et de la Catalane - qui s est déjà produite à Budapest - Núria Rial. Toutes et tous titulaires de prix prestigieux. Une mise-en-scène proche du théâtre, le chef hongrois, qui voit en Poppée un véritable drame shakespearien, associant volontiers les deux genres, théâtre et opéra, entre lesquels il déclare ne pas faire de distinction. Une première donnée avec grand succès le 9 septembre sur la scène du Palais des Arts (Müpa), suivie de deux autres représentations.

Pour enchaîner, toujours au Palais des Arts et en liaison avec ses animateurs, sur une quinzaine „Passerelles à travers l´Europe” (17- 30 septembre), thème particulièrement cher à Iván Fischer. Cette année, après la France et l´Angleterre, l´hôte sera non pas un pays, mais une ville: Berlin. Avec entre autres la venue de l´orchestre du Konzerthaus, dont Iván Fischer assure la direction musicale. Une manifestation s´ouvrant sur une soirée associant artistes et compositeurs allemands et hongrois sous le motto „Von Bartók bis Bartók”. Suivie le lendemain d´un concert d´ouverture consacré à Liszt - dont on célèbre cette année le 210e anniversaire – placé sous le signe de son amitié avec Berlioz (concerto de piano avec Dejan Lazić en soliste et Faust symphonie). Pour la suite, les organisateurs nous promettent un programme riche et varié, allant du classique au jazz en passant par la musique électronique, agrémenté de projections de films. A signaler entre autres un récital de lieder „Budapest-Berlin” et le temps fort que constituera le concert donné par l´orchestre du Konzerthaus.

Autre manifestation majeure, se déroulant du 12 au 19 septembre dans le cadre de l´Académie de Musique (Zeneakadémia), le concours international de piano Franz Liszt (Liszt Ferenc nemzetközi zongoraverseny). Concours institué en 1933 dont la première lauréate fut la pianiste hongroise Annie Fischer. Une référence, donc… Une épreuve réunissant cette année 37 concurrents, dont 22 venus de l´étranger, retenus après présélection (1). Une originalité: les instruments sont gracieusement mis à disposition par quatre grands facteurs de piano, de façon à laisser aux concurrents le choix de leur instrument. Un concours axé, anniversaires oblige, sur les noms de Liszt et Cziffra. Parmi les membres du jury, notre compatriote Cyprien Katsaris. En ouverture, concert donné par une jeune formation, la Philharmonie St Etienne (Szent István Filharmikusok) sous la baguette de János Kovács avec le pianiste János Balázs en soliste, ancien lauréat et co-animateur de la manifestation (Fantaisie hongroise, „les Préludes”, extraits de l´oratorio de Noël „Christus”). Et concert de gala pour la côture le 19 avec entre autres les deux concertos de Liszt.

Puisque c´est le temps des concours, signalons au passage un concours de chant qui s´est également tenu dans les locaux de l´Académie Franz Liszt (29.8 - 5.9), le IVe concours international de chant Éva Marton (2), remporté cette année par la jeune soprane serbe Sonja Šarić.

Autre temps fort de la rentrée, la représentation d´un opéra baroque totalement inédit: „Omphale” du Français Jean-Baptiste Cardonne (1730-1792), produit pour la première fois depuis sa création en 1769. Par György Vashegyi, son orchestre Orfeo (sur instruments anciens) et le choeur Purcell en liaison étroite avec le Centre de Musique Baroque de Versailles, avec le concours de chanteurs venus de France, de Belgique et des Pays-Bas, dont la soprane Chantal Santon Jeffery, déjà bien connue du public hongrois (16 septembre au Palais des Arts).

Enfin, autre temps fort, invitation par l´Opéra de notre Patricia Petibon „nationale”, enfant chérie du public hongrois. Dans un récital donné le 28 août avec le célèbre ténor américain Lawrence Brownee. Récital donné en plein air devant l´Espace Eiffel (l´opéra étant fermé pour travaux), au profit de la Fondation Regőczi venant en aide aux orphelins victimes du Covid. Récital où les deux chanteurs étaient entourés d´une kyrielle d´artistes hongrois sur un programme consacré à Bizet, Erkel, Gershwin, Mozart, Puccini, Johann Strauss junior et Verdi. De quoi ravir les admirateurs de notre compatriote.

Et puis, bien sûr, reprise des concerts traditionnels. Formations, nombreuses sur la place, parmi lesquelles je citerai l´excellent ensemble Concerto Budapest d´András Keller, dont l´une des invitées sera notre compatriote (d´origine géorgienne), l´affriolante Khatia Buniatishvili.

Et voilà… en attendant la suite (pour nous faire oublier, ne serait-ce que le temps d´un concert, les facéties de ce maudit virus…).

Pierre Waline, 14 septembre 2021

(1): Nombre de candidats résidant en Asie n´ayant pu se déplacer en raison de la pandémie.

(2(: Éva Marton, célèbre soprane hongroise (aujourd´hui retirée) hôte régulière des scènes internationales.

Mardi 11 septembre 2001, Etats-Unis :  « dix-neuf détournent quatre avions de ligne. Deux sont projetés sur les tours jumelles du World Trade Center à Manhattan (New York) et le troisième sur le Pentagone. Un quatrième avion, volant en direction de Washington, s'est écrasé en rase campagne à Shanksville, en Pennsylvanie, après que des passagers et membres de l'équipage ont essayé d'en reprendre le contrôle. » Ces attentats auront fait plusieurs milliers de blessés et près de 3 000 morts. Dix-huit mois plus tard, les troupes américaines envahissaient l’Irak (20 mars 2003). On connaît la suite….

Lundi 11 septembre 1989, Hongrie : « suite à l’ouverture de la frontière hongroise à Hegyeshalom, des milliers d'Allemands de l'Est passent en Autriche pour rejoindre l’Allemagne de l’Ouest. » Dans la semaine, plus de quinze mille réfugiés auront ainsi choisi la liberté, plus de 25 000 les semaines suivantes. Deux mois plus tard sera abattu le Mur de Berlin (nuit du 8 au 9 novembre). On connaît la suite..


Et oui… On aurait tendance à l’oublier. Et pourtant, c’est bien en Hongrie que tout a commencé…

Un petit retour en arrière.

Dès le mois d´avril, le nouveau Premier ministre Miklós Németh, à peine nommé, allait surprendre son monde avec une expérience osée, mais qui eut peu de retentissement à l´étranger: cisailler un bout de barbelés du rideau de fer. Encouragé par l´absence de réaction de Moscou, il renouvela l´expérience deux mois plus tard. Cette fois en la médiatisant et la confiant à son ministre des Affaires étrangères Gyula Horn. Pour le coup, ce fut un choc. Toute la presse - invitée à l´évènement - publiant la fameuse photo où l´on voit, tout sourire, les ministres autrichien et hongrois découper ensemble un bout de barbelé. A vrai dire, au-delà de cette action „humanitaire”, le geste avait également une raison plus terre-à-terre. Usées par le temps et dépassées au plan technique, les installations du rideau de fer nécessitaient une rénovation complète, ce qui aurait coûté une fortune.

Autre rappel: à l´occasion du transfert des cendres d´Imre Nagy, le 16 juin, devant une foule immense rassemblée sur la place des Héros, à Budapest, un jeune orateur tint un discours enflammé, exigeant le départ immédiat des troupes russes. Son nom: Viktor Orbán, jeune étudiant en droit de 26 ans, accouru pour l´occasion d´Oxford où il étudiait sur une bourse (allouée par un certain George Soros…).

Dernier rappel: l´oppostion au régime, qui prenait de plus en plus forme, organisa le 19 août, un pique-nique géant à deux pas de la frontière. Pique-nique „paneuropéeen”, parrainé entre autres par Otto de Habsbourg, en présence du ministre Imre Pozsgay, qui eut un grand retentissement. Opération au demeurant fort sympathique qui se traduisit par le passage en Autriche de 600 ressortissants de la RDA. Sous le nez de garde-frontière désappointés qui, après longue hésitation, décidèrent de les laisser passer. Poste frontière dont, comme par hasard, le commandant avait pris congé ce jour-là…

Car il faut savoir qu´en cet été 1989, près de 80 000 ressortissants de l´Allemagne de l´Est se trouvaient sur le sol hongrois. Qui refusaient de rentrer chez eux. Donc à la charge de l´État hongrois. Venus en touristes (le Balaton constituant un lieu idéal de rencontre entre Allemands de l´Ouest et de l´Est). Une lourde charge pour le gouvernement hongrois qui se refusait à les renvoyer chez eux.

Tout alla alors très vite. Dès la semaine qui suivit le pique-nique, Németh, par son ambassadeur, sollicita une entrevue avec le chancelier Kohl. Entretien qui se déroula dans le plus grand secret le 25 août au château de Gymnich près de Cologne. Auquel n´assistèrent que les deux chefs de gouvernement en présence de leurs ministres des Affaires étrangères, Horn et Genscher, ainsi que de l´ambassadeur hongrois à Bonn. Németh posa alors la question de savoir si, en cas de départ des 80 000 Allemands de l´Est bloqués en Hongrie, Kohl accepterait de les accueillir en RfA. Ému, le chancelier proposa de lui accorder en échange des avantages économiques. Ce que, bien avisé, Németh se garda d´accepter. La suite, nous la connaissons. Départs en masse, suivis moins de trois mois plus tard de la chute du Mur.

Auparavant, Németh avait pris la précaution de sonder Gorbatchev sur sa réaction dans le cas d´une transition de la Hongrie vers une démocratie parlementaire pluripartite. La réponse de Gorbatchev: „Vous êtes un pays souverain, c´est votre affaire. Pour ma part, je ne souhaite pas renouveler l´expérience de 1956”. Réponse claire.

Le dimanche 10 septembre, veille de l´ouvertue, le Premier ministre hongrois Miklós Nemeth déclarait au quotidien allemand Bild am Sonntag : « Si nous voulons construire la maison commune européenne dont parle Mikhaïl Gorbatchev, nous ne pouvons en isoler les pièces au moyen de barbelés. » A minuit, la frontière était déclarée ouverte.

Je résidais alors en Allemagne et je me souviens de l’émotion avec laquelle la population suivait les événements. Tout d’abord avec ces milliers de « touristes » de la RDA (80 000) que les autorités de Budapest se refusaient à renvoyer dans leur pays, comme le réclamait un Honecker fou de rage. Puis avec l’ouverture de la frontière par les autorités hongroises. Emotion accompagnée d’une vive reconnaissance dans l’opinion allemande. C’est à cette époque que je découvris le visage de Gyula Horn que l’on voyait partout sur les écrans; celui d’Orbán - et son nom même - m’étant alors tout-à-fait inconnu (ce n’est que 10 ans plus tard que je le découvrirai..). Je me souviens également de cette cérémonie de remise du prestigieux Karlspreis (Prix Charlemagne) au même Gyula Horn dès l’année suivante en présence du chancelier Helmut Kohl. Prix peu connu en France, mais tenu pour la plus prestigieuse des récompenses en Allemagne (après lui, c’est Vaclav Havel qui se le verra remettre en 1991). (Une ville du Bade-Würtemberg, Wertheim, a même donné le nom de Gyula Horn à l’une de ses rues !…)

Miiklós Németh

Alors, pourquoi Miklós Németh est-il resté dans l´ombre, du moins auprès d´une grande part des médias et de l´opinion publique? Une raison à cela. De par sa nature discrète et réservée, il était peu porté sur la médiatisation et fermé à toute publicité. D´où, comme on l´a vu, la mise en avant de son ministre Gyula Horn. Horn qui devint vite le „héros du jour”. Qui allait par la suite être Premier ministre dans le nouveau régime. Donc tout le contraire du tempérament d´un Viktor Orbán. Viktor Orbán qui, précisément, suite à son discours du 16 juin, allait lui voler la vedette, et l´occupe aujourd´hui encore. Mais, soyons sérieux, qui peut croire que c´est sur les instances d´un jeune étudiant de 26 ans que Gorbatchev allait retirer ses troupes? Ne rêvons pas! Certes, il n´était pas seul, largement soutenu par les milieux estudiantins, d´où la fondation du Fidesz. Mais tout-de-même....

(Pour celles et ceux qui lisent le hongrois, nous ne saurions, pour terminer, que recommander ses souvenirs regroupés dans un ouvrage intitulé „Car c´est l´intérêt du pays” (Mert ez az ország érdeke), recuillis par András Oplatka, publiés aux Éditions Heliokon - malheureusement non traduits).

 

Pierre Waline, 11 septembre 2021

 

Décidément, Iván Fischer n´a pas fini de nous surprendre. N´ayant rien trouvé de mieux que de se faire vacciner sur scène lors d´un concert récemment donné en plein air à Budapest devant plusieurs milliers (!) de spectateurs (3ème dose). Ceci pour donner l´exemple. Initiative pour le moins originale, mais courageuse. Ce qui est étonnant est que cela ne semble pas l´avoir gêné dans la suite du concert. Par ailleurs, également en plein concert, ses musiciens – tous vaccinés - se sont soumis en public au test!


 

Concert de présentation de la saison qui s´ouvre (1). Occasion de saluer les retrouvailes avec un public trop longtemps éloigné. Il est vrai que tout au long de la pandémie étaient régulièrement diffusés concerts et récitals en ligne, mais rien ne vaut la présence physique. Également à signaler, ce camion qui, durant l´été, a sillonné le pays, véhiculant des petits ensembles venus au devant des estivants pour leur offrir une pause musicale.


Une saison 2021-22 pour laquelle le chef hongrois et ses musiciens entendent nous réserver des surprises. Saison qui s´ouvrira le 9 septembre avec une nouvelle production, le Couronnement de Poppée mis en scène par le chef qui considère déjà l´événement comme un temps fort de la saison. Produit par une équipe internationale, dont la soprane Jeanine de Bique dans le rôle titre. Concert d´ouverture à Budapest, mais qui sera précédé et suivi de concerts donnés „hors frontières”. En Espagne (San Sebastien, Santander) avec un programme faisant la part belle à la musique française (Milhaud, Ravel, Satie, Kodály avec le pianiste autrichien Dejan Lazić dans le concerto de Ravel) et à Lucerne (Liszt, Brahms, Sarasate, concerts centrés sur la personne de Liszt, considéré comme personnalisant ces „passerelles en Europe” si chères au chef hongrois. „Passerelles” pour lesquelles cette année, non un pays, mais une ville sera „l´invitée”, Berlin)

Ce que nous retenons du programme annoncé, trop riche pour être ici détaillé: tout d´abord la participation de nombreux artistes venus de l´étranger. Mais aussi cette curieuse innovation: la série intitulée „Iván nous raconte...” („Iván mesél”), au cours de laquelle le chef hongrois livrera au public des anecdotes entre les différents morceaux interprétés. Pour le reste, poursuite des manifestations habituelles: concerts auprès des jeunes (concerts de minuit), des enfants (concerts cacao) et des milieux autistes, ou encore des familles (musique de chambre du dimanche matin) sans oublier les interventions dans les églises, temples et synagogues, ou encore le traditionnel „concert surprise” de Noël.

Parmi les artistes invités, on retiendra les noms de Jordi Savall et Marek Janowski (deux habitués), mais aussi du pianiste Dani Trifonov et, plus près de nous, du chef suisse Michel Tabachnik. A citer encore le pianiste coréen Yeol Eum Son (Rachmaninov), l´altiste Tabea Zimmermann (concerto pour violoncelle de Schumann), la violoniste Patricia Kopatchinskaja (concerto de Stravinsky), la violoniste Alexandra Cununova (Mozart) ou encore notre compatriote, le contreténor Christope Dumaux (concert de musique baroque). Également invités, les chefs Franck Ollu (répertoire contemporain) et Dmitri Kitaenko (Rachmaninov, Sibelius).

Au niveau du programme, nous notons un équilibre plutôt bienvenu entre les compositeurs du XXe siècle (cette année à l´honneur) et la musique baroque. A noter en mars un concert de musique baroque française (André Philidor, J.B. Lully, J.F. Rameau, dirigé par Jordi Savall). Rappelons que l´orchestre dispose d´une section spécialisée dans la musique baroque, jouant sur instruments anciens. Quant au marathon qui se tient chaque début d´année au Palais des Arts, il sera consacré à Richard Strauss (fin janvier).

Pour terminer, un mot sur les tournées dont les temps forts seront constitués par Le sacre du Printemps à Londres (sur danses improvisées avec la participation du public..), sans oublier Berlin („ville invitée”). Mais aussi un concert avec András Schiff (Neumarkt) et une reprise de la participation (interrompue par la pandémie) au festival d´opéra de Vicenza.

Espérons que la quatrième vague tant annoncée ne viendra pas, une fois de plus, compromettre la saison. Mais… ne jouons pas les cassandres… et préparons-nous à de belles soirées en perspective.

Pierre Waline, 26 août 2021

(1): Rimsky-Korsakov: Sheherazade (extrait), Richard Strauss: Ainsi parlait Zarathoustra (extrait), Vivaldi: l´Été, Piazzolla: Été à Buenos Aires (extrait), Mahler: 1ère symphonie „Titan”, 3e mvt, Brahms-Fischer: 4. danses hongroises, Satie: gymnopédie, Brahms-Schönberg: 1er oncerto, 3e,4e mvts, Bernstein: Trois danses,Times Square.

 

 

 



 

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Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Köszönöm, hogy a blogomra látogattál, amit azért hoztam létre, mert az egyik szenvedélyem a fotózás. Szeretek utazni, kirándulni, fényképeket készíteni, és ezt szeretném megosztani mindenkivel. Várom a véleményeteket. :)

Hol is kezdjem a bemutatkozást? Mondanátok, hogy az elején. Erre én azt mondanám, az túl hosszú lenne, és nem szeretnék senkit sem untatni. Ezért megpróbálom tömören összefoglalni eddigi életemet.

Magyarország-on születtem, ott is éltem közel 30 éves koromig, amikoris úgy döntöttem, hogy ideje körbenézni a világban.

Így kerültem Amerikába, ahol 2 évig dolgoztam. Persze az életem nem csak a munkáról szólt. Rengeteget utaztam, Miami-tól Las Vegas-ig, Washington-tól Los Angeles-ig. De ez nem minden. Volt szerencsém ellátogatni néhány Karib sziget-re is, mint a Bahamák, Jamaica, St Thomas, St Marteen, Puerto Rico, Kajmán szigetek, illetve Mexico-ba is eljutottam.

Mindezek után elfogott a vágy, hogy ismét iskolapadba üljek. (Szeretek tanulni, persze csak azt, ami érdekel. Sok ilyen dolog van, nyitott vagyok szinte mindenre.)

Így kerültem Sydney-be, Ausztráliába. A munka, és az egyetem mellett azért itt is jutott egy kis idő utazásra. Először Ausztráliában, majd Thaiföld, és India következett. Az egyetem sikeres befejezése után új irányt vett az életem, visszajöttem Európába. Így kötöttem ki Franciaország-ban, ahol jelenleg is élek.

S hogy mivel töltöm az időmet? Mindennel, amit szivesen csinálok, amiben örömömet lelem. Továbbra is sokat kirándulok, fényképezek, vitorlázok, festek (igen, valódi olajfestményeket) sütök-főzök, és újabban ruhákat tervezek, illetve megvarrom azokat (egyenlőre csak saját részre).

Szóval nem unatkozom. Soha nem tettem. És szerintem soha nem is fogok.

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Francia születésűként a két ország között élek. Pécsett 
lettem feleség, anya, orvos.
Írni  szeretek , de főleg gondolatokat megosztani. És kíváncsi, 
kíváncsi vagyok...

Française de naissance, je vis entre les deux pays. Je suis devenue 
épouse, mère et médecin à Pécs.
J'aime écrire, et surtout échanger des idées. Et je suis curieuse, 
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Bon, c'est une question bien importante de s'identifier...Je suppose que tout le monde cherche la bonne réponse pendant toute sa vie... La surface c'est: je suis professeur de la langue francaise, de l'histoire et de la littérature et de la langue hongroise. Et bien sur j'ai une vie privée aussi: ma famille, mon temps libre, mes coutumes et mes amusements...Eh comme tout le monde je tache etre heureuse...

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Le blog "L'actualité sportive vue de Hongrie" se propose d'informer le lecteur des succès hongrois dans tous les sports.

Des brèves présenteront les résultats de manière succincte. Des articles plus longs dresseront des portraits de sportifs ou sportives ou analyseront des compétitions. Enfin, les textes de la catégorie "histoire du sport hongrois" retraceront le parcours d'athlètes qui ont marqué l'histoire de leur discipline.

Passionné par le sport et attaché à la Hongrie où j'habite depuis de nombreuses années, j'espère que ce blog saura vous intéresser.

Strasbourg hétköznapi életéből és az EJEB, munkájából pillanatok. Civil diplomácia erősítése Franciaország irányába és viszont.

Egy magyar katona élményei a Francia Idegenlégióban, jelentkezéstől napjainkig. 

 

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